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La durabilité du développement

jeudi, janvier 8th, 2009

Dans le couple formé par le substantif « développement » et l’adjectif « durable« , l’accent peut être mis sur l’un ou l’autre terme. L’Action 21 (ou agenda 21 en anglais, document programmatique issu de la Conférence de Rio) insiste sur la durabilité, marquant de manière durable la perception et la transmission du concept de développement durable.

Sylvie Brunel dans son ouvrage « à qui profite le développement durable ? » dénonce la part belle accordée à la durabilité au détriment du développement. Elle craint qu’en suivant cette dérive, probablement instrumentalisée par le monde économique, de nouvelles exclusions naissent. 


Sylvie Brunel, à qui profite le développement durable ?
envoyé par AgoraVox

Paul-Marie Boulanger, à l’occasion d’un article sur les indicateurs du développement durable, décortique les approches possibles du concept de développement durable. Trois approches sont recensées, chacune d’entre elles mettant l’accent tantôt sur l’un tantôt sur l’autre terme du couple développement durable.

 

  • l’approche par piliers (économique, social, environnemental considéré comme des domaines séparés) est centrée sur la durabilité comprise comme une force d’équilibre entre l’évolution de ces piliers. La dimension de développement n’y est guère analysée, elle est simplement assimilée à la croissance économique accompagnée de certaines conditions sociales et environnementales. Cette approche est la moins en rupture avec les présupposés politiques et idéologiques dominants ce qui expliquerait sa haute utilisation ;
  • l’approche en terme de ressources est, elle, muette sur la problématique de développement. Elle est tournée vers la durabilité, comprise dans le sens d’utilisation soutenable des ressources naturelles de manière à transmettre un stock agrégé de capital productif par tête suffisant aux générations futures pour produire les biens et les services nécessaires à leur bien-être ;
  •  l’approche en terme de bien-être est la seule à s’interroger sur le développement. Le développement y est compris comme l’accroissement du bien-être pour le plus grand nombre possible d’êtres humains, aujourd’hui et demain. Amartya SEN, prix Nobel d’économie, fait reposer le bien-être à la fois sur la capacité d’agir (agency) et sur la satisfaction ressentie (well-being). Le développement consiste à élargir l’ensemble des capacités (ou capabilities, possibilités pour un individu d’être et d’agir en fonction de ses propres objectifs et de ses valeurs) accessibles à un individu et donc la palette de choix de vie désirables accessibles à l’homme. Il propose une vision multidimensionnelle du développement, centrée non pas sur la croissance économique ou sur l’augmentation monétaire mais sur l’extension de la liberté réelle pour les hommes de se réaliser.

Cette dernière approche aurait pu être l’approche dominante, la définition inaugurale du rapport Brundtland se référant aux besoins ET aspirations (terme qui a d’ailleurs disparu dans la traduction française) des générations actuelles et futures. Il est donc bien question des êtres humains et de leur bien-être.

Pour réconcilier les deux termes, Paul-Marie Boulanger propose une quatrième approche, l‘approche normative, qui accorderait une importance équivalente à la durabilité et au développement. De ce point de vue serait considéré comme développement durable toute forme « d’action sociale satisfaisant des normes ou des procédures ». Il cumule les exigences d’efficacité, d’efficience et de viabilité des institutions internationales financeurs de projets de développement, aux exigences de participation (la participation ne peut se résumer au droit de vote, ce qui implique que le citoyen ait les moyens de faire entendre sa voix dans toutes les décisions susceptibles de l’affecter, à tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris l’économique) et de liberté du volet développement et à celles d’équité, de prudence et de résilience pour le volet durabilité.

L’approche normative présente l’avantage de focaliser sur les acteurs, les projets et les politiques de développement et de se recentrer sur les véritables fondements de l’idée de développement durable, à savoir les exigences de justice et d’équité. 

 

LE DEVELOPPEMENT DURABLE EN SONDAGE

mercredi, novembre 5th, 2008

Si un sondage IPSOS datant de 2005 montrait que seuls 4 français sur 10 avaient une idée précise de ce que recouvrait l’expression « développement durable », il semblerait que désormais le développement durable ne soit plus un concept abstrait selon l’étude réalisée par TNS Sofres en avril 2008.

Pourtant le concept a semble-t-il perdu l’équilibre.

En 2005 les français interrogés envisageaient le développement durable dans une dimension très « globalisante » et accordaient presque autant d’importance à chaque dimension, avec une légère préférence pour la dimension sociale (pour 35% d’entre eux c’est ce qui prime dans le développement durable), avant la dimension environnementale, citée par 32%, et la dimension économique citée par 29%.

Aujourd’hui, lorsque l’on demande ce qu’évoque le développement durable, 84% des personnes interrogées citent « la préservation de l’avenir, des générations futures », expression très large qui pourrait englober toutes les dimensions. Mais pour 79% de l’échantillon cette notion est aussi synonyme de préservation de l’environnement et des ressources naturelles, alors que 18% seulement considèrent que le développement durable évoque la préservation d’un équilibre social et seuls 13% citent le développement économique et commercial.

