Collection Pinault à Venise

4 11 2009

Cindy Sherman/Jeff Koons

Nouvel accrochage de la collection Pinault à La Douane de Mer reconstruite par l’architecte Tadao Ando ainsi qu’au Palazzo Grassi.

Les pièces et l’accrochage dans le premier lieu sont particulièrement bien mis en valeur. Il paraît que le maître des lieux a veillé à la scénographie. Même si le visiteur sent que les différents achats des oeuvres appartiennent plus au star system de l’art contemporain qu’au coup de coeur du simple collectionneur, la scénographie a le mérite de questionner.

C’est le cas de l’espace où se trouve les dernières photographies de Cindy Sherman qui se confrontent à la sculpture en marbre de Jeff Koons. On voit pourquoi les deux types de travaux ont été mis ensemble mais le kitsch que Sherman pratique dans ses photos n’est pas vraiment le même que celui de Koons.

Si le kitsch du second s’essouffle vite et reste une critique vide, le kitsch de la première prend des allures surréalistes voire étranges même si les deux parlent de la bourgeoisie ou des nouveaux riches.

Koons nous montre une sorte de miroir de ce monde alors que Sherman nous fait voir une forme de monstruosité dans le dédoublement d’une femme ultra maquillée et branchée.

A bientôt,

d’autres photographies sur www.parismatch.com

Adeline Besson



Rivalités à Venise

2 11 2009

Exposition réjouissante au Louvre où notamment les trois grands peintres de Venise au XVIème siècle sont véritablement confrontés dans une scénographie simple mais efficace.

Titien

Tintoret

Véronèse

La confrontation la plus frappante est organisée autour d’un thème commun à savoir la fête biblique.

L’aîné des peintres, le Titien, avec les Pélerins d’Emmaüs structure sa composition autour de la longue table: un Christ et un paysage fait ainsi référence à la Cène de Léonard de Vinci. Placés de chaque côté, les pélerins découvrent à qui ils ont à faire. Le Tintoret reprend la thématique dans La Dernière Cène mais c’est par la structure et les poses en arc de cercle des apôtres autour de la table carrée qu’il guide le regard du spectateur vers le Christ auréolé. Chez Véronèse, les Pélerins d’Emmaüs semblent être une synthèse des deux premiers tableaux. La famille du commanditaire structure une composition autour du Christ bénissant le pain. La composition se décentre légèrement sur la gauche pour laisser entrevoir un paysage structuré par une architecture qui fait penser à celui du Titien.

A travers cette confrontation, le tableau du Titien apparaît comme une vision symbolique. Les personnages et les objets sont les éléments d’une composition claire qui fait office d’instant symbolique. A l’inverse, le Tintoret semble plus narratif avec ses apôtres représentés dans des positions baroques. La tableau pourrait être l’une des images d’une narration ancrée dans le quotidien du Christ. Le dernier,Véronèse, mélange symbolique et narratif. Le symbolique se situant sur le Christ en train de bénir le pain et le narratif dans les détails de la représentation de la famille du commanditaire (attitudes, costumes et animaux des personnages).

L’exposition fait aussi son travail en replaçant les peintres dans le contexte de l’époque entre rivalités, confrontations et influences réciproques. L’une des expositions du moment, qui vaut le détour, jusqu’au 4 janvier 2010.

A bientôt,

Adeline Besson



Biennale de Venise 2009

1 11 2009

La Biennale va bientôt se terminer. Mais déjà la plaquette descriptive de la manifestation internationale intitulée “Making Worlds” s’embourbait dans des explications convenues voire culculs. Dès la visite des pavillons nationaux aux Giardini, les artistes montrés sont parfois décédés (Pavillon israëlien) ou archi-vus archi-connus dans le milieu. Le pavillon des Etats-Unis expose d’anciennes oeuvres de Bruce Nauman (la plus récente étant de 2005).

