Museum of Jurassic Technology: vrai ou faux ?(suite)

25 11 2007

Et bien oui ce musée existe vraiment et se situe à Los Angeles en Californie.

D’ailleurs rien que le titre du musée est une contradiction à lui tout seul. Le fait d’associer la période du Jurassique et le terme de technologie est une forme d’humour surréaliste.

Oui les radiographies sont bien vraies, mais la fourmi du Cameroun est fausse, par contre la photographie est vraie et c’est une fourmi de Californie qui sent une odeur terriblement dérangeante. (voir l’article précédent)

Dans le musée Dans le musée

Le créateur de ce musée laisse planer le doute même lorsqu’il donne des interviews. David Hildebrand Wilson n’a jusqu’à présent pas trahi son concept. Un film a d’ailleurs été construit autour de la fameuse fourmi: L’accordeur de tremblement de terre. Car en fait il s’agit bien d’un travail d’art conceptuel. Le musée oscille en permanence entre cabinet de curiosité, musée d’histoire naturelle et musée à vocation scientifique. Ce travail n’est pas tout à fait une parodie car le merveilleux y occupe une grande place.

En cela, le musée est assez proche de l’esprit du cabinet de curiosité où les oeuvres de la nature et de l’art se rejoignaient pour offrir au visiteur une grand boîte à tiroirs de la pensée avant que le savoir scientifique c’est-à-dire rationnel ne partage les savoirs en plusieurs diciplines.

On peut encore retrouver ce goût du merveilleux au Quai Branly notamment car beaucoup d’expositions tentent de capter la curiosité des spectateurs par une scénographie mystérieuse. Le merveilleux n’a pas disparu et il est donc une manière de remettre en cause notre façon de penser et de muséifier mais aussi de susciter notre goût pour le merveilleux, à savoir notre goût pour l’analogie.

A bientôt,

Adeline Besson



Que faire de « Mein Kampf » ?

24 11 2007

cOUVERTURE DU LIVRE

C’est la question que l’artiste Linda Ellia s’est posée? Elle a donc confié les pages du livre à d’autres artistes, des inconnus pour faire une oeuvre collective. C’est Simone Veil qui réalise la préface.

Page du livre Page du livre Page du livre

Entre humour ironique, symbolique lourde de sens et dessins griffonnés pour recouvrir le texte, le livre permet de s’approprier ce lourd contenu pour l’humanité…

Pour plus d’informations, consultez le blog du livre.

A bientôt,

Adeline Besson



Après le 11 septembre, comment reconstruire ?

23 11 2007

C’était ce lundi, jour de l’inauguration du nouveau siège du New York Times.

Une tour de 300 mètres, encore un gratte-ciel vous me direz. Oui mais une construction entièrement recouverte d’une gaine faite de panneaux de céramique vitrifiées qui filtre les rayons du soleil et qui distribue la lumière dans l’ensemble de l’établissement.

Cette architecture de la transparence est celle de Renzo Piano, celui qui a construit entre autres le Centre Georges Pompidou à Paris.

vue du New York Times Vue d'en bas du New Yok Times

La transparence et la légèreté étaient devenues taboues après les événements du 11 septembre. L’architecte a su imposer ces notions alors que l’air du temps était au bunker. Renzo Piano dit « qu’il n’y pas de réponse technique au terrorisme islamique » mais la réponse de l’architecte a été de jouer sur un jeu de va et vient entre le spectateur qui voit ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment et les occupants qui voient très bien ce qui se passe à l’extérieur de l’architecture.
La transparence est aussi le maître mot de l’architecte Daniel Libeskind qui s’est fait connaître du grand public par la construction du Musée Juif de Berlin.

Vue de l'entré du Mémorial Vue d'ensemble du mémorial

Le Mémorial dédié aux victimes du 11 septembre, la Freedom Tower, serait un hommage stylisé et abstrait aux bras qui portent la flamme de la statue de la liberté.

Ce que l’on peut retenir, c’est que les architectes ont répondu par la transparence et non la caverne pour reconstruire sur l’emplacement de Ground Zero. Les deux architectes continuent dans la lignée de l’architecture moderne, c’est-à-dire de montrer la structure du bâtiment et de rendre lisible la lecture des constructions.

A bientôt,

Adeline Besson



Damien Hirst: nouvelle installation

22 11 2007

Nouvelle installation

L’artiste reprend sa manière de montrer les choses, c’est-à-dire les présenter dans la nature dans le formaldéhyde (liquide qui conserve les carcasses).

