La Journée de la jupe: une catharsis pour l’éducation

22 03 2009

La journée de la jupe

Arte a battu des records vendredi soir en terme d’audience pour ce film de Jean-Paul Lilienfeld qui condense à lui tout seul beaucoup de problèmes liés à l’éducation, au sexisme et à la cité. Le scénario renverse les rôles. Ici, c’est Sonia (Isabelle Adjani) professeur de français qui pète les plombs par un concours de circonstances et s’empare de l’arme du caïd de la classe. Le choc est brutal et il agit comme une catharsis pour les élèves qui sont restés dans le théâtre.

Tous les mécanismes sont mis à nu par le réalisateur.

A l’intérieur du théâtre, c’est  la difficulté d’enseigner, le racket du caïd, le viol d’une des élèves, le traumatisme d’une autre qui a vu sa mère de se faire tuer par des islamistes en Algérie…

A l’extérieur, c’est la lâcheté du principal (Jackie Berroyer) qui a démissionné depuis longtemps mais aussi de certains enseignants qui justifient l’attitude agressive des élèves et c’est encore le ministre de l’éducation qui hésite entre négociation ( Denis Podalydès) et répression (Yann Colette) pour finir dans un bain de sang…

C’est à y bien réfléchir l’arme, passant de main en main, qui sert d’électrochoc à ce condensé de questions sans brosser tous le monde dans le sens du poil.

A voir au cinéma le 25 mars.

A bientôt,

Adeline Besson



“Quand le couloir devient fantastique” 2

15 03 2009

“Rebelote” pour deux nouvelles classes de 4ème. On ne change une proposition qui gagne: cette fois les élèves devaient proposer deux projets sous forme de dessin avant de passer à la réalisation.

Voici les travaux photographiés par les élèves

Installation d’Imen, Mathieu et Zacharia

Installation de Sanah et Sonia

Installation de Stéphane, Philippe et Reyad

Installation de Brian, Donglin, Marc, Oguzhan et Medhi

Installation de Sundes et Jessica

Installation de Guillaume

Installation de Yanis et Mansour

Installation de Yousra et Samar

Installation d’Amra, de Madeleina et de Silemane

Installation de Hammet

Installation d’Ismaël


Installation de Ghilas

Installation de Nesrine, Niluxi et Ilan

Cette année, les élèves se sont généralement portés sur des personnages. Certains d’entre eux ont repris l’esprit des personnages qu’ils avaient réalisé en cinquième, pas avec la même proposition ni avec les mêmes cadrages.

A bientôt,

Adeline Besson



Quelques vanités

13 03 2009

Crâne de Jan Fabre

Après avoir fait le bilan au tableau des procédés techniques (pochoir, aquarelle) des moyens ( photographie, peinture, dessin) et des processus ( série, suite) utilisés depuis le début de l’année scolaire en troisième, j’ai affiché au tableau une photocopie couleur de la sculpture de Jan Fabre intitulée Crâne (2001) en plastique, scarabées et carapaces. Passés le dégoût et les questions techniques (naturalisation) sur la fabrication de l’oeuvre, j’ai fait un rapide rappel historique sur le genre de la vanité.

Puis j’ai donné l’intitulé du travail, à savoir “donnez votre vision personnelle de l’oeuvre de Jan Fabre en utilisant tout ce que vous avez travaillé depuis le début de l’année”. Mais je voulais qu’ils réfléchissent avant de se lancer bille en tête dans une réalisation. Les élèves devaient me présenter un projet sous forme de dessin (d’esquisse).

Voici quelques travaux d’élèves de 3ème

Travail d’Amira, de Carole, de Mégane et de Quentin

Cette photographie de Pedro Meyer, Têtes de mort en sucre me semble intéressante pour comparer les représentations des élèves et les oeuvres des artistes qui sont plus proches de la présentation. Jan Fabre utilise des techniques réalisées avec de vrais animaux et Pedro Meyer fait un gros plan du réel sur des pratiques liées à la Fête des morts pratiquée au Mexique notamment.

A bientôt,

Adeline Besson



Formations Artistiques

9 03 2009

Télérama vient de sortir un livret sur les formations artistiques.

couverture du livret

Sur le site de Télérama, une bonne partie des formations après le BAC sont mentionnées dans toute le France et ailleurs notamment pour le monde de la mode (dans le livret). Bref, le site constitue une bonne base pour éviter les pièges d’une orientation qui en étant très spécialisée, reste très ouverte à tous les métiers autour de l’art ( arts plastiques, mode, design et autres arts appliqués ou même l’enseignement).

A bientôt,

Adeline Besson



La méthode d’Hector Obalk

7 03 2009

portrait du critique et de l'historien

Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission J’ai mes sources” de Colombe Schneck.

On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à-dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

livre

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.

Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : “Il décèle les mots derrière les images”. Certes,  la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.

Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.

A bientôt,

Adeline Besson



Mika Rottenberg à La Maison Rouge

2 03 2009

image issue d'une vidéo-installation

La jeune artiste présente une exposition monographique de ses installations, mélange de vidéos et de sculptures. Son travail vidéo contraste avec celui d’Andy Warhol, présenté lui aussi à la Maison Rouge. La fascination pour la société du spectacle chez le pape du Pop Art apparaît dérisoire après avoir vue le travail de Rottenberg. L’artiste prend pour modèle l’Amérique des petits employés, du travail à la chaîne alors que Warhol s’intéresse aux peoples des années 80. La première installation-vidéo semble être déconnectée de la réalité mais dans la deuxième, bien vite les personnes miment une réalité issue de la société de consommation. L’absurde pointe vite son nez et on se surprend à rire. Les gestes répétitifs des corps confinés dans des espaces étroits oscillent entre dégoût et érotisme. On pense quelquefois au rapport au corps et aux objets des films de Matthew Barney. Dans Dough (2005-2006), le spectateur est installé dans un espace restreint pour regarder une chaîne de production faisant fabriquer de la pâte par des femmes confinées dans des “box”.

Une preuve encore que l’on peut dénoncer les travers de la société de consommation sans idéologie en utilisant le ressort de l’absurde et sans tomber dans la fascination.

A bientôt,

Adeline Besson