Wagner au regard des arts plastiques

28 10 2007

La Cité de la Musique propose une exposition très pédagogique qui donne à voir l’appropriation que les artistes souvent plasticiens ont fait de l’oeuvre de Wagner: « Richard Wagner – Visions d’Artistes ».

Le parcours est chronologique, il va de 1840 à nos jours. Le spectateur alterne entre les opéras de Wagner et les oeuvres visuelles des différents artistes. Ce que n’aurait pas renié Wagner lui-même car il ne voyait pas les arts plastiques autonomes sans le secours de l’opéra pour les mettre en scène. En d’autres termes, il croyait au concept d’art total, en allemand la gesamtkunstwerk.

Mais ce qui fascine les nombreux artistes qu’ils soient musiciens ou plasticiens c’est le caractère d’une musique très visuelle. Les premières oeuvres alternent entre romantisme allemand et symbolisme français.

Parsifal Parsifal

Deux manières d’interpréter Parsifal, l’un spectaculaire grandiloquant de Jean Delville (1890) et l’autre perdu et inquiet d’Odilon Redon (1892) qui révolutionna l’art graphique du pastel en son temps. Je vous invite d’ailleurs à aller faire un petit tour du côté au cabinet d’art graphique du Musée d’Orsay.

Ou bien un art contemporain qui ne fait pas que utiliser Wagner mais qui fait rentrer l’art vidéo dans l’oeuvre du compositeur comme les « tableau vidéos » de Bill Viola. Un seul reproche l’oeuvre n’est pas contextualisée car Viola a joué le scénographe pour un opéra de Wagner.

Tristan et Yseult Vidéo dans l'exposition
Et d’autres qui utilisent l’oeuvre de Wagner comme ils respirent: l’artiste Anselm Kiefer s’approprie le vocabulaire de Wagner comme un des éléments de l’ inconscient collectif allemand. Cet inconscient se mélange avec la Shoah et l’utilisation littérale qu’en on fait les nazis à un moment donné.

Les oeuvres de Kiefer sont à l’honneur au Louvre car l’Etat français a fait une commande à l’artiste.

Bref une exposition a découvrir sur le blog d’Hugo (le jardin des retours).

Consultez aussi le site Richard Wagner, Visions d’artistes.

A bientôt,

Adeline Besson



Qu’est-ce que l’art contemporain?

25 10 2007

Mathieu Mercier

Pour répondre à cette question ô combien difficile car l’art contemporain est multiple, une interview de Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la ville de Paris.

Celle-ci est parue sur le site des Echos, journal d’analyse économique qui parle aussi bien de culture et d’art que les autres médias…

En ce moment, une exposition de Mathieu Mercier dans ce même musée.

A bientôt

Adeline Besson



« Le laboratoire » une initiative ambitieuse

23 10 2007

Nouveau lieu, nouveau concept mais vrai lieu d’expérimentation. Le laboratoire, c’est le nom de ce lieu à Paris juste en face du Ministère de la Culture. Le concept est ambitieux: à chaque fois deux expositions qui présentent deux manières de produire une interaction entre deux mondes en apparence éloignés. C’est-à-dire l’art et la science.

Vous me direz, ce n’est pas nouveau mais ici le parti pris est clairement annoncé.

Une des oeuvres de Fabrice Hyber

Le premier est un échange entre un scientifique et un artiste: Fabrice Hyber (artiste français reconnu internationalement) + Robert Langer (travaille sur les cellules souches au Mit, Harvard). De cette collaboration naît une scénographie créée par Hyber regroupant plusieurs types de pièces (toiles, volumes, installations).

