Cette année, pour la Journée de l’enfant africain célébrée tous les 16 juin, coup de projecteur sur les « enfants des rues », un phénomène qui concerne de nombreux pays. Au Mali par exemple, on estime à 5 500, pour la seule ville de Bamako, le nombre d’enfants livrés à eux-mêmes dans les rues de la ville…
Ils sont par dizaines, aux carrefours et feux rouges de Bamako, à tendre leur boîte de conserve vide pour réclamer un peu d’argent ou de nourriture. Les pieds nus sur l’asphalte brûlant, au milieu des gaz d’échappement et des dangers du trafic. La nuit, ils se réfugient le long des murs des maisons ou dans les gares routières pour dormir quelques heures. « Ils sont exposés à tout » explique Zakari Adam, chef du Programme Protection des enfants, au bureau Unicef du Mali. « Ils sont souvent couverts de plaies qui mettent du temps à cicatriser, souffrent de toutes sortes de maladies, sont exposés aux risques de violences, de viol, de prostitution… »
Qui sont ces enfants, comment sont-ils arrivés dans la rue ?
Garçons pour la très grande majorité, (mais les filles ne sont pas épargnées) ils ont le plus souvent entre 10 et 18 ans et ont fui des violences physiques ou verbales subies dans le cadre de la famille, ou de l’école coranique – les parents confient parfois leurs enfants à des « maîtres coraniques » pour leur donner une éducation religieuse ; dans certains cas, ces maîtres les forcent à mendier et les maltraitent…
Ces enfants des rues sont originaires du Mali à 86%, mais certains viennent d’autres pays de la sous-région d’Afrique de l’Ouest : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry… Leur gagne pain ? La mendicité, pour la grande majorité. Mais certains font de petits « métiers de rue » : cireur de chaussure, laveur de vitres, porteur de bagages… Les filles, elles, font souvent du petit commerce de fruits et légumes sur les marchés ou les bords de route – la moitié d’entre elles a recours à la prostitution pour survivre. *
La clé ? L’école !
« Aujourd’hui au Mali, le taux net de scolarisation est de 61%. Atteindre 100% permettrait aussi de vaincre le problème des enfants des rues ! » explique Zakari Adam. Si le Samu Social, avec lequel travaille l’Unicef, fait des maraudes dans les rues pour venir en aide aux enfants, l’Unicef de son côté s’atèle à la prévention du phénomène : « Il s’agit de renforcer la capacité d’accueil des écoles existantes, d’améliorer l’offre scolaire en proposant notamment des cycles « réduits » adaptés, qui permettent aux plus grands de rattraper les années de scolarité manquées, mais aussi de sensibiliser les parents sur l’importance de l’école… Nous faisons également du plaidoyer auprès des acteurs politiques, notamment les maires qui, dans le cadre de la décentralisation en cours, peuvent mettre en place des actions concrètes pour les enfants des rues. De plus en plus le font, en suivant nos recommandations ! Les résultats sont très encourageants. Mais cela demande du temps et des financements… »
*Données tirées de l’Etude « Nous venons tous d’une maison » menée par le Samu Social Mali dans la ville de Bamako avec le soutien de l’Unicef. Décembre 2010.
Pour en parler avec vos élèves
Destiné aux élèves de collège, ce dossier pédagogique permet d’aborder le thème du travail des enfants de manière interdisciplinaire.
Pour avoir accès à tous les dossiers pédagogiques de l’Unicef France, il vous suffit de cliquer ici.
Pour sensibiliser les élèves aux droits de l’enfant, l’Unicef France propose à la communauté éducative (enseignants, pédagogues, éducateurs) des outils pédagogiques pour l’école primaire et le collège.
Clés en mains, adaptés aux pratiques pédagogiques et conformes aux programmes scolaires de l’Éducation nationale, voici deux nouveaux outils pour éduquer aux droits de l’enfant, au développement durable, à la citoyenneté et à la solidarité internationale :
- Un dossier pédagogique pour l’école primaire
- Un dossier pédagogique pour le collège
Les dossiers pédagogiques contiennent des fiches enseignants (démarche et étapes), des fiches élèves (exercices), des fiches de documents (affiches, textes, photographies, vidéos…) portant sur un ensemble de connaissances et de compétences liées aux droits de l’enfant :
- La CIDE : histoire, principes fondamentaux, application
- Les droits de l’enfant en France
- L’Unicef : l’aide apportée pour l’urgence et le développement
- Le droit à l’identité
- Le droit à la santé
- Le droit à l’éducation
- Le droit à la protection
- Le droit à la participation
Pour en savoir plus
Pour télécharger les dossiers pédagogiques rendez-vous sur le site de l’Unicef France.
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Dans le cadre de la campagne « Écoles pour l’Afrique », lancée en 2006 par l’Unicef et la Fondation Nelson Mandela, le programme « Écoles Amies des Enfants » permet à 300 000 enfants du Mozambique de suivre leur scolarité. Grâce à ce programme, des enfants, qui n’allaient pas à l’école jusque-là, bénéficient aujourd’hui d’une éducation de base. C’est aussi à l’école que ces enfants apprennent les bonnes pratiques en matière d’hygiène.
