Exposition et colloque (juste un peu d’autopromo)
Pour plus d’infos sur le sujet: voir le site du Tigre
Pour plus d’infos sur le sujet: voir le site du Tigre

Arte a battu des records vendredi soir en terme d’audience pour ce film de Jean-Paul Lilienfeld qui condense à lui tout seul beaucoup de problèmes liés à l’éducation, au sexisme et à la cité. Le scénario renverse les rôles. Ici, c’est Sonia (Isabelle Adjani) professeur de français qui pète les plombs par un concours de circonstances et s’empare de l’arme du caïd de la classe. Le choc est brutal et il agit comme une catharsis pour les élèves qui sont restés dans le théâtre.
Tous les mécanismes sont mis à nu par le réalisateur.
A l’intérieur du théâtre, c’est la difficulté d’enseigner, le racket du caïd, le viol d’une des élèves, le traumatisme d’une autre qui a vu sa mère de se faire tuer par des islamistes en Algérie…
A l’extérieur, c’est la lâcheté du principal (Jackie Berroyer) qui a démissionné depuis longtemps mais aussi de certains enseignants qui justifient l’attitude agressive des élèves et c’est encore le ministre de l’éducation qui hésite entre négociation ( Denis Podalydès) et répression (Yann Colette) pour finir dans un bain de sang…
C’est à y bien réfléchir l’arme, passant de main en main, qui sert d’électrochoc à ce condensé de questions sans brosser tous le monde dans le sens du poil.
A voir au cinéma le 25 mars.
A bientôt,
Adeline Besson
“Rebelote” pour deux nouvelles classes de 4ème. On ne change une proposition qui gagne: cette fois les élèves devaient proposer deux projets sous forme de dessin avant de passer à la réalisation.
Voici les travaux photographiés par les élèves
Installation d’Imen, Mathieu et Zacharia
Installation de Sanah et Sonia

Installation de Stéphane, Philippe et Reyad

Installation de Brian, Donglin, Marc, Oguzhan et Medhi
Installation de Sundes et Jessica
Installation de Guillaume

Installation de Yanis et Mansour

Installation de Yousra et Samar
Installation d’Amra, de Madeleina et de Silemane
Installation de Hammet
Installation d’Ismaël
Installation de Ghilas

Installation de Nesrine, Niluxi et Ilan

Cette année, les élèves se sont généralement portés sur des personnages. Certains d’entre eux ont repris l’esprit des personnages qu’ils avaient réalisé en cinquième, pas avec la même proposition ni avec les mêmes cadrages.
A bientôt,
Adeline Besson
Après avoir fait le bilan au tableau des procédés techniques (pochoir, aquarelle) des moyens ( photographie, peinture, dessin) et des processus ( série, suite) utilisés depuis le début de l’année scolaire en troisième, j’ai affiché au tableau une photocopie couleur de la sculpture de Jan Fabre intitulée Crâne (2001) en plastique, scarabées et carapaces. Passés le dégoût et les questions techniques (naturalisation) sur la fabrication de l’oeuvre, j’ai fait un rapide rappel historique sur le genre de la vanité.
Puis j’ai donné l’intitulé du travail, à savoir “donnez votre vision personnelle de l’oeuvre de Jan Fabre en utilisant tout ce que vous avez travaillé depuis le début de l’année”. Mais je voulais qu’ils réfléchissent avant de se lancer bille en tête dans une réalisation. Les élèves devaient me présenter un projet sous forme de dessin (d’esquisse).
Voici quelques travaux d’élèves de 3ème
Travail d’Amira, de Carole, de Mégane et de Quentin
Cette photographie de Pedro Meyer, Têtes de mort en sucre me semble intéressante pour comparer les représentations des élèves et les oeuvres des artistes qui sont plus proches de la présentation. Jan Fabre utilise des techniques réalisées avec de vrais animaux et Pedro Meyer fait un gros plan du réel sur des pratiques liées à la Fête des morts pratiquée au Mexique notamment.
A bientôt,
Adeline Besson
Télérama vient de sortir un livret sur les formations artistiques.
Sur le site de Télérama, une bonne partie des formations après le BAC sont mentionnées dans toute le France et ailleurs notamment pour le monde de la mode (dans le livret). Bref, le site constitue une bonne base pour éviter les pièges d’une orientation qui en étant très spécialisée, reste très ouverte à tous les métiers autour de l’art ( arts plastiques, mode, design et autres arts appliqués ou même l’enseignement).
A bientôt,
Adeline Besson

Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission “J’ai mes sources” de Colombe Schneck.
On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à -dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.
Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : “Il décèle les mots derrière les images”. Certes, la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.
Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.
A bientôt,
Adeline Besson
La jeune artiste présente une exposition monographique de ses installations, mélange de vidéos et de sculptures. Son travail vidéo contraste avec celui d’Andy Warhol, présenté lui aussi à la Maison Rouge. La fascination pour la société du spectacle chez le pape du Pop Art apparaît dérisoire après avoir vue le travail de Rottenberg. L’artiste prend pour modèle l’Amérique des petits employés, du travail à la chaîne alors que Warhol s’intéresse aux peoples des années 80. La première installation-vidéo semble être déconnectée de la réalité mais dans la deuxième, bien vite les personnes miment une réalité issue de la société de consommation. L’absurde pointe vite son nez et on se surprend à rire. Les gestes répétitifs des corps confinés dans des espaces étroits oscillent entre dégoût et érotisme. On pense quelquefois au rapport au corps et aux objets des films de Matthew Barney. Dans Dough (2005-2006), le spectateur est installé dans un espace restreint pour regarder une chaîne de production faisant fabriquer de la pâte par des femmes confinées dans des “box”.
Une preuve encore que l’on peut dénoncer les travers de la société de consommation sans idéologie en utilisant le ressort de l’absurde et sans tomber dans la fascination.
A bientôt,
Adeline Besson
Suite du projet Land Art au Landy avec d’autres réalisations d’élèves….

Projet de Katia
“Mon projet se nommera “HELPING”!
J’ai l’intention de faire des logis en bois, l’isolation se fera avec du liège et du tissu recyclé… bref des matières écologiques de façon à perdre le moins de chaleur possible. En plaçant des plaques solaires, j’espère qu’ils seront indépendants du point de vue énergétique. Avec des plantes, des arbres… le terrain sera moins pollué et cela sera plus agréable à la vue.
A l’intérieur, ce logis sera meublé au minimum (peut-être issue de la récupération pour rester dans le cadre écologique. Ils seront conçus pour une ou deux personnes, les animaux seront tolérés.
Je pense que ce projet sera intéressant à cause des personnes sans domicile fixe, mourantes dans le froid et les conditions dans lesquelles elles sont accueillies dans les centres, cela les aidera à se réintroduire dans la société et laisser la place aux autres.”
Projet d’Imen
“Pour rénover cette parcelle, je me suis d’abord demandée à qui s’adresserait cet espace. Puis, j’ai décidé que cela serait fait pour les artistes qui utilisent la nature. J’ai donc pensé y mettre des bancs qui permettront à toutes les personnes qui ont l’âme artistique ou bien de simples curieux de l’environnement de s’asseoir et de découvrir l’art dans toute sa splendeur et son naturel.
On ajoutera aussi au décor, trois montagnes artificielles et un espace aménagé pour des créations artistiques. Il y aura un grand bac à sable et un espace vert pour la détente.
Je pense que mon projet “Ecoart” sera bien pour Aubervilliers car la ville se positionnera comme une ville qui a le souci de la nature et de l’écologie. De plus, ce projet permettra de révéler les talents artistiques de chacun et la ville par ce lieu aidera les artistes qui débutent à mieux s’exprimer et à démocratiser l’art dans les banlieues. Les artistes qui débutent ici à Aubervilliers pourront avoir un espace pour sublimer leur amour de l’art. Mais aussi pour que les habitants de toutes les communes puissent apprendre des choses sur l’art et venir découvrir un lieu de détente, écologique et artistique.”
A très bientôt pour d’autres projets.
Adeline Besson
La séquence s’est déroulée en quatre étapes.
Je vais tenter de montrer les trois premières étapes du travail.
1ère étape
J’ai demandé aux élèves de “rendre intéressant le terrain vague du Landy” en utilisant les recherches faites en classe sur l’histoire du terrain ( pollution) ou ce qu’il restait sur celui-ci, à savoir des gravats, de la ferraille, des arbres ou la dalle de béton.
Dans un premier temps, j’ai tiré une vue satellite sur “Google Earth” du terrain vague et je leur ai demandé de faire une vue de dessus de leur projet sur ce plan.

