Tices et Histoire-Geo - Blog de M. Crosnier
LWP : Pourquoi avez-vous ouvert un blog ? Comment cette idée vous est-elle venue ?
Ce n’est pas mon premier blog. L’idée m’est venue il y a 2 ans de remplacer le site de mon collège par une structure plus réactive. J’animais depuis 2000 le site de mon établissement avec des élèves et des animateurs ; l’expérience, enthousiasmante mais chronophage, s’est alourdie de contraintes techniques réclamées par l’académie.
J’ai fait une demande officielle d’ouverture de blog auprès du CRDP de Nantes il y a 2 ans : silence embarrassé. Le mot blog faisait alors peur et renvoyait à des procès en correctionnelle de profs ayant vu leur image intentionnellement détournée.
En accord avec mon Principal, nous avons créé un « bloc-notes » d’infos administratives en direction des familles, sans possibilité de commentaires.
J’ai ensuite créé un blog personnel sur mon ancienne maison, ouvert uniquement à des amis et des membres de la famille, donc quelque chose de plus proche du journal intime.
Mais l’envie de refaire des échanges pédagogiques en ligne me travaillait. Je suis membre d’une association de professeurs d’histoire géo valorisant l’utilisation des Tice dans les cours. Les réalisations de certains de mes collègues - Hugo Billard entre autres, m’ont fait opter pour la plate-forme du Web Pédagogique.
LWP : Pouvez-vous nous raconter vos premiers pas sur LeWebPédagogique ?
Le blog d’Hugo m’a tout de suite convaincu par son contenu et sa forme, très structurée me permettant de jouer à la fois avec la logique du blog (articles) et du site (pages). Le maniement n’est certes pas aussi intuitif que sur d’autres plate-formes que j’avais utilisées auparavant ; mais l’approche pédagogique des outils m’a séduites.
LWP : Ouvert depuis novembre 2007, votre blog sur LeWebPédagogique accueille aujourd’hui près de 13 600 visiteurs. Est-ce un succès pour vous ? En ouvrant un blog, vous attendiez-vous à avoir une bonne audience ?
Un succès ? Oui, assurément ! Mais je ne sais pas vraiment ce que cela signifie qualitativement.
Je dirais plutôt une satisfaction, tant la somme de travail derrière est considérable ; et aussi d’encouragements tant il reste à faire, notamment dans le domaine de l’échange, où là je parlerais franchement d’échec. Je pense au Wiki, mais je n’ai pas encore bien les idées claires.
LWP : Avez-vous rencontré des choses « inattendues » (la réaction de l’audience par exemple) en bloguant ?
Non. Sinon que le fait de bloguer « pédagogiquement » m’a emmené vers d’autres pistes que celles que j’envisageais initialement : infos, cours, cahier de textes, en bref le travail « papier » en gros transposé au numérique.
Ce blog est devenu la base de mon travail de prof : les cours, les contacts avec mes élèves, élargis maintenant à ceux d’autres classes, mes échanges avec mes collègues. Il est devenu mon bureau virtuel et je me donne 2 ans pour être au point.
LWP : Selon vous, pourquoi les professeurs ouvrent-ils de plus en plus leur blog aujourd’hui? S’agit-il d’une nouvelle tendance ou d’un réel besoin dans le domaine pédagogique ?
Je dirais que les 2 pratiques se croisent, mais que je ne suis pas sûr qu’elles se nourrissent.
Le blog est tellement simple à utiliser par rapport à un site, qu’il est logique que de plus en plus d’enseignants s’en emparent, à l’instar d’autres communautés. Et le désir d’échange pédagogique est réel.
Mais pour faire quoi ? C’est tout l’intérêt et l’ambiguïté du Web 2.0 que l’on considère un peu vite comme un espace d’interactivité allant de soi.
D’où la question : « Quelles conditions doivent être réunies pour que mes interlocuteurs puissent facilement échanger avec moi ? »
Une piste : je me suis aperçu avec étonnement qu’une élève qui ne s’exprimait jamais en classe était très à l’aise pour dialoguer via le blog…
Découvrez ici le blog de Jean-Michel Crosnier









