Kamishibai : késako ??? 1-le matériel

du japonais kami : papier et shibaï : théâtre (drame)

Le kamishibaï est un théâtre d’images,
né au Japon il y a trois siècles.
Des conteurs se déplaçaient avec le kamishibaï
et des planches illustrées et créaient des animations de rue.

kamishibaimag

Présentation du matériel

  • versoLe castelet en bois (ou butaï) :

    • Composé de trois volets, il encadre l’image et focalise l’attention des auditeurs sur l’illustration. La forme des portes soulignent le mouvement des images quand elles sortent de la glissière.

    • Les portes en bois ont aussi leur importance : le conteur peut en jouer en les faisant claquer, en les ouvrant et en les fermant, une ou toutes, suivant l’effet désiré.

    • Les volets ouverts, la première image apparaît au centre, face au public, tandis que le texte correspondant se trouve au dos, sous les yeux du narrateur. Au fur et à mesure qu’il lit le texte, il fait coulisser les images.

  • Les images :recto

    • Le recto de l’image, tourné vers le public, est entièrement couvert par une illustration, la plus lisible possible, sans éléments susceptibles de troubler la concentration;

    • Le verso comporte une image miniature en noir et blanc reproduisant la planche suivante dans un coin supérieur droit : cette vignette permet au conteur de visualiser l’illustration dévoilée au public, et de varier les rythmes d’apparition de l’illustration suivante.

    • Le texte est écrit de façon lisible, et la manière de glisser les images est indiquée entre parenthèses et en italique.

    • En bas à droite ou en haut à gauche du texte, le numéro de l’image est écrit en gros et encerclé.

    • Quand cela est nécessaire, un petit trait vertical indique où le conteur doit s’arrêter de tirer l’image pour ménager du suspense.

Cette page permet de bien visualiser comment se présente cet outil.

Voici un exemple d’utilisation hors contexte pédagogique (en japonais !) :
Spectacle de kamishibai par le moine zen Jikiju lors de L’Instant Japon 2009 à Toulouse.

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Pour se fournir le matériel

Une documentaliste prend en photo le matériel sous toutes ses coutures : c’est ici !

Le castelet :

butaiLes éditions Callicéphale proposent des castelets en bois clair : bon de commande, mais vous pouvez demander les bons services d’un menuisier, comme je l’ai fait en Syrie et en Turquie !

Voici un modèle de plan spécialement conçu pour s’adapter aux planches des albums parus chez Callicéphale  (format des images : 37*27,5 cm), mais il y en a bien d’autres : celui-ci, ou ceux-ci 1, 2, 3. Ces plans sont bel et bien rédigés en français, mais cela me semble être du japonais. Cependant, un collègue professeur de technologie ou un menuisier devrait lui s’y repérer sans problème !
Vous pouvez même fabriquer un heurtoir pour faire le silence dans la salle avant le début du spectacle !

Les planches :

J’ai toujours eu recours aux Editions Callicéphale dont le catalogue s’enrichit régulièrement. Il n’y a pas de problème pour se faire livrer à l’étranger : ces éditions vous envoient sous pli les planche ou votre librairie locale peut passer par les éditions le Seuil qui distribuent leurs productions.

Parmi les albums que j’ai testés, voici ceux que je conseille particulièrement car ils utilisent véritablement les astuces du Kamishibai et sa plus-value par rapport  à un album classique, certaines images se dévoilant plus ou moins vite, d’autres en plusieurs temps :

sushiSushi (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Pour ne pas tourner en rond, Sushi, le petit poisson jaune part à la recherche du caillou magique… Au bout de sa quête aquatique,  Sushi trouvera un ami de taille, et vous pourrez voir,  parfois, au loin dans les vagues, un petit poisson jaune essayer de sauter plus haut que la baleine bleue.


sapinLa légende du sapin (14 planches)
Thierry Chapeau, 2007

Le petit oiseau blessé, perdu au cœur de l’hiver, est chassé par tous les arbres de la forêt. Seul le sapin l’accueille. C’est pourquoi, d’après cette légende d’Alsace, il est aujourd’hui l’arbre de Noël.

Cette histoire a été racontée par les élèves de mon club-lecture qui en ont enregistré une version vidéo : 3 minutes de tendresse, c’est ici !


jaoJao le caméléon (18 planches)
Florence Jenner-Metz / Thierry Chapeau, 2008

Jao en a marre de changer de couleur plus vite qu’on ne change de chemise. Il veut sa couleur à lui. Dans cette histoire, le vieux sage lémurien apprendra à Jao qu’il est magnifique tel qu’il est, tel que l’aiment ses amis. Une réécriture du texte s’impose, mais l’album est si visuel qu’il peut s’accorder avec une écriture plus simple. La première planche est visible ici.

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Il faudra (18 planches)
Thierry Lenain, 2007

Un personnage sans couleur contemple le monde de son île. En spectateur, il observe les horreurs de la planète, guerre, pollution…Mais, dans la forêt, il trouve un havre de paix.


D’autres albums me plaisent même s’ils n’utilisent malheureusement pas suffisamment les effets de transition entre les différentes planches :

ambreAmbre (14 planches)
Philippe Grémy, 2001

Beaucoup de personnages à interpréter et une fin surprenante !
Ambre, la petite licorne si fière de sa beauté, s’admire tous les jours, se croit la plus belle et dédaigne les autres animaux de la forêt. Sa rencontre avec Bulle le crapaud, Châtaigne le hérisson, Grognon le sanglier, Automne l’écureuil et Brocoli le lutin vont bouleverser sa vie…



file_2Le petit poisson d’or (19 planches)
Conte traditionnel russe de Alexandre Sergueïevitch Pouchkine adapté par Florence Jenner-Metz, 2008

Un très vieux pêcheur vivait avec sa femme, une vieille mégère, dans une toute petite chaumière. Un jour, dans son filet, il découvre un magnifique poisson doré… De magnifique illustrations, claires pour la compréhension de l’histoire.

L’école française du Caire en a fait un enregistrement vidéo : découvrez-le ici !

Certains albums m’ont semblé par contre peu adaptés à des contextes FLE :

Les musiciens de Brême (16 planches)

Des illustrations stylisées certes originales mais qui n’aident pas à la compréhension de l’histoire.

L’étoffe d’un roi, Le turban du sultan, Le tigre amoureux, Les trois zouloulais et L’enfant-fleur

Ces histoires sont relativement longues, et à la formulation souvent complexe. Il est bien évidemment toujours possible de modifier les textes, mais puisque ces histoires sont essentiellement basées sur la poésie des textes, il est difficile d’en apprécier la saveur avec les seules images et un texte trop simplifié.

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Pour en savoir plus

– Le théâtre d’images ou kamishibaï : histoire, utilisations, perspectives, Edith MONTELLE, Editions Callicéphale, 2007.

Webographie du Café pédagogique,15 février 2008

– Le Kamishibaï. Animation pédadagogique, Josiane Rostagni, CPC Arpajon (91), 29 novembre 2008.


Voir aussi :
Kamishibai : késako ??? 2-la mise en scène


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