Mais alors que font ces oeuvres dans une Biennale ? Ne seraient-elles pas mieux dans un musée ? Je pensais que l’on devait voir les travaux les plus récents, de là à prendre des risques n’exagérons rien mais au moins fabriquer des oeuvres pour cette manifestation, pour ce contexte ou pour le lieu lui-même.

C’est le cas pour l’installation de Claude Lévêque au pavillon français ou pour le pavillon danois qui réunit plusieurs artistes dans une fausse maison de collectionneurs.

En ce qui concerne le site de L’Arsenale qui est toujours un peu plus intéressant, les oeuvres se succèdent et ne transcendent pas vraiment le visiteur.

Un effort a été produit sur la gestion de l’espace par rapport à la précédente biennale mais au fond pour dire quoi? Oui les artistes expérimentent des formes, interviennent dans des espaces, brassent des signes et des codes mais pour faire quoi ? L’art tourne sur lui-même et se mord la queue. La globalisation, la crise et la société de consommation “c’est pas bien” et alors ?

Le visiteur presque “réac” en vient à apprécier les oeuvres de Miquel Barcelo qui pourtant n’est pas le révolutionnaire de l’année mais qui au moins approfondit au travers de différents médias sa mythologie (à remarquer cette performance filmée où il travaille en costume sur un plateau de glaise avec des pelles, ses pieds et ses genoux).

A bientôt,

Adeline Besson

Crédits photos: “Bruce Nauman” et “Claude Lévèque” sur le site officiel de la biennale www.labiennale.org ; “Miquel Barcelo” sur son site officiel www.miquelbarcelo.info



Exposition et colloque (juste un peu d’autopromo)

1 04 2009

Pour plus d’infos sur le sujet: voir le site du Tigre



La Journée de la jupe: une catharsis pour l’éducation

22 03 2009

La journée de la jupe

Arte a battu des records vendredi soir en terme d’audience pour ce film de Jean-Paul Lilienfeld qui condense à lui tout seul beaucoup de problèmes liés à l’éducation, au sexisme et à la cité. Le scénario renverse les rôles. Ici, c’est Sonia (Isabelle Adjani) professeur de français qui pète les plombs par un concours de circonstances et s’empare de l’arme du caïd de la classe. Le choc est brutal et il agit comme une catharsis pour les élèves qui sont restés dans le théâtre.

Tous les mécanismes sont mis à nu par le réalisateur.

A l’intérieur du théâtre, c’est  la difficulté d’enseigner, le racket du caïd, le viol d’une des élèves, le traumatisme d’une autre qui a vu sa mère de se faire tuer par des islamistes en Algérie…

A l’extérieur, c’est la lâcheté du principal (Jackie Berroyer) qui a démissionné depuis longtemps mais aussi de certains enseignants qui justifient l’attitude agressive des élèves et c’est encore le ministre de l’éducation qui hésite entre négociation ( Denis Podalydès) et répression (Yann Colette) pour finir dans un bain de sang…

C’est à y bien réfléchir l’arme, passant de main en main, qui sert d’électrochoc à ce condensé de questions sans brosser tous le monde dans le sens du poil.

A voir au cinéma le 25 mars.

A bientôt,

Adeline Besson



“Quand le couloir devient fantastique” 2

15 03 2009

“Rebelote” pour deux nouvelles classes de 4ème. On ne change une proposition qui gagne: cette fois les élèves devaient proposer deux projets sous forme de dessin avant de passer à la réalisation.

Voici les travaux photographiés par les élèves

Installation d’Imen, Mathieu et Zacharia

Installation de Sanah et Sonia

Installation de Stéphane, Philippe et Reyad

Installation de Brian, Donglin, Marc, Oguzhan et Medhi

Installation de Sundes et Jessica

Installation de Guillaume

Installation de Yanis et Mansour

Installation de Yousra et Samar

Installation d’Amra, de Madeleina et de Silemane

Installation de Hammet

Installation d’Ismaël


Installation de Ghilas

Installation de Nesrine, Niluxi et Ilan

Cette année, les élèves se sont généralement portés sur des personnages. Certains d’entre eux ont repris l’esprit des personnages qu’ils avaient réalisé en cinquième, pas avec la même proposition ni avec les mêmes cadrages.

