Le Hashtag antisémite : histoire des péripéties entre Twitter et la loi

13:22 Droit de l' information

On peut déplorer que sur des timelines certaines « blagues » aux violentes connotations antisémites  n’aient pas été supprimées. Normalement, elles auraient dû disparaître. 

 J’ai signalé des contenus, des tweets dont le caractère  » raciste » ne fait aucun doute, dans la mesure où ils discriminent un groupe : les arabes ou les juifs. Certains de mes détracteurs avancent l’humour pour justifier ces tweets, dérangeants lorsqu’il s’agit pas exemple de sportifs licenciés dans un club ou d’un entraîneur. Les timelines permettent de mener à une possible identité. Le refus de retirer des hashtags tels #UnBonJuif ou une blague dont les connotations racistes sont évidentes, ne m’étonne pas. Notre société justifie souvent des formes de violence.

 Si un jour, ces personnes postulent pour un emploi, cela les desservira. Il est d’ailleurs étonnant que de tels comportements puissent être ceux de personnes qui encadrent des jeunes : mais les informations d’un profil ou de sites ne sont pas nécessairement en rapport avec le réel.

Vous savez que les recruteurs des entreprises fouillent les réseaux sociaux. Leurs compétences en veille informationnelle sont bien supérieures aux miennes : on ne peut les accuser d’espionnite. Lire à ce sujet un certain nombre d’ arrêts de la cour de cassation, je pense,  mais je retrouverai les références.    

Revenons-en au Hashtag antisémite que j’avais  dénoncé sur certaines timelines de sportifs qui auraient dû montrer l’exemple  : petite revue de presse de ce mot-clé qui a défrayé la chronique. 

En 2014, le Hashtag antisémite était de retour. Cet article daté de 2014, publié sur le site du Huttington Post , remarque le retour de ce Hashtag qui avait déjà été dénoncé en 2012. Voir à ce sujet, l’article du journal Le Monde, publié le 14/10/ 2012. Un commentaire sur les blagues légères, fun, intéressera peut-être mes lecteurs et un commentateur avec lequel je n’aurai plus d’interaction.  La liberté d’expression prend des formes étranges et le plus étrange est qu’elles puissent être cautionnées par des adultes qui encadrent des enfants.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/10/14/unbonjuif-un-concours-de-blagues-antisemites-derape-sur-twitter_1775233_651865.html

Au fait, si vous avez lu, vous avez constaté que le journaliste évoque une certaine  » confusion mentale » :

« …pour qui le droit de se moquer de tous_ avec un humour supposé_ permet d’afficher l’antisémitisme le plus nauséabond « .

 http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/10/14/unbonjuif-un-concours-de-blagues-antisemites-derape-sur-twitter_1775233_651865.html#Msw4DIAwCo5USr6A.99… »

http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/15/unbonjuif-le-hashtag-antisemite-de-retour-sur-twitter-mais-les/

L’auteur rappelle le bras de fer entre Twitter et la justice française. C’est bien l’attitude de Twitter qui est en jeu : malgré les signalements sur la plate-forme, certaines timelines ont été maintenues et des contenus contraires à la loi française n’ ont pas été retirés. 

Je cite donc un extrait de l’article de Lauren Provost :

 » …le réseau social américain a fini par se plier à la loi française et a donné, le 12 juillet 2013, « les données susceptibles de permettre l’identification de certains auteurs » de tweets antisémites… » 

Normalement, les tweets et les hashtags ne respectant pas la loi peuvent être signalés. Or, j’ai signalé des tweets qui ne respectent pas la loi. Je m’étonne de l’ impunité des auteurs et de l’inaction de la plate-forme Twitter. Si je décide de porter plainte contre Twitter, c’est que cette action m’est conseillée par des juristes. 

La journaliste rappelle qu’ il faut créer une procédure du signalement : ce n’est pas espionner! C’est aux internautes de respecter la loi. Si ça fait rire certains, les blagues à connotation raciste, ce n’est pas un délit de les signaler. Un adulte, parent responsable en est convaincu. Les internautes peuvent agir, conclut la journaliste.  La culture du signalement, ce n’est pas la culture de la délation, ce n’est pas non plus faire preuve que l’on est atteint d’une maladie mentale comme certains me le suggèrent.  

