compléments

Congaï, à l’origine, jeune fille à marier (vietnamien), devient petite épouse d’un Français. Européen encongayé.

Couples mixtes et provisoires : militaires du corps expéditionnaire et congaï. Formule du mariage local et temporaire, achat de 50 à 500fr. On peut la revendre si mauvais ménage. Parfois incompréhension car elles sont soupçonnées de ruse, d’indifférence. Souvent gâtées par les officiers.

En Asie, les relations dans le couple sont plus réservées. Les femmes “mariées” ressentent parfois l’humiliation, car elles sont exclues de leur communauté en vivent avec un étranger.

Ces unions ne durent que le temps du séjour colonial. Le militaire qui rentre en France laisse sa “veuve” avec de quoi monter un commerce. Si le fonctionnaire part en congé, il laisse sa congaï en retraite religieuse de la Mission moyennant pension. La femme a du mal à trouver sa place. Si mari reçoit ses amis, elle s’esquive

Cuisine : ne peut être faite que par un homme. Généralement jeune cuisinier chinois qui ne reçoit d’ordres que du patron

Rôle essentiel de l’épouse : dans la chambre à coucher. (Amours exotiques des romans de Pierre Loti).

Compagnes des planteurs, des petits commerçants sont issues de notables locaux qui apportent au mari une connaissance du milieu et du travail et permettent le succès.

Ces mariages sont interdits par l’armée et la marine selon les périodes et déconseillés aux administrations. Toutefois encouragés officieusement pour des raisons sanitaires.

Corps de la femme colonisée: réalités et fantasmes. En Indochine, montrer le corps féminin, faire exercices physiques est scandaleux.

Dans les écoles, remplacement du cai ao noir : réticences.

Gymnastique et chant réservés longtemps aux filles publiques. Le peintre Cat Triong invente les longues tuniques qui mettent en valeur le corps

Fantasme: la colonie est de nature féminine. En peinture, sur carte postale, la femme est souvent nue. Un livre de chevet des nouveaux coloniaux “l’art d’aimer aux colonies”, pseudo docteur Jacobus, couverture avec femme offerte. L’Asiatique souvent représentée comme nymphomane.

Les métis : Eurasiens ou métis de la colonisation issus d’un père français et d’une mère indigène. Individus particuliers, soit rejetés par les deux communautés d’origine, soit intermédiaires entre colonisateurs et colonisés.

Dans l’Empire, des enfants métis sont même arrachés à leur mère et placés dans des orphelinats pour leur assurer une éducation à la française.

Le plus souvent non reconnus par le père et abandonné, nombreux en Indochine.

Pourquoi?

a) Nombreuse population jeune, masculine.

b) L’administration civile ou militaire a laissé le concubinage se pratiquer (concubinage dans la société traditionnelle), femme achetée aux parents, pas de sentiments. Civils et militaires s’installent peu durablement. Problème des enfants abandonnés ou confiés aux soins d’un successeur qui reprend concubine et enfants.

c) Société annamite patrilinéaire. Les enfants de père étranger sont  rejetés: “tête de poulet, cul de canard”, mères mises au ban de la société.

- question métisse en débat constant, les protéger ou non.

- Etat-civil obligatoire au Tonkin en 1921.

- Les enfants qui reçoivent des secours sont confiés à des institutions religieuses. 1909, orphelinat à Hanoi. Association des enfants métis du Tonkin 1898. Ces institutions veulent les assimiler, en faire des français par vêtements, nourritures, valeurs morales. On veut former des ouvriers qualifiés. Scolarité avec écoles primaires et écoles professionnelles

- Métis en France: en 1924, Société d’assistance aux enfants abandonnés du Tonkin. 159 enfants à Coutances. agriculteurs ouvriers, Ecoles primaires supérieures. Expérience considérée comme positive, interrompue en 1931.

Maladies – inadaptation au climat tropical, chaud et humide

Paludisme (fièvre) peut durer deux mois, fortes doses de quinine pour soigner, extrait d’écorce de quinquina (1820). Les médecins ont mis un siècle pour savoir quels dosages utilisés. S’attrape dans les marécages et les forêts.

Dysenterie souvent mortelle.

Dengue: fièvre à virus transmise par un moustique, migraines, douleurs articulaires, 4 à 7 jours, pas mortel, grande fatigue.

Choléra: épidémies cycliques. 1882: 1200 victimes dans troupes du Tonkin; 50000 morts en Indochine en 1925.

Peste bubonique vient de Chine.

Insolations et coups de chaleur. Peuvent être mortels.

Variole: campagne de vaccination au Tonkin

Hépatites

Alcoolisme avec crises de démence. Vin pour les soldats. Absinthe, vermouth ou cognac, rhum, chum-chim, eau-de-vie.

Pertes par maladies énormes. 63% pour la Haute Région au début du siècle.

AMI : assistance médicale indigène dispense soins gratuits et vaccinations.

