Autour de nos guitares
blog d\'une enseignante d\'école de musique

Sons compressés et audition

Faites des nuances!

Les nuances, vous savez, quand on joue « piano »(doux, pas fort) puis « forte« , ou encore « crescendo »puis « decrescendo« … Nous, les professeurs de musique, expliquons  que cela donne du relief à la musique, en rendant le morceau plus vivant. Aujourd’hui, je vais vous donner une excellente raison de ne pas  négliger cet aspect de la musique.  Car notre époque est envahie par les sons compressés : les dynamiques sonores (les nuances) tendent à disparaitre!

Les sons compressés

Les sons compressés sont obtenus en modifiant, en bricolant les sons normaux. Le plus souvent, on modifie les dynamiques, c’est à dire les niveaux sonores, pour réduire les différences entre les sons les plus forts et les sons les compressionplus doux (compression dynamique). C’est un peu comme si, en jouant de la guitare, nous ne faisions que très peu de différence entre la nuance piano et la nuance forte. Cette compression du son permet de réduire le « poids » d’un fichier musical enregistré, qui tient donc moins de place sur un CD ou sur le disque dur d’un ordinateur. Le MP3,  utilisé dans nos balladeurs, est un format de son compressé.

Ce que l’on gagne

Les sons compressés sont aujourd’hui partout : dans nos lecteurs MP3, à la télévision, la radio, dans les CD, les DVD. Leur utilisation permet de faire circuler la musique plus vite, sur le net par exemple (nous l’utilisons d’ailleurs sur ce blog!). On peut également stocker de plus en plus de titres sur des supports de plus en plus petits… Les balladeurs MP3 sont transportables partout, on peut facilement partager la musique avec les copains.

Ce que l’on perd

encyclopédie Diderot et d' AlembertEn gagnant de la place, ou du temps de téléchargement sur internet, on perd aussi des qualités essentielles pour la santé de nos oreilles : les dynamiques, mais aussi la précision et la variété des sons perçus. Les voix, les musiques et les bruitages sont compréssés pour améliorer le flux de nos radio, télévision, et lecteur MP3. Cela rend l’ oreille paresseuse : Celle-ci entend au quotidien des sons sans reliefs, sans « bruits », sans nuances. Auparavant habituée à percevoir des sons non trafiqués, du très doux au très forts, elle perd cette capacité, petit à petit. De plus, pour retrouver des contrastes sonores, nous avons tendance à monter le son, surtout dans des lieux bruyants, ce qui, de jour en jour, nous rend un peu plus sourd! les médecins spécialistes de l’oreille sont inquiets. Ils voient de plus en plus de jeunes développer des surdités.

Quelques conseils

  1.  Dans la vie quotidienne, nous pouvons réapprendre à écouter. Pourquoi ne pas réhabiliter la vieille chaîne hi-fi des parents, et une fois de temps en temps,  écouter leurs disques vinyl? Savez-vous que le « rock and roll »de Led ZEPLIN (perçu dans les années 70 comme une des musiques les plus violentes jamais enregistrée) est beaucoup moins compressée que la très douce chanson de Carla BRUNI quelqu’un m’a dit?
  2. Réglons le son de notre balladeur MP3 dans un endroit calme et non, par exemple, dans une rue très bruyante.
  3. Et bien sûr, continuons à pratiquer la musique, avec plein de nuances, des forte, des piano, et même des pianissimo!