Le programme « Écoles Amies des Enfants » vise à amener les enfants non scolarisés jusque-là dans les écoles primaires des sept districts ciblés. Concrètement, le programme a pour objectif d’éduquer les enfants sur le plan scolaire mais aussi sur le plan de l’environnement. À travers ce programme, l’école devient un lieu stratégique, où des services sanitaires et sociaux sont dispensés aux élèves.
L’éducation au premier plan
Le programme « Écoles Amies des Enfants » apporte aux écoliers des ressources matérielles, sous forme de kits scolaires : crayons, cahiers, stylos, cordes à sauter pour les récréations… Au total, 4000 kits ont été distribués au Mozambique depuis 2006. Les conditions d’apprentissage sont également bien meilleures grâce à la fourniture de mobilier. Ainsi, 2000 bureaux ont été installés dans les salles de classe. Et cela a changé beaucoup de choses, comme le confie Delfina, 9 ans. Aujourd’hui, elle fréquente l’école du district de Buzi. Elle n’a plus à s’assoir par terre dans la salle de classe, car elle dispose aujourd’hui d’un pupitre et d’une chaise pour apprendre. Les enseignants constituent un maillon essentiel de ce programme. Ils bénéficient de formations spécifiques à la santé scolaire et aux techniques de gestion participative des écoles.
L’Unicef leur distribue également des kits pédagogiques pour améliorer leurs méthodes d’enseignement. Et à ce jour, 10 000 kits ont été distribués. L’objectif est d’accueillir les écoliers dans les meilleures conditions possibles mais également d’assurer leur bien-être physique et psychologique.
La santé au cœur du programme
De nombreux enfants mozambicains ne vont pas à l’école tout simplement parce qu’ils passent une grande partie de leur journée à parcourir des kilomètres pour se procurer de l’eau. Le programme « Écoles Amies des Enfants » a donc permis l’installation, dans les locaux scolaires, de points de collecte de pluie. Une solution pour faciliter l’accès à l’eau potable et la construction de latrines séparées filles/garçons. Idaho a 11 ans. Il explique que depuis qu’il y a des latrines et des lave-mains dans son école, ses diarrhées et ses maux d’estomac ont disparu. En rendant ces services de base accessibles dans les écoles, le programme permet aux enfants de se consacrer plus assidument à leur scolarité, dans un environnement sanitaire sûr.
A l’école primaire, une majorité d’enfants disent se sentir bien. Cependant, une forte minorité affirme se sentir mal à l’aise à l’école. D’après la première enquête sur les violences à l’école élémentaire : « A l’école des enfants heureux…ou presque », certaines violences que l’on qualifie de violences à répétitions, verbales ou physiques, peuvent avoir un impact négatif sur la scolarité d’un enfant, voir même laisser des séquelles dans sa vie d’adulte. Éric Debarbieux, Chercheur et Directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, témoigne.
Trois questions à notre Président, Jacques Hintzy, sur les recommandations de l’Unicef France pour la prévention de la violence scolaire.
Que va faire l’Unicef France maintenant qu’elle a des données précises sur la violence scolaire ?
Nous disposons désormais d’un outil solide pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative afin que soit menées des actions de prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Nous nous engageons à inscrire ces priorités d’action dans notre partenariat avec le Ministère de l’Education nationale. Notre association invite aussi le Ministère de l’Education nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes. Nous préconisons également la valorisation de certaines expérimentations, menées en France comme à l’étranger, qui ont montré leur efficacité, et la mise en place de programmes pilotes adaptés à la réalité française et dûment évalués.
Pour quelle forme de « prévention » plaidez-vous ?
Pour une prévention précoce, basée sur l’intérêt de l’enfant et visant à développer ses aptitudes fondamentales, à construire l’estime de soi, à résoudre les conflits, à « vivre ensemble », dans le respect des autres et des règles de la vie collective. Il s’agirait de protéger les enfants victimes de violences et de harcèlement, assurer un climat scolaire paisible et favorable au développement de l’enfant, à son épanouissement et à sa réussite scolaire, et enfin lutter contre l’échec et le décrochage scolaires qui favorisent, à terme, la violence et la délinquance des enfants et des jeunes.
N’y a-t-il pas un risque que les enfants concernés soient stigmatisés ?
Nous parlons bien de prévention, et non de répression : nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant et personnels scolaires (professeurs mais aussi infirmières, psychologues, personnel de cantine…), la sensibilisation des parents et l’écoute et la participation des enfants, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant.
Pour aller plus loin :
UNICEF_FRANCE_synthese_violences_scolaires_mars_2011(1)
UNICEF_FRANCE_violences_scolaires_mars_2011(2)
Pour 2011, déclarée Année européenne du bénévolat et du volontariat, une caravane sillonne toute l’Europe pour mettre à l’honneur l’engagement associatif. Du 14 au 20 avril, elle fait étape à Paris : nous vous donnons rendez-vous le mardi 19 pour un débat sur le thème « jeune et engagé, c’est possible ! ». Venez participez !
