Le soir où mon mari, m’a parlé du film, et après 5 minutes de visionnage, j’ai bien cru que j’allais éteindre la télé. J’avais l’impression de me revoir dix ans en arrière, professeur débutante en CFA, entendant des propos inacceptables à mes yeux dans la bouche de jeunes de cet âge. Sutout que je n’avais moi-même que deux ou trois ans de plus qu’eux… Ce soir-là face au miroir de ces années  je n’avais pas envie d’être à nouveau confrontée à ces images.  Mais au moment même, où j’allais éteindre le poste : retournement de situation ! Voilà que le film sombre dans le politiquement incorrect ou plutôt le pédagogiquement incorrect… Est-ce pour cela que je l’ai regardé jusqu’au bout, partageant les émotions d’une Adjani grandiose à mes yeux, ou est-ce que c’était parce que je me retrouvais dans les paroles de sa collègue ? Oui, les enseignants sont humains, ils rêvent tous d’un monde idéal où les élèves boiraient leurs paroles, assoiffés de culture et non d’Un Jean Baptiste Poquelin mémorisé à la force d’un révolver… Oui, mais le monde a changé. Il est loin le temps où seuls les maîtres détenaient la connaissance. Aujourd’hui, certains vous diront que les ordinateurs permettent d’y avoir accès sans nul besoin de notre présence. A voir ce film, on peut se demander si élèves et professeurs de ce huit clos ne représentent pas une société en miniature avec tout ce qu’elle comporte d’oppositions ? Loin de tomber dans le mélo ce film interroge. Il fait tomber tour à tour les clichés d’une société et d’une éducation qui se cherche :  chevauchement entre refus de l’autorité et besoin de limites pour les uns ou encore monde rêvé et réalité pour les autres…


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