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La Joconde: une énigme?

Mercredi 16 janvier 2008

détail, le sourire détail, les yeux

On aura tout dit ou presque sur le tableau de Léonard de Vinci, du documentaire affligeant révélant les petits secrets du peintre au fameux sourire. Mais le principal a été oublié comme toujours, à savoir l’analyse picturale du tableau.

Ah… au fait… si vous en doutiez encore, De Vinci a bien peint le portrait de Lisa Maria Gherardini, née à Florence en 1479. Elle devient la troisième femme du marchand de soie, Francesco del Giocondo. Mais cette commande n’est jamais arrivée chez le marchand et c’est François 1er qui fit son acquisition vers 1516. Le tableau sera accroché sucessivement au château d’Amboise puis à celui de Fontainebleau et Versailles avant d’arriver au Louvre (voir le site du Figaro pour plus d’informations).

Le tableau

Parlons de La Joconde: le tableau n’est pas seulement un portrait de femme mais il est aussi un paysage placé derrière du personnage. Le portrait est d’abord une synthèse des recherches anatomiques du peintre. Ce visage, nous pouvons le retrouver dans le tableau intitulé “La Vierge aux rochers” et dans de nombreux dessins. Car les visages de Léonard sont souvent androgynes, un savant mélange de masculin et de féminin. Ce qui révéle une forme de symbolisme au-delà de la technique picturale réaliste. Les yeux, le sourire sont souvent le sujet d’un nombre incalculable d’interprétations. Par exemple que les yeux suivraient le spectateur. C’est une illusion d’optique car le portrait est peint de trois-quart et le corps s’arrête à mi-corps avec les mains comme si La Joconde était au bord d’une loggia (balcon).

le paysage

L’illusion pourrait être le maître mot de ce tableau. Le paysage est une magnifique perspective atmosphérique. C’est-à-dire qu’au fur et à mesure que le paysage semble s’éloigner, il s’évapore dans des nuances de bleu. Ce qui donne un effet de profondeur voire un aspect presque fantastique à ce tableau.

Mais Léonard de Vinci peut-il se résumer à La Joconde ?

Pour plus de détails retrouvez le site du Louvre.

A bientôt,

Adeline Besson

Une tête maorie fait parler d’elle

Mercredi 9 janvier 2008

Image de la tête Maori

La France a décidé de ne pas rendre la tête maorie conservée au Musée de Rouen. Suite à la décision du tribunal administratif, le ministère de la culture a bloqué le transfert de la tête tatouée, offerte en 1875 au Musée d’Histoire Naturelle de Rouen par un collectionneur français. Le New Zealand Herald s’allarme de cette décision, considérant l’objet comme un reste humain (donc lié au sacré) et non comme une oeuvre d’art (voir l’article dans le Courrier International du 07 janvier 2008).

Oeuvre d’art ou reste humain? Le sujet est plus complexe que la polémique soulevée par le journal. Il correspond à deux visions différentes du musée. Ces deux visions seraient une vision française et une autre anglo-saxonne comme le Canada, l’Australie et bien sûr, La Nouvelle Zélande. Autrement dit, d’un côté il y aurait le Musée du Quai Branly à Paris, et de l’autre le Musée de Te Papa Tongarera en Nouvelle- Zélande.

La première conception - celle du Quai Branly - valorise l’esthétique de l’objet qui devient chef-d’oeuvre au même titre que les chefs-d’oeuvre du Louvre. La deuxième conception - celle du Te Papa Tongarera - existe dans les anciennes colonies anglo-saxonnes ; ces “musées ont été amenés à élaborer des protocles pour l’exposition des objets” (propos de Brigitte Derlon, anthropologue), considérant que respecter la tête maorie est rendre sa dignité au peuple maori. Ces musées sont le fruit d’une politique restituant la culture des peuples autochtones.

Ces deux conceptions sont intéressantes et à découvrir, mais ce qui me semble grave est que le visiteur ne sait pas toujours que le contenu de ces musées fait le grand écart entre récupération politique et construction occidentale du chef-d’oeuvre.