Bel air de Lehanneur

L’autre est un travail en commun entre un designer et un scientifique: Mathieu Lehanneur et David Edwards (lui-même fondateur du lieu et du concept et scientifique touche à tout).

interview de Fabrice Hyber

La première expérience est clairement une manière de réinterroger un travail artistique au regard d’une démarche scientifique. Le point de départ était de travailler sur la transformation d’une cellule souche et de son développement. Pour reprendre l’explication de la plaquette, « une cellule souche a en elle le potentiel pour devenir n’importe quelle cellule active, cela en fonction de son environnement, des aliments qu’elle reçoit et des informations qui lui sont données. »

L’exposition ou plutôt la propre scénographie de l’artiste apparaît comme un joyeux capharnaüm mais le choix de Fabrice Hyber est plus que bienvenu. Car si le visiteur a du mal à se repérer dans le dédale des toiles, installations et autres volumes, la scénographie est à l’image de la pensée de l’artiste. Car ce que montre Hyber ce n’est pas une illustration de ce qu’il a pu apprendre, comprendre lors des différentes rencontres avec le scientifique mais la manière dont il a digéré par analogies, par métaphores une démarche scientifique qui a priori ne lui est pas familière.

Car contrairement à ce que l’on peut croire le processus scientifique n’est pas si éloigné du processus artistique puisque les deux utilisent l’analogie et autres modes de pensée que la rationalité elle-même. Bruno Latour l’a démontré dans deux ouvrages de référence.

Bruno Latour Bruno Latour

Le médium le plus utilisé par Hyper est le dessin mais ce dessin est à la fois dessein, c’est-à-dire projet.

Download link

La deuxième expérience concrète est celle de Mathieu Lehanneur et David Edwards. Il s’agit de s’appuyer sur les observations scientifiques de la NASA. Suite à de nombreux vols spatiaux, les astronautes sont revenus avec un taux important de composés toxiques dans leur organisme. Ces toxiques sont produits par les matières plastiques, fibres de verre et autres matériaux isolants. Notre habitat est soumis à ces mêmes toxiques. Le film du designer montre que chaque objet respire/expire ces toxiques même plusieurs années après leur production. La NASA a identifié plusieurs plantes qui étaient capables d’absorber ces toxiques.

Le designer propose une grosse capsule qui renferme une de ses plantes. Le Bel-Air aspire et renvoie l’atmosphère d’un lieu afin de filtrer les toxiques. Un film très parlant montre les toxiques qui se dégagent de tous les objets d’une pièce de vie. Leur modélisation sur l’écran correspond à leur déplacement dans l’atmosphère (de la chaise en plastique au canapé).

Bref, deux expériences qui donnent à penser, à réfléchir non seulement sur notre quotidien mais aussi sur les deux processus scientifique et artistique.

Bonne exposition et pour aller plus loin consultez les interviews.

Adeline Besson



Quand la démarche fait corps avec le sujet

22 10 2007

Série Claude Monet

Voici une partie de la série de Claude Monet sur la Cathédrale de Rouen de 1892 à 1894. Le Salon de 1859 coincide avec la disparition progressive du sujet puisque le sujet n’est plus « optiquement restitué ». Il est littéralement effacé mais toujours présent au profit d’un processus créatif plus visible. Les artistes se tournent vers la fabrication de l’image et moins vers le sujet. La grande découverte chez Monet notamment c’est le refus de la « couleur locale ». On considérait à l’époque que chaque objet matériel était doté d’une couleur avec qelques variations. Mais dans le tableau« Impression, soleil levant » de 1872, le peintre montre que chaque chose brille et reçoit de la lumière et donc des couleurs qui changent tous le temps. De plus les lignes de contours sont supprimées, il n’est plus question d’ isoler la forme de ce qu’il l’entoure tant la peinture est complexe. Mais ce qui est vraiment nouveau c’est non seulement de peintre le sujet à toutes les heures de la journée et donc d’introduire par la série la dimension du temps dans l’ espace en deux dimensions. Cette démarche apparaît dans la série des « Meules ». L’obsession du sujet, répété à l’infini permet à l’artiste de travailler le processus créatif.

Ce qui fait dire à Monet que nous n’apprécions pas la réalité en soi mais l’instant unique, une immersion au coeur des sensations. La contemplation statique basée sur un point de vue unique n’est plus il faut se déplacer, s’éloigner, se rapprocher vers la série.

