Leçon II: La Méditerranée, un espace d’échanges Nord-Sud.
Publié le 9 février 2009 par hqes dans 2-Une interface Nord-Sud: l'espace méditerranéen, TS GéographieIntro
Magnard, 2004, p. 310 ; 322-323
La Méditerranée apparaît dans l’espace mondial comme une ligne de fractures Nord/ Sud.
Elle est aussi un espace de contacts
Quels sont les types d’échanges qui existent entre les rives de la Méditerranée ?
A Le premier bassin touristique mondial.
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Avec plus de 200 millions d’arrivées internationales, la Méditerranée est la première destination touristique du monde. A l’échelle mondiale, le bassin méditerranéen concentre 40% des touristes et 30% des recettes. A ces chiffres considérables il faut ajouter les touristes nationaux : Français sur la Côte d’Azur ; Espagnols sur la Costa Brava et l’Andalousie etc. … Au total on estime à 10 millions le nombre d’emplois touristiques en Méditerranée.
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La rive Nord bénéficie d’une triple avance par rapport à celle du Sud : un tourisme plus ancien, des aménagements plus massifs et des fréquentations plus intensives.
Un tourisme ancien car c’est sur le littoral de la France et de l’Italie, à la fin du XVIIIe siècle que le tourisme a été inventé, lorsque les Anglais prirent l’habitude d’y passer l’hiver. A partir du début du XXe siècle, l’été s’est progressivement imposé comme la première saison touristique. Aujourd’hui, une partie du littoral méditerranéen a une fréquentation à l’année (touristes retraités, résidences secondaires).
Des aménagements massifs car le littoral de la Méditerranée occidental de l’Espagne à l’Italie, est le plus densément et systématiquement aménagé. On y trouve toutes les générations d’aménagements, depuis les mises en valeur du XIXe siècle (à Nice, Cannes, Portofino ou San Remo), jusqu’aux réalisations les plus récentes (Benidorm en Espagne ou le littoral calabrais), en passant par les stations du Languedoc-Roussillon créées, à partir de 1973, à l’initiative de l’Etat français. La Méditerranée orientale est aménagée de manière moins continue, mais l’urbanisation touristique y progresse rapidement, principalement en Croatie et sur tout le littoral turc.
Des fréquentations plus intensives car le littoral de la rive Nord bénéficie d’une plus grande proximité des pôles émetteurs de touristes ainsi que des infrastructures de transport (autoroutes, aéroports) qui permettent de drainer à moindre coût des clientèles plus étendues.
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Le tourisme de la rive Sud, plus éloignée des métropoles européennes, s’est développé après la Seconde Guerre mondiale, de manière plus discontinue.
Quelques Etats seulement concentrent les flux touristiques de la rive Sud de la Méditerranée. La Turquie, la Tunisie, l’Egypte, le Maroc et Israël attirent le plus grand nombre de touristes étrangers, cependant bien inférieur à la France, l’Espagne et l’Italie. D’autres Etats du Sud n’en reçoivent pratiquement pas : Algérie, Liban, Syrie.
La raison principale de la désertion d’un certain nombre de ces pays est due à la géopolitique régionale ou nationale. La guerre civile en Algérie et au Liban, l’isolement diplomatique de la Libye et de la Syrie, considérée comme des « Etats voyous » ou encore les attentats en Israël éloignent les touristes étrangers.
Par contre une politique de développement fondée sur le tourisme a permis à la Tunisie, au Maroc, en Turquie ou encore à l’Egypte d’attirer un grand nombre de touristes. Des campagnes de publicité, des aménagements de complexes hôteliers reliés à des aéroports spécialement construit attirent les Européens à des prix souvent inférieurs aux stations balnéaires de la rive Nord. Les recettes permettent ainsi au Maroc et à la Tunisie de compenser leur déficit commercial.
B Des flux migratoires Sud Nord massifs ?
Manuel Magnard p.303 doc.4 : carte : « Méditerranée : un espace de migrations » La Méditerranée est aujourd’hui marquée par d’importants flux de travailleurs. Les zones de départ concernent surtout les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, tandis que les zones d’accueil s’élargissent à toute l’Europe occidentale. A l’Est du bassin, les pays pétroliers peu peuplés (Libye, Arabie…) attirent également les travailleurs égyptiens, syriens ou jordaniens.
Depuis les années 1980, les pays européens tentent de limiter l’immigration. Cela ne décourage pas les « clandestins » qui prennent parfois de nombreux risques pour partir à l’assaut de cette « Forteresse Europe »
La Méditerranée joue aussi le rôle d’espace de transit pour les migrants clandestins d’Afrique noire qui, via le Maghreb, tentent de gagner l’Europe en franchissant les frontières de l’Espace Schengen. Les nombreux conflits, politiques ou ethniques, ont alimenté les demandes de statut de réfugié.
C La dissymétrie des échanges Nord/Sud.
(Magnard p. 311 doc.7). Les échanges au sein de l’espace méditerranéen reflètent l’inégale puissance économique des États. Cela se traduit dans :
-le volume des échanges: les pays rattachés à l’UE exportent six fois plus que l’ensemble des autres pays du bassin ;
- la nature des produits échangés: les biens peu élaborés (hydrocarbures, minerais, produits agricoles) occupent une place notable dans les exportations des PED méditerranéens en direction du Nord. Pour l’Algérie et la Libye, les hydrocarbures représentent plus de 90% des exportations Les produits manufacturés en provenance d’Europe dominent dans les importations ;
- la forte polarisation géographique des flux de marchandises en provenance ou à destination des PED méditerranéens. Les PSEM, à l’exception d’Israël échangent surtout avec l’UE. Chacun des États du Maghreb, Libye comprise, réalise avec l’Europe plus de 60% de ses échanges.
Les flux de marchandises laissent peu de place aux échanges Sud/Sud.
Le retard économique de beaucoup de pays méditerranéens est lié à la faiblesse des investissements étrangers. A la différence de ce qui se passe entre le Mexique et les États-Unis, les PSEM ont peu attiré les FMN européennes. Les capitaux s’en sont détournés en raison surtout de l’insécurité politique. Peu de pays ont pu jouer l’atout de l’abondance de la main-d’oeuvre pour attirer les délocalisations industrielles (Magnard p. 311 doc.9). Aucune bourse des valeurs, à l’exception des places d’Istanbul et d’Ankara, ne suscite l’intérêt des investisseurs mondiaux.
Conclusion
La conférence de Barcelone (1995) a inauguré une série d’accords de libre-échanges entre l’UE et les PSEM, visant à établir une véritable coopération trans-méditerranéenne.
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