Publié le 14 septembre 2008 par stephanieforet dans documents
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Vocabulaire de la guitare

 Voici une nouvelle rubrique : je vous propose de découvrir des mots, des objets relatifs à la guitare et (ou) à la musique. En cette période de rentrée, je pense particulièrement aux débutants et à leurs parents qui découvrent l’instrument, mais aussi les petits objets qui vont avec. Aujourd’hui donc :

Le repose-pied

A son sujet, j’ai tout entendu : le pied, le marche-pied, le chausse-pied, le trépied, et même… Le casse-pied! Le terme habituel est Repose-pied. Il s’agit d’un petit accessoire pliant, sur lequel on pose le pied, ce qui permet de surélever la jambe sur laquelle est posée la guitare. Voici (à peu près!) à quoi cela ressemble :  

repose-pied

Le repose-pied  est l’accessoire le plus souvent utilisé pour trouver une position efficace et adaptée au jeu de la guitare. Mais il existe d’autres possibilités. Certains guitaristes préfèrent un support, ou un petit coussin, placé sous le côté inférieur de la guitare (éclisse) et reposant sur le genou. Je déconseille ce système pour les enfants et pour toute personne dont les jambes ne sont pas très grandes : si les cuisses, uns fois assis, ne sont pas au moins à l’horizontal, la guitare et son support auront tendance à glisser…

 

Historiquement, la manière de tenir la guitare a souvent été l’objet de recherches. On ne peut pas utiliser les le triposidon d\'Aguadomains pour tenir l’instrument, tout en faisant courir les doigts sur le manche et les cordes… Il fallait bien trouver une solution.

Dioniso AGUADO, guitariste virtuose et compositeur du XIXème siècle,  invente le triposidon.  il s’ agit d’un support à trois piedes sur lequel on fixe la guitare. Le guitariste se place derrière la guitare ainsi maintenue, comme un  pianiste s’assied devant son piano. il n’a plus qu’ à placer (et déplacer) les mains sur l’instrument sans craindre de voir celui-ci glisser.

F. SOR et sa table Fernando SOR (1778-1839) aborde également le problème dans sa méthode de guitare (1830). Il explique comment il s’aide d’une table pour obtenir de la guitare une position la plus fixe possible : il fait reposer la guitare sur le genou droit d’un côté, et sur la table de l’autre (cf. gravure ci-contre); Ainsi, écrit-il, « je suis à même de parcourir aisément le manche de la main gauche, qui n’est point obligé de soutenir l’instrument, parce-que (…) il est soutenu par le genou et la table ».

 

Vous pouvez vous amuser et essayer ces méthodes, où même inventer d’autres systèmes ou gadgets; Si vous manquez d’idées, reste à vous procurer ce fameux repose-pied. il vous en coutera 10 à 12 €, et vous le trouverez en magasin de musique.

 


Publié le 7 septembre 2008 par stephanieforet dans Actualité,documents
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travaux d’écriture

Recueil des travaux d’élèves  de l’année 2007-2008

Commençons  cette nouvelle année scolaire par la publication des travaux d’élèves réalisés en 2007-2008.

La tradition veut que les jeunes élèves  apprennent à lire le solfège pour être capables de jouer de la musique, et l’apprentissage est le plus souvent organisé autour du fastidieux décryptage de partitions écrites par d’autres. Mon but est est de leur apprendre aussi à jouer avec la musique. La guitare devient alors un moyen d’expérimenter, d’inventer, de tâtonner, d’improviser.

En initiation, avec les très jeunes élèves (7ans), nous sommes restés dans un travail oral d’improvisation, réalisé à partir de règles du jeu et de contraintes facilitant la démarche. Un des élèves, Cyril a souhaité écrire une des mélodies inventées, et vos trouverez son travail dans le recueil.

Pour les élèves de cycle 1 et 2, j’ai proposé de réaliser des arrangements et des transcriptions : arrangements de thèmes populaires dans le style « picking » ou transcription de tablatures anciennes initialement écrites pour luth ou guitare baroque. Dans les deux cas, ils étaient confrontés aux deux systèmes de notation de la musique pour guitare : solfège et tablature.

Vous pouvez télécharger ce recueil et apprécier le travail réalisé par les élèves. A noter que certains travaux ne sont pas publiés ici, dans la mesure où ils utilisaient des thèmes musicaux non libres de droits.


Publié le 2 septembre 2008 par stephanieforet dans Actualité
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