J’ai moins de 25 ans et je cherche à être bénévole ou volontaire… Qu’apporte cet engagement en termes d’expérience et d’épanouissement ? Comment trouver la structure qui convient ?
C’est pour répondre à ces questions (et bien d’autres!) qu’une table ronde sur l’engagement jeune est organisée mardi 19 avril de 18h30 à 19h30 lors du passage de la Caravane européenne du bénévolat à Paris. De Jeunes Ambassadeurs de l’Unicef témoigneront de leur engagement, aux côtés d’autres jeunes d’autres structurs : les Sapeurs pompiers volontaires, le Conseil Parisien de la Jeunesse, le Réseau National des Juniors Associations, Animafac ou encore le Parlement Européen des Jeunes.
La Caravane, rendez-vous festif et convivial organisé par la Commission européenne, a plusieurs objectifs :
- Fêter et remercier les millions de bénévoles et de volontaires ;
- Faire connaître et reconnaître leur rôle essentiel dans notre vie quotidienne ;
- Sensibiliser le grand public, notamment les jeunes en favorisant la rencontre autour de témoignages de bénévoles, de stands d’informations, de débats, de conférences ou encore d’animations ludiques comme les « speed dating ».
L’essentiel
La Caravane européenne du bénévolat et du volontariat
Du jeudi 14 au mercredi 20 avril, de 11h à 19h, (jusqu’à 20h les 15 et 16 avril) sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Voir le programme (en pdf).
Présence de l’Unicef le mardi 19 avril
- Stand de 14h à 19h
- Table ronde engagement jeunes de 18h30 à 19h30
Pour en savoir plus
Le site français de l’Année européenne du bénévolat et du volontariat
Le 29 mars, l’Unicef France rend publique l’enquête « A l’école des enfants heureux… ou presque »*, réalisée à sa demande, par l’Observatoire international de la violence scolaire. Cette enquête exceptionnelle par son approche et son ampleur constitue une première en France : menée à l’échelle nationale auprès de 13 000 enfants, elle s’intéresse à la violence au sein de l’école primaire, en particulier chez les élèves de CE2, CM1 et CM2.
Loin d’un bilan statistique issu de l’administration, cette enquête s’intéresse avant tout au ressenti des enfants à l’école. Son auteur, Eric Debarbieux, chercheur et directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, s’est associé à Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education Nationale et membre du Conseil d’administration de l’Unicef France, pour mener ce travail, ainsi qu’à une équipe de chercheurs issus de sept universités françaises.
Un espace d’épanouissement pour la très grande majorité…
Tantôt fantasmée, tantôt niée, la violence scolaire en primaire n’avait jusqu’à maintenant jamais été explorée de manière aussi approfondie. Compte tenu de l’importance de l’école primaire dans la construction et le développement des enfants, il était primordial pour l’Unicef France de prendre l’initiative de cette étude. Les résultats qui en ressortent sont à la fois réjouissants et préoccupants. En moyenne, 9 élèves sur 10 affirment se sentir bien ou tout à fait bien à l’école et la même proportion avoir de bonnes ou très bonnes relations avec les enseignants.
…et un lieu de souffrance pour une importante minorité
Cependant, derrière cette réalité positive se cache une importante minorité d’enfants pour lesquels l’école est un lieu de violence et de souffrance : 17% disent avoir été frappés souvent ou très souvent par d’autres élèves. Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique est estimé à environ 14% des élèves, dont 8% victimes d’un harcèlement assez sévère à sévère. De plus, 10% des élèves interrogés se disent victimes de harcèlement physique à l’école, dont 5% d’un harcèlement sévère… tous ces chiffres révèlent un phénomène qui appelle une réponse. Bien que, dans l’ensemble pourtant, les élèves aient une perception globalement positive ou très positive de leur professeur. Pourtant, un peu plus de 13% des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant et 4,6% avoir subi des attitudes racistes de la part d’un adulte dans leur école.
En conclusion, Eric Debarbieux rappelle la gravité des conséquences de ce(s) harcèlement(s) sur les enfants, tant aux plans psychologique que scolaire : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives ou suicidaires de long terme.
Un outil de travail pour l’Unicef France
Avec cette enquête, l’Unicef France dispose d’un solide outil pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative. « (…) Celle-ci devra être orientée vers la prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant », explique Jacques Hintzy, président de l’Unicef France. « Nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant, la sensibilisation des parents et la prise en compte de l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant ».
L’Unicef France s’engage à inscrire ces priorités d’action dans son partenariat avec le Ministère de l’Education nationale fixé par un accord-cadre quinquennal. Notre association invite aussi le Ministère de l’éducation nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes.
*L’enquête a été réalisée grâce au soutien financier de Nutriset.
Pour lire la synthèse du rapport, cliquez ici.
Pour lire le rapport complet, cliquer ici.
















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