Les nouvelles technologies permettent de tricher facilement
Publié le 30 avril 2007 par Julien dans Ressources pédagogiques en ligneLe titre est un peu provocateur, je vous l’accorde. C’est cependant ce que révèle une dépêche AP :
Aujourd’hui, les écoles américaines s’en prennent aux lecteurs multimédia soupçonnés d’être un outil potentiel de triche. (…) Un lycée a décrété l’interdiction totale des lecteurs multimédia quand des responsables ont eu vent que certains lycéens téléchargeaient des notes de cours.
(…)
Mais pour Shana Kemp, porte-parole de l’Association américaine des proviseurs d’établissements du secondaire, la tricherie technologique n’est pas un phénomène nouveau. Simplement, les enseignants et les responsables administratifs - parce qu’ils sont d’une autre génération - mettent un certain temps avant de s’imprégner des nouvelles techniques.
Et non, il ne s’agit pas d’un remake du formidable Les sous doués passent le Bac ! Mais il est certain que si les nouvelles technologies mènent à une approche différente de la pédagogie, elles mènent de la même façon à une autre manière de tricher.
Les moteurs de recherche facilitent le copier/coller, les forums permettent l’échange de dissertation ou d’exercices de maths et les baladeurs permettent d’écouter les réponses. Et je ne parle même pas des téléphones portables utilisés pour s’envoyer les réponses par SMS.
En plus d’avoir des yeux partout, les professeurs vont bientôt être obligés d’avoir un radar pour repérer les échanges d’ondes électroniques !
Mais si on est moins pessimiste, on peut dire que ces nouvelles techniques de triche forment les élèves à de nouvelles compétences. Je m’explique. Au lycée, il m’est arrivé (très rarement bien entendu ;-)) de noter quelques formules de mathématiques dans ma calculatrice. Et pourtant, à chaque fois, je me rendais compte que je n’avais pas besoin de les vérifier puisqu’en les écrivant dans la calculatrice, je les avais retenues.
Alors imaginez celui qui enregistre son cours sur son baladeur numérique… Ou celui qui pour son exposé copie/colle différentes sources trouvées sur Internet, puis les retouchent pour ne pas se faire repérer… N’ont-ils pas retenus d’une certaine manière leurs leçons aussi bien que les autres ?
Un peu idéaliste peut-être… Cela étant dit, les élèves ont plus que jamais un temps d’avance sur leurs professeurs dans ce domaine. Ce n’était pas vrai il y a encore quelques années. De quoi s’alarmer ?




Compteur
30 avril 2007 Ã 7:49
[...] Mais qui peut dire autant de bêtises ? Ah bon, c’est vrai ? C’est sur LeWebPédagogique ! [...]
14 mai 2007 Ã 8:44
Bonjour,
Juste pour un petit témoignage, puisque je tiens le blog sur Sciences Po.
Donc justement, dans cette école, et comme, je pense, dans beaucoup d’autres établissements du supérieur, la direction est embarrassée par ces nouvelles technologies, qui facilitent le plagiat, par le copier-coller. Wikipédia n’arrangeant pas les choses…
Maintenant, ils agissent, en nous donnant, par exemple, trois obligations de scolarité : “assiduité, ponctualité et honnêteté intellectuelle”. Ils ont investi dans des logiciels qui permettent de vérifier le degré de proximité d’un devoir avec certains documents sur le web, mais également avec les devoirs rendus précédemment par d’autres élèves et qui ont été ajoutés dans une base de données. C’est très efficace, j’ai assisté une fois à quelqu’un se faisant repérer comme ça, le prof a montré la proximité de son devoir avec un texte trouvé par son logiciel sur le web.
Parallèlement, les sanctions pour lutter contre le plagiat ont été durcies. Evidemment, cela n’est possible qu’avec des devoirs rendus tapographiés, et cela est impossible avec les devoirs manuscrits.
Comme quoi, ces nouvelles technologies ont peut être donné une longueur d’avance aux tricheurs dans un premier temps, mais dans un second temps la réplique a été sèche !
14 mai 2007 Ã 8:51
Merci de ton commentaire Arthur.
Au sujet des rapports manuscrits, j’avais un professeur à l’ESCP-EAP qui scannait les copies et qui disposait d’un logiciel de reconnaissance d’écriture pour comparer les copies.
Une technique classique consistant à reprendre les copies des promos précédentes…