Britz, une gifle magistrale

7 09 2008

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Hier soir 21 heures, je zappe sur Arte et je reste littéralement scotchée devant 3 heures de téléfilm intitulé en français Les Graines de la colère (réalisateur Peter Kosminsky). Le réalisateur de ce téléfilm n’est pas un petit nouveau. Ses sujets sont très politiques: la guerre du Kosovo et l’implication des troupes anglaises dans Warriors, les dessous de l’arrivée au pouvoir de Blair avec Les Années Tony Blair. Cette fois, Kosminsky récidive en proposant deux points de vue sur les répercussions des attentats londonien du 7 juillet 2005 auprès des citoyens britanniques d’origine pakistanaise, les « Britz ».

Ces deux points de vue se découpent en deux parties. Le premier suit l’aîné d’une famille d’origine pakistanaise, brillant étudiant qui choisit de rentrer au MI5, le service d’espionnage britannique. Le second, filme la cadette suivant des études de médecine qui milite contre les gouvernements Blair et Bush pour se transformer insidieusement en « vierge du paradis ». Loin d’être manichéens, les points de vue nous montrent un personnage d’espion loin du cliché James Bond, un jeune homme déterminé. Lorsque l’on découvre le système mis en place par le MI5, on pense à La vie des autres, le fameux film allemand (bientôt sur Arte). Le spectateur suit aussi l’assignation à résidence de la meilleur amie de la cadette avec bracelet électronique, liste de personnes à ne pas contacter, et procès sans son propre avocat, digne d’un prisonnier de Guantanamo.

Bref, un téléfilm ambitieux où tout sonne juste, où tous les effets filmiques font corps avec le sujet. Et surtout, les deux points de vue nous disent comment une démocratie peut basculer à tous moments sous couvert de lois antiterroristes.

A bientôt pour la rediffusion très tardive sur Arte.

Adeline Besson