Le comportement de la “Google generation”

22 01 2008

Ils sont nés après 1993 et ont donc grandi dans un univers où du plus loin qu’ils s’en souviennent Google a toujours existé. Francis Pisani mentionne dans son excellent blog une étude réalisée pour le compte de la British Library. Il en retient notamment quelques éléments rassurant du type “Autre mythe dégonflé: leur manque de respect pour l’autorité. Ils accordent en fait “plus d’importance à leurs professeurs, parents et livres de classes qu’à l’internet” quand ils font des recherches.” Le document est assez long, mais je vous incite à y jeter un coup d’oeil, les études sur le comportement d’une génération qui se construit intellectuellement avec d’autres outils méritent toujours le détour. Celle-ci tend à démontrer que les moteurs de recherche sont une véritable menace pour les bibliothèques sans pour autant constitué une panacée dans les capacités de recherche et d’analyses des ados…

Pour faire travailler vos neurones, lancez vous dans l’analyse du graphique ci-dessous :

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Nouvelles régulations de l’accès à la connaissance

5 01 2008

Ou “réflexions sur le caractère démocratique de la révolution en cours”.

Dans les sociétés de tradition orale, l’accès à la connaissance n’était sans doute pas un problème eu égard au petit nombre de personnes concernées. Accéder à la connaissance revenait sans doute à être en contact avec les dépositaires d’une mémoire orale.

Des débuts de l’écriture à l’invention de l’imprimerie, la problématique n’était guère plus complexe (il me semble). Ceux qui savaient lire et ceux qui savaient écrire étaient peu ou prou les mêmes.

L’invention de Gutemberg introduisit une disjonction entre le nombre des producteurs de savoir et ceux qui pouvaient en bénéficier. Brusquement s’est posé un problème de régulation. Qui disposerait de ce nouveau pouvoir : mettre à la disposition d’un grand nombre une information, un savoir. Je ne suis pas historien mais, il me semble que la question fut rapidement tranchée par la mise en place d’une censure royale. Le nouveau pouvoir resterait sous contrôle d’un seul.

Avec la Révolution et l’évolution des techniques de diffusion, le système de censure royale pris l’eau. L’invention de l’édition peut s’apparenter à la mise en place d’une censure de type aristocratique. Depuis d’Alembert, le pouvoir central délègue à un petit nombre le pouvoir de publier. Ce pouvoir s’accompagne d’une responsabilité, celle du directeur de publication, de l’éditeur dont les tribunaux se feront forts de sanctionner les manquements à sa co-responsabilité dans le maintien de l’ordre public (ou moral parfois). Ainsi l’édition est-elle le produit d’une nécessité politique de contrôle faisant face à une évolution technologique ayant rendu caduque le mode de régulation antérieur.

Les éditeurs de contenu quelque en soit le support (livre, magazine, journal, disque, émissions de radio) forment donc une aristocratie, fière de ses prérogatives, convaincue du bien fondé de sa mission : rendre accessible, publier ou diffuser, ce qui doit l’être au nom du bien commun. Mais ce mode de régulation n’est pas une nécessité morale, il est le produit d’un paradigme technologique où le contrôle central n’est plus possible mais où un contrôle reste nécessaire économiquement.

Dans le paradigme des supports de diffusion matériels, une nécessité économique fait loi. En deçà d’un certain seuil de vente, le talent n’existe guère. Un ouvrage à moins de 2 000 exemplaires de potentiel de vente sera rarement publié. La régulation aristocratique de la diffusion des contenus répond aussi à une nécessité économique, faire le tri en fonction du potentiel de couverture des frais de production. C’est cette dure loi qui fît sans doute que Proust se vit refuser son manuscrit mais que Claire Chazal vit le sien accepté.

Puis survint l’Internet. Disons il y a deux ou trois ans guère plus. Nouvelles technologies et donc remise en cause du paradigme de régulation aristocratique. Dans ce monde immatériel, une véritable nouveauté : la contrainte économique n’est plus. Nous avons tous du talent (youpi !!). Plus exactement le coût de diffusion marginal d’un contenu sur Internet est nul. Une fois l’adsl déployé, l’open source largement utilisé, il ne coûte plus rien de produire et diffuser, pour peu que l’on veuille bien faire don de son temps. Youtube pour la vidéo, Myspace pour la musique et leWebPédagogique pour la connaissance (;-)). La double contrainte politique et économique qui servait de soubassement à l’aristocratie des diffuseurs de contenu a disparu de ce monde virtuel.

Il en est fini dès lors des aristocrates. C’est autre mode de régulation qui prend place dont la nature me semble démocratique avec ce que cela emporte de puissance pour le meilleur et pour le pire. Puisque tout le monde peut diffuser la nouvelle question devient : “qui sera vu, lu ou entendu”. Quels seront les nouveaux faiseurs de roi ? Les aristocrates vous réponderont : “Nous car nous savons distinguer le bon grain de l’ivraie”. Ne leur parlez surtout pas de Claire et de Marcel, ils pourraient le prendre mal. Il me semble que la réalité est (ou sera) tout autre. Regardez qui est le plus vu sur Youtube, le plus téléchargé sur Myspace, le plus consulté sur leWebPédagogique… Non pas celui qu’un artistocrate aura désigné de son auguste doigt mais bien celui qui aura reçu le plus de votes, de recommandations, de liens entrants. La régulation du Web est d’essence démocratique en cela que c’est la conjonction d’actions d’un grand nombre qui est le nouveau pouvoir.