Andy Warhol, Green car crash Electric chair

Autre époque, autre démarche, le fameux Andy Warhol utilise la série dans « les disasters ». Green car crash de 1963 n’est plus fait à la main. Le peintre se sert des moyens de son époque. La sérigraphie est utilisée pour la publicité et reprise par Warhol qui est lui-même un ancien dessinateur publicitaire. Ce procédé mécanique permet d’utiliser la photographie. Mais surtout il met à mal la notion d’original par sa manière de travailler et de reproduire mécaniquement des photographies qui n’appartiennent pas à l’auteur lui-même. L’artiste reporte par la sérigraphie ces images sur la toile lui conférent un statut artistique. Ces productions de masse de l’ère industrielle ont rejoint le monde l’art dans les galeries et les musées. Le principe du « ready-made » de Duchamp est réutilisé avec ces nouvelles images issues de la culture de masse. Ces images stéréotypées, décontextualisées deviennent la métaphore d’une société qui à force d’images de toutes sortes, banalise les faits. Les sérigraphies à force d’être répétées, disparaissent et sont brouillées. Le sujet s’efface au profit d’une démarche qui sappe le concept de l’originalité et du génie du XIX° siècle, seul sur sa montagne. La démarche remet en cause le concept même d’art.

Dans les deux démarches il ne s’agit pas simplement de regarder le sujet mais de le questionner au regard de l’ensemble. Le sujet n’est pas seulement considéré comme l’illustration d’un propos mais il est travaillé de manière quasi-obsessionnelle (en série) pour aboutir à des questions qui dépassent l’art lui-même. Dans l’oeuvre de Monet c’est le temps qui apparaît en filigrane et dans Warhol ce sont les mécanismes de la société médiatique et consumériste.

En d’autres termes, le style ne se résume pas au sujet représenté mais à la démarche. Le processus de la série détermine chez les deux artistes une démarche singulière avec leur contexte social.

La série peut être utilisée pour faire comprendre le principe de la démarche artistique notamment dès la classe de troisième.

Bonne lecture,

Adeline Besson



UBUWEB : qu’est-ce que c’est ?

20 10 2007

Le roi UBU

Le poète Kenneth Goldsmith s’est donné une mission: archiver les sons, les textes et les images des artistes d’avant-garde. Le Monde fait un article à ce sujet.

Une émission anglaise de 1985 sur Francis Bacon avec un générique comme on en fait plus.

Ou encore un film Dada de Marcel Duchamp Anemic Cinema complètement hypnotique de 1926.

Image du Chien Andalou

Et le fameux Chien andalou de Luis Bunuel de 1926.

Et pour finir la rafraîchissante bande sonore de la Description d’un rêve de Robert Desnos de 1938 et aussi bien d’autres oeuvres contemporaines…

Bonne lecture, bonne écoute et bon visionnage sur www.ubuweb.com

Adeline Besson



Prix de la Biennale de Venise 2007

19 10 2007

La 52 ème Biennale d’art contemporain a décerné le Lion d’or (le prix du meilleur artiste ) à Leon Ferrari, artiste argentin pour l’ensemble de son oeuvre.

Leon Ferrari, Lion d'Or Venise 2007

Cette reconnaissance internationale a soulevé des polémiques car plusieurs oeuvres ont été détruites en 2004 lors d’une rétrospective à Buenos Aires au Centre de la Culture Recoleta . L’artiste né en 1928, inaugure l’expostion avec son christ crucifié sur un avion de combat. Il dénonce l’utilisation de la religion au profit de la guerre et c’est autre manière de mettre en lumière les liens entre l’Eglise et l’ancien régime militaire argentin.

Une oeuvre politique donc, c’est l’occasion de revenir sur quelques oeuvres de Ferrari.

Leon Ferrari
Infiernos y idolatrias et bien d’autres oeuvres sont à la fois une charge contre les doctrines religieuses mais elles sont aussi une manière de désacraliser ces mêmes doctrines par l’utilisation des jouets, de figurines populaires tendant à l’ironie voire à la blague potache. L’humour qui transpire de ces pièces conceptuelles ridiculise le pouvoir en général. Car on le sait le pouvoir n’aime pas le ridicule.

La Biennale récompense donc un artiste engagé politiquement.

Pour plus d’informations, consultez le site de Courrier international. 

