Autour de nos guitares
blog d\'une enseignante d\'école de musique

Django et Célestin*par Béatrice Chevalier -Tavan**

Je suis heureuse de vous proposer aujourd’hui un article de Béatrice tavan-Chevalier,  guitariste et conseillère aux études au conservatoire de Dunkerque. J’ai fait la connaissance de Béatrice par l’intermédiaire de ce blog, et depuis nous échangeons régulièrement sur nos visions de la guitare et de son apprentissage. J’ ai proposé à Béatrice de partager ses expérience avec les élèves, en publiant à son tour un billet ici. Cet article s’adresse plus particulièrement aux parents d’élèves et aux enseignants. Il est l’occasion d’ouvrir les perspectives du blog. Merci à toi Béatrice!

Stéphanie Foret

 Django et Célestin

par Béatrice Chevalier-Tavan**

 

  Django Reinhardt et Célestin Freinet ont en commun ce que la vie leur a imposé : des blessures physiques les ont contraints à une renaissance géniale. Si le style de Django est passé à la postérité, la pédagogie de Célestin a trop dérangé pour être reconnue. Pourtant, les fondements en sont porteurs de bonheur et d’intelligence.

 

            L’école et le travail de l’élève

 

            La force de Freinet est de dire que « tout être humain est un apprenant ». Pour lui, l’école doit protéger les enfants, donc elle doit faire en sorte qu’ils y soient heureux : tout lieu d’enseignement est d’abord un lieu d’HUMANISATION.

 

            Pour Célestin, AGIR c’est TRAVAILLER. Le travail n’est pas une souffrance ; cela peut être difficile, mais cela amène à s’épanouir. Le TRAVAIL en ce sens est la valeur fondatrice de sa démarche. Cependant, tout travail n’a de valeur que s’il est restitué à l’autre ; c’est pourquoi la progression ne se fait que par des actes individuels ASSOCIES à des retours collectifs. La prestation publique artistique prend ici tout son sens.

 

            Le travail de l’enseignant

 

            Ce qui va compter, ce sera de « déplacer l’élève », de le « faire bouger ». Ensuite, il faut l’inscrire dans une démarche d’efforts et de durée : c’est le travail de l’enseignant. Il doit tenir (dans une exigence d’efforts) sans faire souffrir. Il faut donc que ce qui se passe en cours ait un sens, pour plus tard, mais aussi pour l’instant : que ce soit un événement (avec début, contenu et fin). L’apprenant doit avoir compris :

-Quand ça commence,

-ce qu’il a appris,

-Quand c’est fini.

 

            Apprendre la musique

 

            L’enseignement musical n’échappe pas au questionnement du sens : pourquoi apprendre, et pourquoi apprendre  la musique ? quelles valeurs porte-t-elle ? pourquoi ça et pas autre chose ? …..parce que seule cette discipline réunit le corporel, l’intellectuel et l’émotionnel, en résumé, apprendre la musique parce qu’elle permet de se transcender.

 

L’apprenant/e doit être convaincu/e par l’enseignant/e qu’il faut aller sur l’autre rive, qui existe mais qu’il/elle ne voit pas encore, et pour cela, qu’il/elle doit le ou la suivre. Le pari, c’est donc convaincre qu’on peut l’emmener.

 

Freinet nous montre qu’apprendre est un engagement vital.

Vital, parce que c’est ce qui est nécessaire à la vie.

 

*Django Reinhardt (1910-1953)guitariste, jazz manouche ( Nuages, Minor swing…)

Célestin Freinet (1896-1966) ou la révolution par l’école.

 

** Guitariste, conseillère aux études au conservatoire de Dunkerque

 


Publié par beatrice1 le 18 janvier 2009 dans Actualité
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