Dés lors les questions qui se posent à nous ne sont pas de savoir si une nouvelle aristocratie doit émerger mais bien de mettre en place des mécanismes régulateurs d’un espace démocratique. Où sont les nouveaux partis, qui les finance, qui les contrôle ? Je n’ai pas la solution … et vous ?


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Les 16-24 ans passent plus de temps sur Internet que devant la télévision

9 12 2007

Les études le montraient déjà pour les Etats-Unis, c’est désormais le cas aussi en Europe, la jeune génération bascule rapidement et surement vers un monde où Internet est le média dominant. C’est en substance ce que l’on peut retenir de l’étude de l’EIAA réalisé par téléphone (ils n’ont pas oser la faire sur Internet seulement ;-)) dans plusieurs pays d’Europe

.Les jeunes passent plus de temps sur Internet que devant la télévision

Pour lire une synthèse de l’étude complète c’est ici.


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Platon, l’écrit, la mémoire et le lien hypertexte

3 12 2007

Je cherchais quelque chose de Platon sur la mémoire et le livre. Je tombe sur un remarquable article de Christian Vandendorpe publié en 2000 dans la revue Le Débat. Il y dresse une courte histoire des grandes révolutions des modes de transmissionsde la connaissance. L’oralité et le travail de mémoire, l’invention de l’écriture puis du livre et vous l’aurez compris, l’apparition de l’hypertexte, de l’indexation intégrale des corpus.

Extrait :

Dès le départ, il dut y avoir chez les Anciens, les sages de la Cité, la sensation d’avoir été dépossédés de quelque chose d’essentiel, qui était jusqu’alors l’apanage de la seule expérience. Grâce à l’écriture, de jeunes scribes pouvaient en effet accéder à un savoir complexe sans passer par les longs processus d’apprentissage et de mémorisation préalables. Bien loin d’asservir, l’écriture se révélait une technique de libération, étendant le pouvoir de l’individu bien au-delà des contingences de temps où le hasard l’avait jeté.

Ce sentiment de dépossession me semble au coeur de la réaction de bien des artistocrates de l’édition. Ne plus posséder seul le pouvoir de publier.


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Les trois temps de la recherche d’information

19 06 2007

 

Essai1

Lu sur le blog de Francis Pisani, journaliste indépendant et blogueur pour le Monde

Une bonne partie de l’histoire du web peut être contée, selon lui, avec les réponses à la question “comment les usagers trouvent-ils les informations dont ils ont besoin?

Nous avons commencé par “feuilleter” (browse) grâce aux suggestions de Yahoo. Aujourd’hui nous “cherchons” (search) avec Google. Demain nous pourrions fort bien “partager” (share) sur Facebook. C’est un filtre éventuellement utile face à l’excès d’information et il repose sur la confiance.

Lire l’article dans sa totalité ici.

Pile poil ce que nous cherchons à faire avec les contenus éducatifs…


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Internet et les richesses des nouveaux médias pour les enfants

2 06 2007

J’ai eu le plaisir d’animer hier une petite conférence dans le cadre du KidExpo sur le thème “Internet et les richesses des nouveaux médias pour les enfants”. Olivier Gérard de l’UNAF, Pierre Perez de la Délégation aux Usages de l’Internet et Pascale Furbeyre de Yahoo se sont aimablement prêtés au jeu des questions / réponses. Je suis bien décidé à donner un prolongement à ces échanges pour notre rubriques Entretiens mais permettez moi de partager deux ou trois idées évoquées hier…

D’abord les faits, Internet commence sans doute à devenir une réalité pour les enfants dès 6 ans. A dix ans, la moitié d’une classe d’âge serait déjà devenue internaute. Une fois adolescent, le taux de pénétration de l’Internet serait supérieur à 80 %, la Net Generation est là !

Que faire en tant que parents pour permettre une bonne appropriation de l’Internet, un usage raisonnable et utile ? La réponse de l’Unaf par la voix d’Olivier Gérard semble de bon sens : rester de bons parents. Dans le monde physique, on incitera un enfant à se méfier d’un inconnu, sur la Toile il en va de même. Eduquer un enfant c’est par exemple lui apprendre à ne pas insulter ou diffamer, sur le net rien de différent. Le point clef du raisonnement d’Olivier est qu’il n’est pas nécessaire d’être techniquement aussi au point que ses enfants sur le net pour les aider à adopter les bons comportements. La responsabilité des fournisseurs de service est également en jeu. Pascale Furbeyre qui présentait sur la salon le nouveau service Yahoo Kids, a rappelé que la simplicité des outils, leur conception pour un usage dès le plus jeune âge faisait partie des efforts à fournir pour permettre une bonne appropriation de cet espace.

Sur la dimension prospective, les intervenants se sont accordés à considérer que l’Internet comme média est parvenu à une forme de maturité technique avec notamment l’arrivée du haut débit. Une nouvelle phase semble donc s’ouvrir, entièrement consacrée aux développements d’usages nouveaux. Pierre Perez a notamment souligné un point au quel je ne saurais que souscrire : l’ère des individus, regroupés autour de communautés, semble s’ouvrir. Le temps des personnes morales dominant l’espace public se terminerait, celui des individus responsables et coopérant entre eux sur la Toile s’ouvre…

Voilà pour quelques idées intéressantes à mon sens que je ne suis pas certain de retranscrire correctement cependant. Non décidément des petites interviews vidéos s’imposent…

A suivre …


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