Adeline Besson



« L’effet Guggenheim » a Bilbao

18 10 2007

Je me souviens de l’année 1997, le Musée venait d’ouvrir. Bilbao venait d’être tout juste remodelée, non seulement avec la présence du Guggenheim mais aussi avec un certain nombre d’immeubles autour de celui-ci. Nous sentions encore l’atmosphère précédent la construction de Frank O.Gehry. La ville devait être une zone de transit, de passage pour les hommes d’affaires.

L’emplacement même du musée se situe entre les berges du fleuve Nervion et d’un ancien dépôt industriel quelque peu délaissé, les portes conteneurs étaient encore visibles, le pont de la Salve et le centre ville. Cette ancienne friche industrielle était à l’image d’une économie basque à l’agonie qui avait fait le pari industriel (sidérurgie et chimie) et qui devait redonner à la région une autre identité.

Les autorités de l’époque ont fait le pari de relancer l’économie de la ville avec l’architecture et avec l’art contemporain.Pendant la construction

Le projet entièrement financé par les caisses publiques basques couvre l’architecture, et la Fondation Guggenheim s’occupe du financement des oeuvres. L’investissement a été remboursé en six ans et encore mieux, le Musée contribue a lui tout seul à une part non négligeable du PIB de la région (1.57 milliards d’euros d’après Le Figaro).

Puis les projets architecturaux s’enchaînent autour du musée:

le métro par Norman Foster

Entrée du métro

le pont de Santiago Calatrava qui unit les deux rives du Nervion

Pont haubané et tournant dans Bilbao Pont haubané et tournant

ainsi que les tours de bureau d’Arata IsozakiTours de bureau d'Arata Isozaki

Bref l’architecture est faite de courbes sinueuses et de titane, de pierre et de verre qui s’intègrent au paysage urbain.

Frank O.Gehry continue sur la voie de l’architecture moderne en proposant des vues multiples au regard des visiteurs. Le spectateur ne peut embrasser l’architecture d’un seul regard, chaque côté de l’édifice est différent.

Mais seule la vue aérienne permet d’appréhender l’ensemble.

L’effet est garanti.

A bientôt

Adeline Besson



L’art contemporain à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration

13 10 2007

L’exposition conçue par la muséographe Lydia Elhabad et le scénographe Pascal Payeur n’a rien de spectaculaire. Elle est le résultat d’un parti pris qui mélange plusieurs types de documents: des documents historiques, géographiques et d’autres personnels ou qui adoptent un point de vue artistique sur les migrations. Ce savant mélange de documents donne une richesse pédagogique à l’ensemble. Du coup le parcours qui pourrait être simplement linéaire (de 1850 à 2000) est plus un butinement entre tous ces documents.

L’art contemporain ouvre un regard personnel sur l’immigration en France et en Europe.

Ce regard est souvent poétique. Les cadrages de Thomas Mailaender en sont un exemple.

Les Voitures cathédrales datées de 2004 , sont le nom que les dockers marseillais donnent aux voitures qui font la traversées pour le Magreb. Le but étant d’amener le plus possible de choses au « bled ». Mais les tirages sont réalisés en chambre, l’artiste élimine le contexte comme dans les photographies des allemands Bernd et Hilla Bercher qui accumulent tout le patrimoine industriel en noir et blanc où l’on ne voit plus que les formes de ces architectures.

De même le photographe parle du transit, de ces kilos de marchandises qui ne seraient plus bonnes en Europe, qui défient le ciel comme des cathédrales.

Karim kAL, Alger

Les photographies Images d’Alger, 2002 de Karim Kal sont imprimées à grand tirage sur grand format et installées comme une marchandise sur une palette. Les images de bleus sont en transit, elles sont peut-être la promesse d’un ailleurs meilleur?

Climbing down 2004

Les oeuvres sont parfois humoristiques et caricaturent la situation précaire du logement. Avec Climbing down, 2004 Barthélémy Toguo donne à voir une situation ubuesque sous la forme d’une installation avec les fameux sacs vendus chez Tati qui viennent se greffer sur la superstructure.