A bientôt,

Adeline Besson



Quelques vanités

13 03 2009

Crâne de Jan Fabre

Après avoir fait le bilan au tableau des procédés techniques (pochoir, aquarelle) des moyens ( photographie, peinture, dessin) et des processus ( série, suite) utilisés depuis le début de l’année scolaire en troisième, j’ai affiché au tableau une photocopie couleur de la sculpture de Jan Fabre intitulée Crâne (2001) en plastique, scarabées et carapaces. Passés le dégoût et les questions techniques (naturalisation) sur la fabrication de l’oeuvre, j’ai fait un rapide rappel historique sur le genre de la vanité.

Puis j’ai donné l’intitulé du travail, à savoir “donnez votre vision personnelle de l’oeuvre de Jan Fabre en utilisant tout ce que vous avez travaillé depuis le début de l’année”. Mais je voulais qu’ils réfléchissent avant de se lancer bille en tête dans une réalisation. Les élèves devaient me présenter un projet sous forme de dessin (d’esquisse).

Voici quelques travaux d’élèves de 3ème

Travail d’Amira, de Carole, de Mégane et de Quentin

Cette photographie de Pedro Meyer, Têtes de mort en sucre me semble intéressante pour comparer les représentations des élèves et les oeuvres des artistes qui sont plus proches de la présentation. Jan Fabre utilise des techniques réalisées avec de vrais animaux et Pedro Meyer fait un gros plan du réel sur des pratiques liées à la Fête des morts pratiquée au Mexique notamment.

A bientôt,

Adeline Besson



Formations Artistiques

9 03 2009

Télérama vient de sortir un livret sur les formations artistiques.

couverture du livret

Sur le site de Télérama, une bonne partie des formations après le BAC sont mentionnées dans toute le France et ailleurs notamment pour le monde de la mode (dans le livret). Bref, le site constitue une bonne base pour éviter les pièges d’une orientation qui en étant très spécialisée, reste très ouverte à tous les métiers autour de l’art ( arts plastiques, mode, design et autres arts appliqués ou même l’enseignement).

A bientôt,

Adeline Besson



La méthode d’Hector Obalk

7 03 2009

portrait du critique et de l'historien

Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission J’ai mes sources” de Colombe Schneck.

On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à-dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

livre

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.

Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : “Il décèle les mots derrière les images”. Certes,  la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.

Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.

A bientôt,

Adeline Besson



Mika Rottenberg à La Maison Rouge

2 03 2009

image issue d'une vidéo-installation

La jeune artiste présente une exposition monographique de ses installations, mélange de vidéos et de sculptures. Son travail vidéo contraste avec celui d’Andy Warhol, présenté lui aussi à la Maison Rouge. La fascination pour la société du spectacle chez le pape du Pop Art apparaît dérisoire après avoir vue le travail de Rottenberg. L’artiste prend pour modèle l’Amérique des petits employés, du travail à la chaîne alors que Warhol s’intéresse aux peoples des années 80. La première installation-vidéo semble être déconnectée de la réalité mais dans la deuxième, bien vite les personnes miment une réalité issue de la société de consommation. L’absurde pointe vite son nez et on se surprend à rire. Les gestes répétitifs des corps confinés dans des espaces étroits oscillent entre dégoût et érotisme. On pense quelquefois au rapport au corps et aux objets des films de Matthew Barney. Dans Dough (2005-2006), le spectateur est installé dans un espace restreint pour regarder une chaîne de production faisant fabriquer de la pâte par des femmes confinées dans des “box”.

Une preuve encore que l’on peut dénoncer les travers de la société de consommation sans idéologie en utilisant le ressort de l’absurde et sans tomber dans la fascination.

A bientôt,

Adeline Besson