2ème étape
Ils devaient faire un texte d’une dizaine de ligne pour expliquer leurs projets et l’envoyer sur mon mail avec le plan en fichier joint ( ce qui permettait de valider un des items du B2I).
3ème étape
L’artiste Jean Paul Ganem m’a envoyé par mail un photomontage représentant le terrain vague vu de face du côté de la rue Emile Augier.
J’ai distribué ce montage aux élèves qui devaient réaliser directement sur le document une vue frontale de leur projet.
3 projets parmi d’autres

Projet de Sian: ” Mon projet est un parc ouvert à tout le monde. Il y aura de la pelouse et des fleurs. Si l’herbe ne peut pas pousser, on achètera de la pelouse en plastique. Une fontaine sera au milieu du terrain et l’eau sera potable pour ceux qui ont soif. Plusieurs bancs seront autour de la fontaine pour s’asseoir. Il y aura une poubelle à chaque bout du parc. Cela donnera un peu plus de beauté dans le quartier. Les bancs seront en bois pour résister à la pluie. Cet endroit sera fait pour se retrouver au calme et réfléchir tranquillement. Il y aura aussi quelques lampadaires pour éclairer la nuit. L’entrée sera interdite aux chiens car ils grattent la terre et cela fait des trous.”
D’autres travaux dans un prochain numéro…
A+
Adeline Besson

Suite du Projet Land Art, je vais tenter de décrire la séquence pédagogique en plusieurs billets.
1. Préliminaires
Le projet fait suite à une séquence sur l’espace réel ou comment l’espace réel peut devenir artistique. C’est à travers l’installation que les élèves ont pu appréhender l’espace de la classe. Les élèves devaient se mettre par groupe de 3 ou 4 et devaient transformer une partie de l’espace de la classe avec une feuille d’aluminium alimentaire ( 20 cm x 2 m).
La première étape devait se focaliser sur la fabrication du travail avec les moyens adaptés à ce type de feuille. La réalisation devait passer par une phase de croquis préparatoires. Elle devait prendre en compte les qualités de la feuille d’aluminium ( sa capacité à modeler une forme, sa légèreté, ses reflets, son opacité, sa couleur argentée faisant penser au métal). La deuxième étape a été la phase d’installation, à savoir comment transformer l’espace de la classe avec leur réalisation ? (photos dans les prochains jours)
2. Mise en oeuvre
Le projet Land Art a pris la suite de cette séquence car mon intention était de faire intervenir les élèves, toujours dans un espace réel mais cette fois à l’échelle de la ville d’Aubervilliers. Le terrain vague reste encore un mystère. Après quelques recherches aux Archives d’Aubervilliers et à l’Urbanisme, j’ai vite compris que la parcelle était très polluée depuis le début du XXème siècle; et le quartier a été le lieu d’une double histoire, celle de l’industrialisation et de l’immigration.
La toute première étape du projet a été de rassembler les différentes informations et d’en livrer quelques échantillons aux élèves sous forme de carte, de plans de bâtiments et de lettres de plaintes à la Préfecture. Les élèves devaient repérer sur la carte la situation du terrain, rassembler les différentes pièces de deux plans d’usine et lire quelques plaintes d’habitants lorsque la maire d’Aubervilliers se nommait Pierre Laval. Bref, le travail débutait par un travail de recherche historique.
La deuxième étape a été de parler du travail de Jean-Paul Ganem qui allait intervenir sur le terrain en observant deux autres artistes pratiquant le Land Art. Par groupe, les élèves devait comparer une oeuvre de Nils-Udo et une autre de Christo.

A partir d’un questionnaire, les élèves ont compris que l’on pouvait utiliser la nature de deux manières différentes. A l’oral, nous avons pointé ces différences. Dans le cas de Nils Udo, il s’agit de collecter les matériaux sur le site (branches). Dans celui de Christo, il s’agit d’amener une matière extérieure artificielle au site plastique rose). Dans les deux cas, la nature était sublimée par le geste artistique.
Pour conclure, j’ai repris la démarche de Ganem en montrant qu’il n’intervenait pas sur une nature idéalisée ressemblant au Jardin d’Eden mais sur des sites qui étaient oubliés par l’homme. Soit parcequ’ils sont utilisés à des fins purement utilitaires comme chez les agriculteurs en Dordogne (on en oublie presque que ce travail peut être poétique visuellement) ou soit parce qu’ils font office de décharges comme au Canada.
A bientôt pour la suite des aventures…
Adeline Besson