D’autres artistes préfèrent l’aspect à la fois documentaire et personnel de l’immigration. Olivier Jobard suit la parcours d’un jeune camerounais, Kingsley, qui émigre vers l’Europe en proposant une installation photographique comme un journal de bord.

Olivier Jobard

Bonne exposition permanente à La Cité.

Adeline BESSON



Erice/Kiarostami: une exposition jubilatoire

13 10 2007

Victor Erice/Abbas Kiarostami

Image du catalogue

Les expositions établissent rarement des correspondances entre les artistes. C’est le cas pour cette exposition qui a une double entrée: soit l’entrée du cinéaste espagnol Victor Erice soit celle de l’iranien Abbas Kirostami. Mais il y a bien d’autres correspondances , notamment avec le cinéaste Erice et le peintre Antonio Lopez. Erice a conçu un véritable accompagnement pour le visiteur avec du son et de la lumière afin de rompre avec le face à face traditionnel des tableaux de Lopez.

Antonio Lopez, Grande Via
Les tableaux de Lopez ne sont pas loin d’un regard cinématographique.

Le spectateur se laisse bercer de film en film tant la mise en scène de l’exposition est à la fois pensée et poétique de part la nature des oeuvres des deux cinéastes. Au fur à mesure les films se répondent: l’utilisation de l’enfance, du paysage et surtout du temps sont les clefs des films qui plongent le spectateur à l’intérieur de lui-même. Car si les deux points de vue sur le monde sont différents, il reste cette manière de filmer qui dissout le temps et dans un même temps nous le révèle.

Les deux cinéastes nous font prendre conscience d’une contradiction: ce temps à la fois suspendu et qui glisse sans que l’on s’en aperçoive.

A noter une initiative réjouissante de l’Institut de recherche du Centre Pompidou qui approfondit le travail qui a été réalisé lors de cette exposition et qui revient sur les films des cinéastes. Le travail du critique Alain Bergala sur l’utilisation du paysage de Kiarostami et de Erice ainsi que des initiatives pédagogiques en milieu scolaire. Cliquez-ici.

L’exposition se prolonge jusqu’au 7 janvier 2008, allez-y vous ne serez pas déçus.

Bonne exposition,

Adeline BESSON



Un cliché de Nan Goldin saisi par la justice

4 10 2007

Sir Elton John a finalement renoncé à exposer l’installation photographique « Thankgiving » de l’artiste américaine Nan Goldin dans le centre d’art contemporain Gastehead dans le nord est de l’Angleterre puisqu’un des clichés « Klara et Edda faisant la danse du ventre »a été saisie par la police afin d’examiner s’il peut être classé comme une infraction à la législation sur la pornographie infantile.

La démarche de la police reste curieuse car ce cliché avec les autres d’ailleurs est une toute petite partie d’une installation beaucoup plus importante. Donc il n’est pas isolé et il est montré dans un contexte précis où les photographies se répondent les unes avec les autres. D’autre part, l’installation est toujours montrée dans un cadre artistique et non dans les journaux ou sur des affiches publicitaires. Nan Goldin n’a jamais fait la promotion de son style de vie même si ses photographies sont largement autobiographiques et intimes. C’est là toute la démarche de l’artiste: son intimité rejoint parfois notre universel.

Photographies des années 80 Photographies des années 80

De plus, le cliché incriminé date de 1998, et il a été mainte fois vendu dans de grandes ventes aux enchères sans que personne ne proteste pour incitation à la pornographie infantile.

Oui les photographies de l’artiste peuvent déranger car elles montrent une intimité qu’on ne montre pas généralement sur des photos. On assiste parfois à des moments de grâce qui s’apparentent parfois à des tableaux du peintre américain Edward Hopper. Les deux artistes se rejoignent alors pour parler de la solitude. La solitude des grandes villes pour Hopper et la solitude avec les autres pour Goldin.

Guidon on the dock Hopper

Il serait temps de distinguer les images produites dans un contexte précis, appartenant à une démarche artistique et les autres qui appartiennent à la promotion publicitaire.

Bonne lecture,

Adeline Besson