
En 1968 une réforme instaure le bac technologique et met en place des filières plus spécialisées pour les bacs généraux. Cela facilitait ainsi la réussite au baccalauréat en introduisant des coefficients forts dans des matières différentes. Ainsi un élève ayant des facilités dans une certaine matière allait dans la filière proposant le coefficient le plus fort pour celle-ci : il était donc plus facile d’obtenir l’examen.
En 1985 le bac professionnel est créé suivi en 1993 du bac général tel qu’on le connait aujourd’hui.
La création de ces baccalauréats permet l’accès au lycée à plus d’enfants y compris les fils d’ouvriers et ceux qui ont des difficultés.
Pour en savoir un peu plus, nous avons interrogé un professeur du lycée Napoléon ayant passé son bac dans sa ville natale (près de Toulouse) en 1968 , année “révolutionnaire” pour l’enseignement.
- En 68, on a instauré de nouveaux bacs/filières. Qu’en avez-vous pensé ?
J’étais au lycée pendant Mai 68 donc je n’ai pas connu ce qu’a donné la réforme mais il est évident qu’aujourd’hui on peut choisir notre orientation plus facilement: nous avons plus d’information à propos de notre orientation que lorsque j’ai passé le bac.
- Que pensez-vous de la liberté de choisir son orientation ?
-
Avez-vous vous-même choisi cette orientation ?
Oui, j’ai choisi de devenir professeur.
- Le lycée Napoléon existait-il?
Oui mais pas dans les locaux actuels. Il a ouvert en 1961.
- Ou avez-vous passé votre baccalauréat ?
- Quels ont été les changement après 1968?
- Quelles étaient les contraintes les plus importantes qui pouvaient empêcher la poursuite des études ?
- Pouvez-vous nous parler des universités en 1969 (juste après la réforme) ?
En seulement cinquante ans, le taux de personnes faisant des études supérieures a fortement augmenté entre les générations nées au début des années 1930 et celles nées au milieu des années 1970.
Cette propagation est à l’origine d’une diffusion des études secondaires, mais a aussi entrainé pour certaines générations un penchant à continuer des études après le baccalauréat.

Ce sont les générations nées entre 1930 et la fin des années 1940 qui connaissent la première phase du développement supérieur. Ils font en effet des études plus longues que les générations précédentes. Durant ce temps, la part de diplômés du supérieur a doublé, mais reste inférieur à 20%. L’enseignement secondaire continue de se propager. Au final, la part de diplômés du supérieur triple et passe de 6,5% à 18,4% entre les générations 1930 et 1950.
Le taux de personnes diplômées de l’enseignement supérieur continue d’augmenter pour les générations nées entre la fin des années 1940 et le début des années 1960. Il passe en moyenne de 18% à 21%. Les études de lettres ont moins de succès mais le nombre d’étudiants en économie et en droit augmente.
Une forte croissance du supérieur est ressentie pour les étudiants nés entre 1960 et 1977. Tout ceci sont les résultats d’une volonté politique. Un bac technologique est en effet créé en 1968 ainsi qu’un bac professionnel en 1985, afin de répondre à la demande du gouvernement, dans le contexte de la démocratisation scolaire dont l’objectif était de 80% d’une classe d’âge de réussite au baccalauréat. Après la réforme de 1968 le gouvernement met plus de moyens dans la scolarité. Le taux de bacheliers a augmenté de 30 points. Dans les universités, les effectifs continuent d’augmenter encore plus fortement. On passe ainsi de 200 000 à 300 000 étudiants entre 1950 et 1960 à 850 000 en 1970. En quinze ans environ, la part d’une génération qui obtient un diplôme supérieur double et l’âge moyen de fin d’étude passe de 15 ans en 1968 à 22 ans en 2006.
Cette ouverture signe un changement de statut des études supérieures. D’abord réservées aux élites pour la génération du début des années 1930, seuls 8% des hommes et 5% des femmes en font. Les générations nées au milieu des années 1970 faisant des études supérieures accueillent 39% des hommes et 47% des femmes. A l’issue de cette phase, c’est 43% d’une classe d’âge qui cherche du travail avec en poche un diplôme du supérieur.
Cette massification de l’enseignement supérieur est partagée par tous les milieux sociaux. En effet la part des diplômés du supérieur est passée de 38% à 77% pour les enfants de cadres et de 2% à 25% pour les enfants d’ouvriers. Cela concerne aussi les enfants d’agriculteurs: alors que leurs chances d’achever leurs études avec un diplôme du supérieur étaient égales à celles des enfants d’ouvriers pour les générations nées en 1930, elles sont de 50% ( et donc deux fois supérieures à celles des ouvriers) pour les générations nées entre 1975 et 1977.
En 1975 la réforme HABY instaure le collège unique et supprime ses filières. Les courbes d’accès au bac et à l’enseignement supérieurs avaient déjà commencé à grimper avant car les familles poussaient les enfants à obtenir des diplômes dans un but d’ascension sociale.

Mais massification ne signifie pas démocratisation. Aujourd’hui, les étudiants dont les parents sont cadres supérieurs sont toujours plus nombreux, notamment dans les filières longues et dans les classes préparatoires aux grandes écoles alors que les étudiants d’ouvriers rejoignent d’avantage les filières courtes.
Faire un commentaire
vous devez vous connecter pour faire un commentaire.