La médecine représente la mission civilisatrice du Blanc, lutte contre la culture indigène de guérisseurs et plantes traditionnelles.

Opium

1882, monopole confié à la régie de l’opium.

Contrebande par marchands chinois qui vendent moins cher et corrompent des fonctionnaires. Le monopole fournit 1/3 des recettes du budget de l’Indochine.

La Régie de l’opium importe de l’opium brut en boule de 1,7kg venant 1/3 du Yunnan, 2/3 Inde anglaise (Calcutta); traitement à la manufacture de Saigon “la bouillerie, opérations (épuration, empâtage, concentration, battage) qui font perdre 30% du poids; on laisse vieillir et fermenter de 6 mois à 3 ans; conditionné en boîtes rondes à 5, 10, 20, 40, 100 grammes livrées aux détaillants.

Tout débitant doit avoir une licence; il est défendu de recevoir femmes et enfants de moins de 21ans et Européens; environ 1300 détaillants payant patente.

Les Européens fument. Tirer sur le bambou ou touffianner (de a-phiên= opium). En ville par ennui. Il est considéré comme médicament contre l’anxiété. Il est vendu et acheté aussi librement que les cigarettes.

Les Européens installent des coins-fumeries dans leurs maisons: lit+ plateau avec pipes longues de 40cm, en écaille, ivoire, corne, meilleures en bambou ou canne à sucre. Fourneaux en terre cuite, lampe à huile et aiguilles.

Régies: 3 monopoles pour alimenter le budget de la colonie.

Régie du sel, de l’alcool et de l’opium: 90% d’un budget pour autofinancer le développement de la colonie, surtout les chemins de fer.

Régies du sel et de l’alcool impopulaires: sel pris des salines, prix multiplié par 7. Interdiction de l’alcool spécial des Annamites pour leurs autels funéraires.

La contrebande se développe, mais les douaniers surveillent les villages. Ces perquisitions occasionnèrent des révoltes et du ressentiment à l’égard des coloniaux.

Au début du siècle, surtout au Tonkin, la plupart des Français taquinent le bambou; un usage modéré est réputé inoffensif

Mais la place de l’opium dans la vie est passée sous silence, sujet tabou.

1907, une circulaire interdit à tout fonctionnaire européens de fumer sous peine de sanctions; elle aura peu d’effets.

1912, à Paris, campagne de presse contre l’opiomanie des officiers de marine et troupes coloniales, après une catastrophe maritime. L’administration sanctionne les gros fumeurs. Vague de dénonciation.

La contrebande en provenance de Chine du Sud submerge le Vietnam et représente les 3/4 du marché.

Religion

confucianisme, taoïsme, bouddhisme (Inde).

Triple religion, syncrétisme: dans la vie familiale et sociale: code confucéen, avec rites bouddhiques et cultes taoïstes, auxquels s’ajoutent des cultes populaires plus anciens.

Cultes antiques: génies du sol, du fleuve, des montagnes, divinités dans les arbres, les pierres.

Animaux vénérés:

dragon: symbole de droiture et vertu

phénix: grâce et immortalité

licorne: bonheur

tortue: longévité

Culte des ancêtres millénaire, lié à la piété filiale; dans chaque maison ancêtres représentés par des tablettes posées sur un autel. Lors d’anniversaires de la mort, offrandes de nourritures et encens, puis visite au cimetière pour entretenir la tombe.

Confucianisme: morale qui dicte la place de chacun dans la famille et la société; tout homme de bien doit pratiquer la bonté et la justice, et posséder plusieurs qualités morales: piété filiale, loyauté, respect des règles, fidélité à la parole donnée, courage.

5 relations naturelles: père/fils; homme/femme (n’a aucun droit individuel); ami/ami; ainé/cadet; prince/sujet.

Le confucianisme met l’accent sur l’éducation. La connaissance vient du mérite et de la détermination personnelle, non de la naissance. Concours de mandarins ouverts à tous (sauf aux femmes et comédiens) basés sur la connaissance des Cinq Classiques et du bouddhisme.

Au XIX ce confucianisme figé ne put pas faire face aux bouleversements apportés par les colonisateurs (sciences exactes, révolution indistrielle); la rigidité des mandarins explique la chute des derniers empereurs Nguyen.

Taoïsme: fondateur Lao Tseu (Chinois), VI° avant JC.

But: fusion de l’individu avec le Dao, par le biais de la méditation. Le Dao est composé du yang: mâle, actif, chaud, céleste, et du yin: féminin, passif, froid, terrestre.

Au niveau populaire, le taoïsme est une religion aux multiples divinités et génies sur lesquels règne l’Empereur de Jade, entouré d’une cour d’immortels. Devins et magiciens officiaient dans des sanctuaires.

Bouddhisme: extinction de tout désir et renoncement à tout attachement, non-violence.

Bouddhisme du grand véhicule vient de Chine, innombrables bouddhas.