Carnet de cabaret par Véronique (Livralire)
au fil du voyage 4 juin 2008, 17:03 Samedi 7 juin
Cabaret, dernière !
Pluie et fraîcheur. Les jeunes de Chalon et Givry arrivent avec leurs parents. C’est un bis ! Pas de placement surprise par ruban de couleur. Les bonbons sont en vrac, plus en brochettes. Certains interprètes ont progressé, d’autres se sont un peu lâchés. Le public est très attentif. On ovationne les professeurs, les documentalistes et surtout les techniciens qui conjuguent savoir faire et savoir être !
Les lumières se rallument. La fête est finie. D’habitude, on a le blues. Mais là on enchaîne pour une autre fête celle de nos 20 ans ! On installe des sur-nappes jaunes, on prépare des plateaux de verres aux étiquettes « enlivrez-vous ». On accueille les « Dégivreurs ». J’aurai tant aimé que les ados voyageurs entendent deux ados de leur âge conter : Simon avec sa scie musicale, Mauryl sur son perchoir, et Margot, l’octogénaire, dire « Le loup et l’agneau » en langue argotique. La soirée sera belle mais, comme dit une bibliothécaire ”Que les très nombreux absents ont eu tort : c’était super ! “
Vendredi 6 juin
3e jour du cabaret.
Dehors il pleut toujours. La salle n’a jamais été aussi fraîche. On ne pourra pas l’oublier cet après-midi là. Des jeunes ont perdu un camarade dans un accident de circulation l’avant-veille. D’un commun accord, ils dédient à Adrien les minutes précieuses où ils ont joué la vie de personnages qui disent que la vie ne tient qu’à un fil : Lou, hospitalisée pour une leucémie (Rock de Lou), Nawja, couchée pour une grossesse difficile, la maman de Manuelo, atteinte de tuberculose, des petites africaines qui meurent encore de suites d’excision (Fille des crocodiles).
En projetant ces histoires dans une cour de récré, à Paris , dans un film, les lecteurs, passeurs des héros, ont redit la force de l’amitié entre copains, de la solidarité du clan, de l’amour maternel, de la tendresse d’une grand-mère.
Jeudi 5 juin
Nouvelles de la scène
Faits divers : La disparition d’une jeune fille à Chalon rappelle La fugue majeure d’une grand-mère gravement malade.
Société : Najwa et les femmes libanaises crient haut et fort que leurs filles ont droit à l’éducation !
Culture : Les samouraïs de Saint Martin en Bresse ont tourné dans le film plein de magie « Les tigres volants » (Sur les ailes de Ryu).
Spiritualité : Le diable a perdu la partie avec Dieu (Livre surprise : Histoires de créatures fabuleuses, Flies, mai 2008).
Astrologie : En 2012, Lucie, la sœur d’Ezéchiel (Madame Gargouille) sera notre Présidente de la République. A ses côtés : Madame Gorgon, Ministre du Logement, Monsieur Esperanza, Ministre des Personnes Agées, Mr Dubonbec à l’Education.
Mardi 3 juin
CABARET, Jour J
1er jour du 7e cabaret. On est un peu tendu. Pas de nouvelles des diapos. Dans plusieurs classes, les adultes ont galéré, rattrapés par le manque de temps ou freinés par des jeunes pas trop investis dans l’étape.
Un élève s’ennuie en regardant ses camarades répéter. Il décolle les cœurs autocollants sur la nappe. Je lui propose de coller tous ceux qui n’ont pas encore été installés la veille. Il le fait volontiers ! Qu’est ce qu’on attend pour que les jeunes soient plus acteurs !
Et puis la magie a encore opéré. Le matin, Cyril, le technicien s’impose. Les élèves écoutent et suivent ses conseils. L’après-midi, l’ambiance de cabaret saisit les jeunes. Un silence exceptionnel envahit la salle où sont rassemblés 90 ados quand Catherine ou / et Christine racontent. Elles disent avoir eu des blancs. Ni la salle ni moi nous nous en sommes rendu compte !
Des images gravées dans la mémoire : les jeunes mimant le travail répétitif des enfants esclaves (Le rêve de Si-Yan) ; Madame Gargouille amoureuse ; La montée à Paris pour voir Charlot (Sur un fil) ; le bruit de la tonnellerie (La prodigieuse aventure de T. Ostergrimmm)
Les diapos sont arrivées trop tard.
Vivement jeudi !
Lundi 2 juin
Montage du cabaret
Transformer une pièce nue en cabaret avec spots, rideaux, coulisses, sono, poursuite, éclairage d’ambiance. Les techniciens magiciens ont commencé à l’aube.
A nous, les trois femmes (Catherine, Marie-Christine et moi), de jouer les gros bras et de vider les chariots de chaises et de tables. On innove un peu dans le plan d’installation, histoire de ne pas trop s’enfermer dans les habitudes. On s’étonne même de finir si tôt.
Deuxième liste : ne pas oublier ci et ça ! Seule inquiétude : les diapos des couvertures de livres qui servent à annoncer et à clore chaque mise en scène de roman ne sont toujours pas revenues de chez le photographe.
Dimanche 1er juin
Avant-veille du cabaret
Faire une bonne vieille liste manuscrite pour ne rien oublier. Charger la voiture : le tissu ignifugé pour les nappes ; les boîtes de film que tout le monde nous envie et qui nous serviront de plateau ; des tables rondes pliantes qui deviendront dans telle ou telle histoire, des tables de salle à manger, des meubles-télé, un bureau d’école ; ajouter des présentoirs à livres, des verres, les boissons, les signets, les livres de la sélection, des ciseaux, des épingles pour ajuster un costume, du double face pour réparer un masque, de la colle pour préparer les menus.
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