Sans doute la formulation des questions n’est pas neutre dans les orientations. Le questionnaire de 2005 précisait la « dimension sociale » comme la prise en compte des notions de solidarité et de cohésion sociale dans les domaines comme la santé, le logement ou l’éducation, alors que celui de 2008 parle de « préservation » d’un équilibre social…A la faveur des campagnes écologistes, du Grenelle de l’environnement, la notion de développement durable s’est largement diffusée, mais s’est focalisée sur les enjeux environnementaux.

Cette préoccupation rend les français plus attentifs aux enjeux environnementaux, infléchit les comportements et modifie les pratiques. Des gestes quotidiens pour participer activement à la préservation de l’environnement sont cumulés : trier et recycler les déchets, ne pas gaspiller l’eau du robinet, limiter l’utilisation des sacs plastiques, rapporter des piles usagers, prendre des mesures pour économiser l’énergie, arrêter d’utiliser des produits toxiques… Quelques freins persistent pour moins utiliser la voiture et boycotter les entreprises qui polluent, mais pour ce dernier point seule l’idée manquait puisque 45% ne le font pas encore mais déclarent être prêts à le faire.

Au-delà de ces évocations plus de trois-quarts des personnes interrogées considèrent qu’il s’agit d’une idée qui a de l’avenir, les 15-24 ans se montrant particulièrement enthousiastes (81% pour 77% en moyenne).

Sondage 2008 http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/030408_ddurable.htm

Sondage 2005 http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1739.asp

de l’EEDD à l’EDD

vendredi, juin 27th, 2008

Introduite à la rentrée 2004 (BO n° 28) dans la formation initiale de tous les élèves, l’Education à l’Environnement pour un Développement Durable l’EEDD élargit son champ en 2007 à de nouvelles problématiques et à de nouveaux thèmes pour prendre pleinement en compte les trois volets – environnemental, économique, social – qui fondent le développement durable. Inscrite dans le cadre mondial voulu par l’Organisation des Nations unies : “la Décennie pour l’éducation au développement durable”, elle s’appelle désormais EDD, Education au Développement Durable. La circulaire n° 2007-007 du 29 mars 2007 (BO n° 14) mentionne le développement durable comme un moyen de “comprendre l’unité et la complexité du monde”. Cela implique de développer le travail entre les disciplines et les approches croisées pour comprendre un phénomène par nature complexe.
 Chaque discipline contribue, par ses contenus et ses méthodes, à construire les bases permettant de mettre en place les concepts liés au développement durable dans ses différents volets, environnemental, économique, social et culturel ; le croisement de ces apports disciplinaires permet d’en construire une approche globale. 
Cette circulaire incite à recourir aux dispositifs susceptibles de favoriser les travaux transversaux ; comme les thèmes de convergence et les itinéraires de découvertes au collège, les travaux personnels encadrés et les projets personnels à caractère professionnel, au lycée.

De tels dispositifs n’existent pas pour la classe de seconde, aussi la construction d’un projet pourrait constituer le cadre pour cette analyse croisée afin de former à une démarche scientifique et prospective. 

Pourquoi parler de développement durable ?

jeudi, juin 26th, 2008

Diaporama réalisé en guise d’introduction au projet des élèves de la classe de seconde du lycée français de Hanoi :

Histoire de

jeudi, juin 26th, 2008

Marlène Jaulin, géographe consacre un blog à la géo environnement. Elle repositionne le développement durable entre « social et environnement« et retrace l’itinéraire du concept.Déjà proches par cette approche qui attribue un rôle de premier ordre aux sciences humaines, nous avions, avec l’équipe du projet DD du lycée français de Hanoi, également identifié les grandes étapes de la prise de conscience internationale, dans une version plus schématique, ne sachant à l’époque que nous nous compléterions… 

Sustainable development

mercredi, juin 25th, 2008

« Notre avenir à tous » titre le rapport de la Commission mondiale de l’environnement et du développement, appelé rapport Brundtland, pour introduire une croissance ayant comme perspective le respect des générations futures. Le terme « sustainable development » est ainsi défini en 1987 :

« Le développement durable est un mode de développement ayant pour objectifs de satisfaire les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

Deux concepts sont inhérents à cette notion : celui de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité,

et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Sustainable/soutenable

Parfois le terme « soutenable » sera utilisé pour mettre en évidence le fait que notre environnement puisse supporter le long terme

Sustainable/durable

Les tenants du terme durable préfèrent insister sur la cohérence entre les besoins et les ressources globales de la terre sur le long terme, plutôt qu’une recherche de limite jusqu’à laquelle la terre sera capable de nous supporter sans dommages. C’est cet aspect qui a été retenu en France.

 Le concept de développement durable impose de prendre en compte : 

  • Les différentes échelles de temps et d’espace : du local à la planète
  • Les différentes composantes de l’environnement : physiques, chimiques, biologiques, sociales, économiques, culturelles
  • Le principe de responsabilité de chacun et le principe de solidarité