Matricide

Terre nourricière, plaine du Batimpo / Mother nature, Batimpo plain. Photo: Jennifer Temminck
Terre nourricière, plaine du Batimpo / Mother nature, Batimpo plain. Photo: Jennifer Temminck

La mère nature nous a offert

Une fertile terre et pure mer

Pour que les être puissent ensemble être

En harmonie et perdurer dans l’aître

Mais le destin a fait naître le mal

Dans les tréfonds de l’âme d’un animal

L’homme et son ignoble  égocentrisme

L’homme et son éternel narcissisme

Profonds sont mon désarroi et ma tristesse

De voir l’être qui se croit le plus malin

Détruire à petit feu chaque matin

Ce monde jadis gonflé d’allégresse!

 

Abdoulaye Diallo, 1ère S

Brulis, district de Bondokhory / Slash and burn, Bondokhory district
Brulis, district de Bondokhory / Slash and burn, Bondokhory district

Le traitement des déchets à Kamsar: une lutte inégale

Où que l’on pose les yeux en Guinée c’est toujours la même scène de ce théâtre désolant. Que ce soit à Conakry ou à l’intérieur du pays, des sachets plastiques et d’autres déchets traînent sur le bord des routes, dans les caniveaux, ou sont entassés dans les marchés.

Arrivée à Kamsar

Des sachets plastiques multicolores partout par terre le long des rails, on est à kamsar : la nuit, des habitants de ce « village » de 360 000 habitants viennent déverser leurs déchets le long des rails et dans la mer.

Forte de ce constat, l’équipe de lycéens reporters a rencontré le maire de Kamsar et quelques membres de la Coopérative de l’Assainissement de Kamsar Ville Propre, pour discuter du traitement des déchets.

Nous avons été chaleureusement reçus à la mairie de Kamsar. De gauche à doite: M. Camara, secrétaire général, M. El Hadj Tidiane Sylla, le maire de Kamsar, Mme Diané Aïssatou Koné, présidente de la coopérative d'assainissement, Mme Fernandez Tombo Sylla, chargée de projet à la coopérative.
Nous avons été chaleureusement reçus à la mairie de Kamsar. De gauche à doite: M. Camara, secrétaire général, M. El Hadj Tidiane Sylla, le maire de Kamsar, Mme Diané Aïssatou Koné, présidente de la coopérative d’assainissement, Mme Fernandez Tombo Sylla, chargée de projet à la coopérative.

Mme. Diané Aïssatou Koné, présidente de la coopérative, explique que leur but est l’aménagement, l’embellissement et l’assainissement de Kamsar. Ils fournissent donc des prestations dont le ramassage des ordures ménagères qui pose quelques problèmes. Par exemple le prix de l’abonnement à la prestation est de 10 000 GNF (1euro) par an, et le paiement mensuel varie en fonction de la taille du ménage en question, c’est-à-dire entre 5000 GNF (50 centimes) et 20000 GNF (2 euros), ce qui semble modeste à première vue, mais en Guinée de nombreuses familles n’ont pas ces moyens.

livret de sensibilisation
livret de sensibilisation

Pour changer les mentalités, la coopérative mène souvent des campagnes de sensibilisations dans les lieux publiques comme les mosquées, à l’école ou les terrains de foot ou encore, passe des spots d’information à la radio locale. Le nombre d’abonnements continue d’augmenter, pourtant, parmi les 350 000 habitants, seuls 450 sont actuellement abonnés. Les mauvaises habitudes continuent, notamment à cause du manque d’éducation des populations et de la mauvaise prise en charge de l’état, qui dit avoir d’autres priorités.

Actuellement, la coopérative ne possède qu’une seule moto-poubelle qui sert tous les ménages à 9 km à la ronde.

L'unique moto-poubelle de la coopérative
L’unique moto-poubelle de la coopérative

Le chauffeur nous confie qu’il travaille de 7h à 17h tous les jours sauf le dimanche, pour un salaire de 400 000 GNF par mois. Étant donné qu’il est le seul, il doit effectuer des dizaines d’allers-retours entre les quartiers où il ramasse les déchets et l’ancienne carrière où ils sont enfouis sous terre. La coopérative nous explique que le chauffeur n’a pas assez de temps pour

Abdoulaye, travailleur obstiné
Abdoulaye, travailleur obstiné

remplir les clauses du contrat (deux passages par semaines). Les abonnés se découragent… Pour résoudre ce problème le maire souhaiterait avoir un camion-poubelle mais la commune n’a pas assez de ressources financière et n’arrive pas à obtenir des aides de la part de la CBG, comme un camion poubelle. Comme le fait remarquer avec humour un membre de la coopérative, « Un mur nous sépare, on est en Afrique du sud, c’est l’apartheid ».

La ville de Kamsar est en effet marquée par un barrage qui sépare la cité minière, qui est assainie, et fournie en électricité par l’usine de la CBG, et le village, un peu délaissé, où naissent parfois de petites associations de jeunes pour l’assainissement des quartiers. La CBG ne gère les déchets qu’au sein de la cité minière, même si parfois, lorsqu’il y a trop de déchets le long des rails qui nuisent à l’image de Kamsar, elle fait un ramassage.

Tous ces déchets ont des conséquences néfastes sur la santé, ils attirent des mouches et des rongeurs qui favorisent notamment de nombreuses maladies comme le choléra ou la gastro-entérite. De même, les déchets rejetés a la mer polluent l’eau, le sel qui en est tiré, et détruit la faune marine.

Le maire nous explique qu’il projette la mise en place d’une brigade de surveillance la nuit.

On peut en déduire qu’il faut indéniablement l’assistance d’un camion poubelle, nous rappelons que l’usage d’une moto poubelle ne suffit pas aux nombreux citoyens abonnés, encore moins aux 360 000 habitants de Kamsar. Il est très important que la volonté de la mairie et des abonnés soit suivie par les autres citoyens de Kamsar, car la coopérative pourrait alors augmenter ses dépenses de carburant et de véhicules, et répondre aux besoins de la population.

Par Abdoulaye Diallo, avec Thierno Bah, Abraham Keita et Houssein Mehsein. Photos: Houssein Mehsein.