Dans le hall d’un immeuble de Park Avenue, Hirst a installé des carcasses d’agneaux, des perruches, un requin, une carcasse de boeuf, une colombe et 300 saucisses. Cet inventaire entre la chambre froide d’un boucher et l’empaillage d’un musée d’histoire naturelle est intéressante car elle montre bien le besoin depuis les années 60 notamment de ne plus seulement représenter mais de présenter les choses en les proposant dans une installation.

Les références données par l’artiste sont un autre inventaire plus ou moins pertinent.

Dan Flavin pour les tubes fluorescents qui éclairent les vitrines. Andy Warhol pour la notion de répétition. Joseph Cornell pour avoir enfermé des animaux morts. Jannis Kounellis qui utilise des oiseaux dans ses installations. Et René Magritte qui a peint un oeuf dans une cage d’oiseau.

Avec ce bel mêlé d’artistes, on reste perplexe car la démarche va au-delà de cet inventaire un peu ridicule et peu pertinent. Voir l’article sur le blog sur Damien Hirst.

Pour cette installation on pense surtout au « Boeuf écorché » de Rembrandt, daté de 1655 ou « Painting » de 1946 de Francis Bacon.

Rembrandt Francis Bacon

Mais le seul renversement dans l’installation de Hirst c’est l’art de présenter la ou les carcasses et non de la ou les représenter. En d’autres termes, c’est une autre manière de questionner le réel.
Pour plus d’informations, consultez l’article/interview en anglais.

A bientôt,

Adeline Besson



La culture artistique chez les politiques (humeur)

17 11 2007

La lettre de mission de Nicolas Sarkozy adressée à Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, je le rappelle est parue le 1er août 2007 (voir la publication sur La Croix). Le ton général est à la stabilisation du budget de ce ministère mais il s’agit d’assainir les finances.

Voilà pour le ton général, un certain nombre de thèmes sont balayés rapidement et d’autres sont expliqués de manière précise. L’éducation culturelle et artistique à l’école notamment, est mise en avant. Car le ministère ne s’est pas assez appuyé sur l’école. Jusque-là rien de nouveau, il s’agit de (…) « transmettre à tous les élèves les bases culturelles fondamentales leur permettant de connaître et d’aimer l’histoire, la langue et le patrimoine littéraire et artistique de notre pays-condition pour se sentir menbres d’une même Nation (…). »

Cette argumentation se retrouve dans la lettre aux instituteurs de Jules Ferry mais ce qui est vraiment nouveau et qui serait une composante des derniers gouvernements de droite, c’est la création d’un enseignement obligatoire d’histoire de l’art qui serait le support d’une éducation culturelle. Un peu plus loin, on peut lire qu’il faut que les élèves aient une pratique artistique effective.

Si l’on comprend bien il s’agit de détacher l’histoire de l’art de la pratique artistique. Mais l’histoire de l’art est utilisée par les enseignents d’arts plastiques pour valider des connaissances acquises lors d’une pratique artistique ou bien la pratique artistique prend appui sur l’histoire de l’art pour démarrer un travail, non ??? Et c’est sans compter les professeurs d’histoire-géographie qui utilisent l’histoire de l’art, soit pour construire une analyse historique, soit pour réveler la polysémie d’une situation historique car l’oeuvre d’art est polysémique par nature et permet de comprendre certains aspects d’une situation complexe. Et bien d’autres enseignants utilisent l’histoire de l’art mais elle est utilisée dans un contexte particulier, elle ne vient pas comme un cheveu sur la soupe !!! L’histoire de l’art est traversée par plusieurs disciplines et elle est très difficile à enseigner en tant que telle surtout pour des élèves de collège, par exemple.

A l’heure où les sciences sociales se sont propagées dans le grand public, il ne s’agit plus de rajouter un autre domaine qui serait autonome mais au contraire de travailler les diciplines de l’école sous l’angle pluridisciplinaire. Il faut arrêter le « saucissonnage » des matières à l’école qui conditionne les élèves à penser qu’il n’y a pas de convergences entre les matières enseignées. Les TPE aux lycéens
( initiative du ministre de l’époque: Jack Lang) ont été supprimés en terminale. Cette initiative lorsqu’elle était sérieusement menée, permettait de palier à ce état de fait et à préparer les élèves au travail à l’université.

Les gouvernements de gauche (qui n’ont pas le monopole de la culture) ne proposent pas toujours mieux car « l’éducation au goût », cheval de bataille de Lang n’a pas été du meilleur goût justement. Quel goût? Le bon goût ? Le goût des institutions en place ? Mais est-ce que le goût a à voir avec la pratique artistique ? Je montre, j’enseigne des oeuvres que je n’apprécie pas forcément mais qui sont intéressantes dans le contexte du cours, du dispositif que je mets en place !

