chansons
play list Soupe tonkinoise
La petite Tonkinoise / Polin
Tchin tchin lou / Cora Madou
Les trois mandarins / Ray Ventura
Ki san fou / Jacki
Nuits d’outremer / Geinard
Nuit de Chine / Le Grand Orchestre du Splendid
Fumeur d’opium / Adolphe Bérard
Opium, fumée de rêve / Louis
Marie Dominique / Monique Morelli
Sur le Yang Tsé Kiang /Charles Trénet
La Coloniale / Musique Principale de Troupes de Marine
Mon amant de la coloniale / Edith Piaf
Le fanion de la coloniale / Musique principale de l’Armée de Terre
Han coolie / Catherine Sauvage
Qu’est-ce que t’attends pour aller aux colonies / Tramel
Ly cay bong / Terra Humana
La Terre jaune / Musique principale de l’Armée de Terre
La baie d’Along / Pierre Vassiliu
Ma petite Tonkinoise / Jean Paques
Ma petite Tonkinoise / Fanfare des Beaux-Arts Léon Malaquais
La chanson coloniale est appréciée au cours du XX° siècle. Elle parle d’idéal et d’exotisme. Tout le monde fredonne les airs à la mode. On y met en lumière la nature des possessions extra-territoriales de la France et on valorise les exploits des acteurs de la conquête. Mais ce qui marche, c’est la veine comique et les allusions coquines. Rabaisser les populations colonisées ne fait pas peur aux chansonniers. Erotisme rime avec exotisme. Les femmes sont particulièrement invitées dans les couplets qui promettent le paradis sur terre. Grâce à des paroles à l’idéologie franchement affichée, ces chants sont le meilleur propagateur des messages du Parti colonial.

Sur le trottoir, trois miliciens en noir observent en silence. Ils n’interviennent pas. Ils savent les hommes de la navale bagarreurs. Ramener ces hommes à leur bateau n’est pas de leur ressort. A la police militaire ou à la sûreté française de les alpaguer.
A chaque passager des véhicules, les types en goguette racontent des bêtises, puis laissent passer. Chofflet les salue. De tête, il les immortalise pour des prunes.
Il les entend chanter encore un moment, alors qu’il descend à vive allure le boulevard en direction du fleuve.
Les Coloniaux c’est des gars qu’ont pas froid aux yeux
Ça va d’l'avant sans peur de rien, il faut qu’ça casse
Les Coloniaux rien ne peut tenir devant eux
V’là les Marsouins il faut qu’ça casse.
Au croisement, juste avant l’opiumerie fermée, il remercie son chauffeur. Comme de coutume, il poursuit à pied. La lune et les étoiles éclairent suffisamment… » (Soupe tonkinoise – extrait)

