Méthode de la dissertation : est-ce que c’est plus clair avec ça?

Comment vous expliquer?

Je ne peux pas  vous dire, il faut que je vous montre!

Ce que je peux vous dire, c’est que pour cerner le problème et proposer un chemin pour le résoudre, il faut partir de l’analyse des termes du sujet et  que si celle-ci est efficace le problème apparaît et même le moyen de justifier le passage de la première partie à la seconde partie sans se contredire et sans que cela ne soit qu’un artifice de transition.

Ce qui fait qu’une dissertation est réussie, c’est le travail au plan du concept et la justification conceptuelle du mouvement de la pensée. Dans la transition , c’est l’objet de ce que j’appelle le PJ , le paragraphe justificateur.

Bon, je vous montre avec le sujet Sommes-nous maître de nos pensées ?

Si on décortique bien le sujet, 3 problèmes, 3 PJ et 3 plans possibles  apparaissent!

Si, si, regardez!

  • Sommes-nous :
  1. être = être défini par, avoir pour définition ceci ou cela (plan de l’essence) ex. je suis une femme
  2. être = exister comme, être dans tel ou tel état (plan de l’existence) : je ne suis pas contente, je suis à la plage

PB : mon existence s’accorde-t-elle avec mon essence ? Si je suis maître de mes pensées en tant que sujet pensant, en tant qu’être capable de ré-flexion, suis-je pour autant de fait maître et puis-je ne pas l’être ? = question de la cohérence entre existence et essence (si je ne suis pas de fait maître, comme je suis en droit, en théorie, je me dois en un sens de le devenir)         être ≠ ne pas être et ≠ devenir

PJ : il ne suffit d’être défini par quelque chose pour l’être de fait et on n’est véritablement maître de ses pensées que si de fait on les commande. Une essence non actualisée n’est qu’une pure virtualité, non ce qui nous définit vraiment. sens 2 > sens 1. Commandons-nous véritablement nos pensées ?

ENJEU : qui sommes nous ?

Plan possible

  1. Il semble que toutes les conditions soient réunies pour que nous commandions nos pensées
  2. mais de fait nos pensées ont une origine, un sol qui nous échappe et il y a des déterminismes

III. Nous avons à accorder notre existence et notre essence et devenir maître de nos pensées par l’exercice de la réflexion qui est la condition pour avoir une véritable pensée (sens 3)

  • maître
  1. dominus : ex. le maître de maison = celui qui est propriétaire des lieux et qui exerce son autorité en ses lieux. Celui qui commande
  2. magister : ex. le maître d’école = celui qui a acquis un savoir, un savoir-faire, qui domine son sujet et peut l’enseigner. Celui qui sait diriger parce qu’il a su se rendre maître de …, celui qui ne subit pas et dirige

PB : peut-on diriger ses pensées sans pour autant les commander ? Quelle forme de maîtrise pouvons-nous avoir de nos pensées si nous n’en sommes pas l’origine ?

PJ : si nos pensées se forment en nous, si nous semblons commander nos pensées (on semble former nos pensées, décider de nos objets de pensées, construire un raisonnement, on semble manier à notre guise nos pensées, chasser une pensée, et décider de les exprimer ou pas) , nous ne pensons pas à partir de rien, ni seuls, ni de nulle part, donc il se pourrait que nos pensées soient alors déterminées, conditionnées, limitées et par là que notre commandement le soit aussi. Commander présuppose un pouvoir sans faille du début à la fin. Mais le vrai maître n’est-ce pas plutôt celui qui dirige, qui domine. Etre en position de commandement ne fait pas de nous nécessairement un maître (ce statut ne peut être du qu’à la soumission des autres et celui qui commande peut ne pas se diriger lui-même, ne pas être compétent. L’habit ne fait pas le moine, le statut ne fait pas la compétence). N’est-il pas possible de diriger ses pensées même si nous ne les commandons pas entièrement ?

ENJEU : qu’est-ce qu’être maître de ses pensées ?

Plan posssible

  1. Nous ne pensons pas à partir de rien
  2. II. une direction n’est pas cependant impossible

III. Pensée ≠ opinion ( sens 3), il n’y a « nos pensées » qui si nous avons su nous en rendre maître et c’est cette conquête qui définit l’homme.

  • de nos pensées ? nos= des= des pensées ≠ la pensée
  1. produit de toute activité psychique en générale
  2. produit de l’action, de l’activité consciente de l’esprit en général. Descartes « Par le mot de penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apercevons par nous-mêmes; c’est pourquoi non seulement entendre, vouloir, imaginer, sentir aussi est la même chose ici que penser ». Représentation (idée) que se forme consciemment l’esprit à partir de données sensibles ou intellectuelles.
  3. Pensée ≠ opinion (« pensée immédiate »), produit d’une réflexion personnelle, résultat d’un jugement et d’un travail critique sur les données immédiates de la conscience, c’est-à-dire ce qu’on a présent à l’esprit sans l’avoir produit par soi-même.

PB : s’il est possible d’avoir des pensées sans en être maîtres ( sens 1) s’agit-il véritablement de nos pensées ? Peut-il y avoir pensée ( sens 2) sans une certaine maîtrise ?

– PJ : si nous ne sommes pas (au sens 2) maître (au sens 1) de toute notre activité psychique (exemples de perte de commandement : émotions, rêve, inconscient…), difficile de qualifier cette activité de nôtre. Donc pensée ≠ du sens 1, pour qu’il y ait pensée, il doit y avoir conscience = sens 2, car sens 2 > sens 1

– PJ : si nous ne sommes pas maître de nos pensées (au sens 1) à cause de multiples déterminismes qui pèsent sur elles (éducation, enfance, culture, perceptions sensibles, manipulations idéologiques …les chaînes de l’allégorie de la caverne, Platon !!!), il ne s’agit pas véritablement de nos pensées car pensée≠ opinion, donc s’il y a pensée (au sens 3 et sens 3 > aux sens 1 et 2), nous en sommes nécessairement maîtres (sens 2). Peut-on véritablement penser sans être maître de nos pensées ? Ou ces déterminismes empêchent-ils pour autant toute direction de notre pensée ?

ENJEU : qu’est-ce que penser, qu’avoir « nos » pensées ?

Plan possible

  1. I. nous ne contrôlons pas l’ensemble de notre vie psychique
  2. toute cette vie ne relève pas de la pensée et de nos pensées et III. Pensée ≠ opinion

Autre III. ? Maîtrise limitée de la pensée (limites de la langue qu’on parle, limites des structures de notre esprit (schémas mentaux structurels) voire impossible ou illusoire : conditionnement : abolition du jugement par un système politique et isolement ( car on pense en commun) = cas extrême et heureusement !! Il faut ne plus être « nous » pour que nos pensées n’en soient absolument plus.

Le top,  ce serait de tous les aborder dans votre devoir!

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