Et le goût n’a rien à voir avec l’art lire « La critique de la faculté de juger » de Kant.

Dans cette lettre, le Président veut mobiliser l’école mais aussi tous les acteurs de la vie culturelle (radios, télévisions, établissements culturels). Ce qui est tout à fait louable mais il faut une vraie volonté politique pour imposer à ces organismes, de la culture.

Car à part deux ou trois émissions littéraires à la télévision, évidemment à une heure de grande écoute, et des établissements culturels qui n’ont pas compris qu’ils devaient accueillir du public scolaire et j’en ai fait l’expérience à plusieurs reprises, il reste beaucoup de travail!!!

Plus que des cours d’histoire de l’art il faudrait l’éducation aux images ne soit pas réservée qu’aux médias. C’est-à-dire une éducation critique face aux images et pas seulement celles qui sont du fait artistique. Mais les politiques ont parfois du mal à faire le point sur les besoins réels des enseignants.

Pour une réaction salutaite, consultez la contre-lettre de mission adressée à la ministre sur le blog ci-dessous:

http://lacontrelettre.over-blog.com/A bientôt,

Adeline Besson



Quand le nord de l’Angleterre fait du land art !

15 11 2007

Paysage de Kielder Water

C’est à Kielder Park exactement que les différentes interventions artistiques ont lieu. Cette région du nord-est de l’Angleterre est comme un grand trou noir sur les cartes de pollution lumineuse.

Et pourtant son lac est bien artificiel (plus de 11 kilomètres de long) et il devait servir aux industries lourdes qui ont disparues juste après la construction du lac. Mais ce parc avec son lac et sa forêt plantée (150 millions d’arbres) sont devenus une attraction touristique. En effet, une collection d’oeuvres d’art plantée en plein air vient ponctuer le paysage de cet endroit qui est complètement plongé dans le noir le soir venu.

construction de Chris Dury

Cette particularité a permis aux artistes de mener à bien leurs projets. Par exemple, le travail de Chris Dury nommé « la Wave chamber » (chambre à vagues), une construction en pierres sèches dont la cheminée est dotée d’une chambre noire. A l’intérieur un miroir reflète la lumière provenant de la surface du lac et la projette grâce à une lentille sur un écran de béton circulaire placé sur le sol. Sous nos yeux l’image en mouvement prend forme.

Ou le « Belvedere », construction pour faire attendre les passagers du ferry qui est en acier inoxydable et donne un point de vue particulier sur le paysage. Mais le clou du spectacle, c’est bien l’oeuvre de la star américaine James Turrell, le pape de la l’installation lumineuse.

le belvedere le belvedere

Le » skyspace » de Turrell est une sorte de ruche de six mètres de long, placée sur une colline. L’ouverture dans le plafond permet au visiteur de voir le ciel d’une manière singulière.

le skyspace de Turell Au fond du skyspace de Turell A l'intérieur du skyspace

Bref des expériences singulières où le paysage avec ses particularités est à l’origine d’une oeuvre artistique. S’agit-il de Land art? A priori oui mais c’est plutôt le concept américain qui est mis en place dans cette région. C’est-à-dire que l’on importe un travail qui ressemble souvent à une architecture ou à une sculpture sur un lieu donné. La conception plus européenne consiste à produire le travail sur place avec les moyens du bord; voir le travail de Richard Long ou d’un artiste plus connu: Andy Goldsworthy donc des oeuvres plutôt éphémères.

Livre de l'auteur

Pour en savoir plus consultez l’ouvrage théorique de Gilles A.Tiberghien sur le Land Art.

Ainsi que l’article de Nigel Richardson sur le sujet dans Courrier International traduit du Daily Telegraph.

A bientôt,

Adeline Besson



Le Museum of Jurassic Technology: vrai ou faux?

13 11 2007

C'est l'entrée possible du Musée possible...Est-ce que ce musée existe vraiment?

On y découvre

…des collections de fleurs radiographiées…

Cyclamen radiographie

…l’histoire d’une horloge botanique…

Botanic clock

… ou bien encore la fameuse fourmi du Cameroun…

la fourmi du Cameroun

En attendant allez découvrir le site du Musée!

Alors: CANULAR OU VRAI MUSEE???

Je donnerais des informations plus précises (et la réponse) dans quelques jours.

