Arcimboldo était-il un ovni?
Publié le 20 septembre 2007 par adeline dans Expositions, actualité, musées

Les tableaux les plus connus de Giuseppe Arcimboldo sont la série allégorique sur les saisons datée de 1563 ne sont qu’une infime partie de son oeuvre. Cet artiste est avant tout un artiste de cour. Il s’exile à la cour des Habsbourg pour faire carrière à Vienne. Là il y découvre une cour renaissante riche, composée d’artistes, de scientifiques et d’intellectuels. Ce milieu (et pas seulement Arcimboldo) est fasciné par la “Wunderkammer” qui est à la fois une réalité (cabinet de curiosité) et un concept en soi.
Ce cabinet réunit aussi bien les merveilles de la nature ( les animaux et végétaux) que les productions faites par l’homme. Ce concept d’accumulation apparaît dans les cours princières pendant la Renaissance. Il s’agit de réunir dans un même lieu ce que la culture et la nature peuvent produire de plus étrange et unique à la fois. La conquête de l’Amérique est une occasion d’explorer, d’inventorier ce nouveau monde. Maximilien II et Rodolphe II ont constitué ces cabinets de l’art et des merveilles.
Arcimboldo se sert de cet inventaire qui pourrait être à la Prévert pour sa série des quatres saisons. La démarche artistique consiste à représenter les richesses d’un Nouveau Monde et à les réunir en un portrait.
Cliquez ici avant d’aller plus loin: “L’eau” (1566) sur le site de La Croix
Dans “L’eau” daté de 1566, il est presque fastidieux d’énumérer tous les animaux aquatiques qui composent ce portrait. Le crabe sert d’ornement pectoral, la tortue s’immisce sous le collier et rejoint l’énorme coquillage qui figure l’autre épaule puis celle-ci est complétée par une pieuvre, en haut une squille tient lieu de sourcil tandis que la bouche est représentée par un requin….Le monde animal se mêle presque charnellement avec le monde humain.
Bref, Arcimboldo qui jouit d’une grande notoriété à la cour est loin d’être un ovni car si l’on reprend les poèmes composés par Giovanni Battistia Fonteo qui parlent des quatre Saisons et des quatre Eléments, il se borne pas seulement à une description mais font référence à des allusions qui ont trait à la vie de la cour. Le peintre est aussi l’organisateur de quelques cortèges et tournois voire de fêtes, à l’image de Léonard de Vinci qui était un grand concepteur de fêtes notamment pour la Cour de François Ier.
Si les allusions liées à l’époque ont disparu, il nous reste la démarche du peintre.
Pour prolonger le plaisir, l’exposition a lieu au Musée du Luxembourg jusqu’au 13 janvier 2008.
Il faut absolument lire les articles de Sabine Gignoux dans La Croix sur l’exposition. Ce journal consacre un dossier très complet sur l’artiste et l’exposition.
Bonne lecture et bonne exposition.
Adeline Besson

Compteur
9 décembre 2007 à 12:06
I’d prefer reading in my native language, because my knowledge of your languange is no so well. But it was interesting!
17 décembre 2007 à 8:56
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14 février 2008 à 11:16
[...] allez plutôt consulter de ce pas l’article d’Adeline Besson, professeur d’arts plastiques, sur son blog Vitamineart. Vous y trouverez des illustrations, [...]