« Les observateurs en lien avec Twitter peuvent ainsi diminuer l’impact d’un mot-clé, mais pour faire retirer les tweets il faut passer par la bonne vieille procédure de signalement et utiliser le bouton proposé sur chaque message ou le portail du ministère de l’Intérieur. »

Or, certains de mes interlocuteurs ( anonymes) m’accusent  de harcèlement. Ce n’est pas le discours des policiers de Pharos avec lesquels je me suis souvent entretenue.  J’ai suivi leurs conseils. Ne me  dites pas qu’en haut lieu, on désapprouve les conseils donnés par des employés du Ministère de l’ intérieur! 

La culture du signalement n’est pas assez forte, c’est certain. Ce qui est fort, c’est la culture du viol, de la pornographie, de la violence, de la haine, de la bêtise, des discours qui rabaissent l’ être humain. Une condamnation ferme de la part d’adultes responsables ne me paraîtrait pas déplacée. 

Pourquoi ne pas insister pour que Twitter France mette en place un dispositif efficace de signalement? 

C’était le sujet de discussion de cet article, paru sur le site de L’Express, le 06 janvier 2013. 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/tweets-douteux-apres-unbonjuif-le-hashtag-sijetaisnazi-derape_1205845.html

Le journaliste cite le représentant de l’ UEJF, qui dénonce le fait que Twitter refuse de mettre en place un dispositif opérant.  

Les institutions avaient d’ailleurs réagi à l’époque du Hashtag antisémite : La Ministre du Droit des Femmes, le Parquet de Paris. Mais, me direz-vous, l’affaire avait été sans doute considérée en haut lieu comme ridicule!!!Et classée sans suite, peut-être???

On terminera cette revue de presse très sommaire par la mention des propos tenus par un représentant de la Licra. Notez que j’ai souvent envoyé des liens vers des publications antisémites à la Licra. Leur service juridique répond aux internautes.

 Notamment, des liens vers les publications de Vincent Reynouart et de Faurisson et leur entêtement à nier l’existence des chambres à gaz. Mon journal d’ un signalement atteste d’ailleurs de mon étonnement que le blog de Faurisson soit encore visible via Google et que celui-ci appelle au soutien de Reynouart. 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/657094-un-bon-juif-sur-twitter-on-ne-peut-tolerer-le-racisme-sous-couvert-d-humour.html

 Mais revenons à notre article. Le Président de la Licra terminait sur un message de prévention.

« Il nous faut également faire de la prévention, et « armer » nos enfants par une meilleure éducation leur permettant de faire le tri sur Internet. C’est ce à quoi nous nous employons dans le cadre, notamment, de notre partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale« .

Un juge peut d’ailleurs examiner la plainte d’une particulier ou d’une association et exiger des éléments d’authentification de la personne qui publie des contenus illégaux et est responsable des propos qu’elle tient.  

Si dans l’article ancien dont je publie l’ URL, on signale qu’aucun utilisateur de Twitter n’a été condamné, cela ne veut pas dire que ce ne sera pas le cas demain, que ce soit pour des RT de blagues douteuses ou pour des RT de clichés pornographiques choquants. 

http://www.liberation.fr/ecrans/2012/10/16/unbonjuif-une-premiere-judiciaire-pour-twitter-en-france_951278

 Je terminerai en mentionnant un site qui est une excellente initiative du Défenseur des Droits

.Le site :

http://www.egalitecontreracisme.fr/ce-que-dit-la-loi

Sur le site, vous trouverez des rappels de ce que dit la loi, en termes accessibles à un public de collégiens. Mais vous pouvez aussi signaler directement en ligne des contenus illégaux. La plate-forme mise en ligne par le Défenseur Des Droits intègre un lien vers le site DENONCER LA HAINE, dont le principe permet de générer une plainte en ligne.

http://www.egalitecontreracisme.fr/partenaires/denoncer-la-haine

J’ai testé ce site en déposant plainte pour un tweet qui me semble raciste et qui semble très populaire sur Twitter en ce moment. Qui sait ? Il est possible de joindre les captures d’cran et les URL dans la déclaration.

Enfin, une autre initiative institutionnelle :

http://www.gouvernement.fr/tousuniscontrelahaine-ce-que-dit-la-loi-4046

Françoise Grave

Professeur documentaliste

Collège Camille Claudel

59650 Villeneuve d’ Ascq

Laisser un commentaire