A très bientôt,

Adeline Besson



Venise: séquence 2/2

10 11 2007

installation de Penone installation de Penone installation de Penone

Giuseppe Penone (pavillon italien)

Si vous ne connaissez pas le travail de Penone courrez au Centre Pompidou pour y faire l’expérience des oeuvres de l’artiste (toujours une expérience sensorielle faite de finesse). Le centre a acquis l’installation nommée « Respirer l’ombre » 1999 où des gages métalliques contenant des feuilles de laurier sont réparties le long des murs. Sur l’un des murs la représentation de deux poumons en laurier d’or.

Pour reprendre les mots de l’artiste  » il existe (…) un système de valeurs, de sensations, de connaissances, de perceptions liées à la matière qu’une lecture mathématique de la réalité ne nous donnera jamais: c’est la sensualité. La sensualité des choses que nos sens déversent en nous rendant toujours actuelle la poésie de Lucrèce. »(éditions ENSBA)

Dans l’installation à Venise  » Sculture di linfa », le spectateur ressent par presque tous les sens la sensualité du dispositif fait à partir de l’arbre.

L’écorce qui est enlevée de deux troncs d’arbre est comme suspendue sur les murs. L’écorce ressemble au cuir tant les reliefs sont marqués. L’odeur vient vous prendre aux narines et lorsque l’on sent l’odeur, le spectateur prend conscience qu’il a à peu près le même type de relief sous les pieds, à savoir du marbre travaillé au burin reprenant par analogie les nervures de l’écorce de l’arbre. Au milieu le coeur du tronc d’arbre cher à l’oeuvre de Penone où coule la sève de celui-ci.

Pour voir d’autres photographies de l’installation cliquez sur la galerie du site Froggy’s delight .

A bientôt,

Adeline Besson



Jean Rochefort entre autres finesses

9 11 2007

Affiche du spectacle

Jean Rochefort récidive avec un nouveau spectacle.

Cette fois ce n’est pas le pianiste Bruno Fontaine qui l’accompagne avec la musique d’Erik Satie et les textes de Fernand Raynaud mais c’est avec l’accordéoniste Lionel Suarez et d’autres textes de registres très divers.

« Entre Autres » est une autobiographie très spéciale car Rochefort ne parle pas vraiment de lui mais de ce qui l’a retenu, entendu, vu. Bref le spectateur assiste à des moments de vie de quelqu’un qui s’est approprié les choses avec un ton. Ce ton qui est si particulier propre au Rochefort entre autodérision, absurde, poésie…et gravité.

Tour à tour les textes de Jean Yanne (« L’apocalypse est pour demain »), les chansons de Boby Lapointe de Trenet et des rencontres avec Prévert (le jeune Jean Rochefort plus fasciné par la cigarette du poète que par l’improvisation qu’il fait dans la rue à partir d’un néon) et même le texte de Primo Levi « si c’est un homme » mis en relation avec une anecdote vue à la libération et aussi des moments de grâce avec la musique de Suarez qui fait le lien entre la mise en scène lumineuse de Laurent Béal..et le corps du comédien qui se promène de parole en musique…

Bref un vrai bonheur, bien au-delà du rendez-vous culturel… comme l’a dit le comédien à la fin du spectacle: « le je est haïssable… ».

A bientôt,

Adeline Besson



Venise: séquence 1/2

8 11 2007

Sophie Calle (pavillon français)

Une autre artiste mais qui n’a pas oublié la scénographie de sa proposition puisque c’est Daniel Buren qui s’en est chargé.

Dans « Prenez soin de vous », Calle construit un dispositif autour d’une lettre de rupture:

« J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots: Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à 107 femmes, choisies pour leur métier, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Répondre à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. Amon rythme. Prendre soin de moi. »

Le texte et l’image se combinent à merveille et tour à tour le commissaire de police, la médiatrice familiale ou la voyante interprètent la lettreet même des stars françaises…

Pour ce qui est de la vidéo, Sophie Calle l’utilise de manière différentes soit comme point d’appui visuel au texte soit en confrontant deux types de vidéos: l’exemple le plus frappant étant la danseuse indienne avec d’autres interprète plus fixe comme la tireuse, championne de garabine.

Danseuse indienne

Bill Viola (pas de pavillon, événement collatéral)

Par contre celui qui s’en sort le mieux et qui tient compte des caractéristiques d’un lieu et fait véritablement un travail sur le médium vidéo, c’est Bill Viola. Il réinvente le retable dans la chapelle de l’Eglise de Saint-Gallo.

Pour en savoir plus sur le travail qu’à produit Bill Viola, retrouvez le texte dont il s’est inspiré sur son site. Quand l’image vidéo devient matière et que sa plasticité est à la fois pensée et effets….

A bientôt pour une nouvelle séquence.

Adeline Besson