Je reprendrai les propos d’Andras Zempleni, africaniste qui a conclu lors des rencontres inaugurales du Quai Branly que” c’est avant tout pour les gens qui fabriquent les objets qu’il faut avoir du respect, et pas pour les objets en eux-mêmes.” On sait que lors des cérémonies malangans en Nouvelle Irlande par exemple, les objets sont construits en l’honneur d’un mort, offerts symboliquement, considérés à ce moment-là comme “beaux”, puis normalement détruits. Lorsqu’ils ne le sont pas, ils sont considérés comme sources d’échange avec les occidentaux.

En d’autres termes, la culture occidentale s’est essentiellement construite sur des objets matériels qui ont changé de fonction entre leur création, leur usage et leur exposition. Les enjeux d’aujourd’hui sont identitaires et politiques.

A méditer,

A bientôt,

Adeline Besson

Le Musée du Quai Branly en question

Lundi 31 décembre 2007

Image de couverture

La revue Débat, numéro 147 a fait paraître son numéro de novembre et décembre 2007 sur Le moment du Quai Branly.

Les articles ont le mérite pour la plupart de dépasser la polémique qui a suivi l’ouverture du musée qui porte le nom de son lieu de construction. Son nom est assez révélateur d’un musée qui cherche encore ses marques. Baptisé Musée des Arts Premiers puis Musée des Cultures extra-européennes, le musée peine à se trouver ou bien a du mal à s’assumer. Car le musée dans son ensemble, plateau des collections et expositions temporaires, sont en fait un musée des Arts primitifs.

Au-delà des polémiques d’un musée qui n’assumerait pas son passé colonial, il s’agit plutôt d’un musée dans lequel le contenu s’est construit autour d’une architecture, celle de Jean Nouvel. Cette architecture, cette scénographie, n’ont pas été construites autour des collections qui existaient mais d’un espace conçu à partir d’une vision toute personnelle de l’art primitif. J’emploie ce terme car le lieu est conçu en-dehors du temps. Par exemple sur le plateau des collections au niveau de l’aire océanienne, on retrouve des peintures aborigènes du XXème siècle et des objets datés de la période des premiers explorateurs occidentaux ou d’autres objets de l’aire africaine datant de la Préhistoire.

Plateau des collections, Océanie Vision d'ensemble du Plateau des collections

Les collections sont mises en scène dans un espace hors du temps. L’espace se situe dans un imaginaire géographique avec sa rivière, ses couleurs terres et sa pénombre. D’ailleurs Jean Nouvel assume très bien cet imaginaire. La dématérialisation des vitrines renforce cette impression sur la visiteur. Le directeur Stéphane Martin a été le seul interlocuteur pour la construction de ce musée. Et il semble être plus un collectionneur d’art primitif, donc il a plutôt un rapport émotionnel et d’esthète avec ces objets.

Alors y a-t-il une corrélation entre ces protagonistes et l’effet de ce musée qui est essentiellement esthétique ? Mais alors de quelle esthétique s’agit-il ? Une esthétique basée sur un regard occidental qui veut faire rentrer ces collections dans le système artistique voire le système de type Beaux-Arts: pièce unique et rare, beauté formelle et objets spectaculaires.

Il serait intéressant de confronter la question de l’esthétique et notamment les différentes conceptions du beau non seulement dans la culture occidentale mais aussi avec les autres cultures présentes sur le Plateau des collections. C’est de cette confrontation que la notion d’altérité pourra avoir un sens ou pour reprendre le grand “dada” du Musée du Quai Branly: “C’est là où les cultures dialoguent”.

Autrement dit, il faut inventer une nouvelle anthropologie de l’art.

A bientôt,

Adeline Besson

La mixité: la preuve par la photographie

Mardi 11 décembre 2007

Si la photographie est loin d’être une preuve même si elle est l’enregistrement du réel, elle a bien à l’origine d’un projet basé sur la mixité mené par Anthony Rougier ( professeur d’histoire-géographie et d’éducation civique) et une trentaine d’élèves du collège Rosa Luxembourg à Aubervilliers. La photographie fonctionne non comme une preuve mais comme le témoignage d’une réalité.

Les élèves devaient choisir une personne du sexe opposé pour être photographiés avec elle et produire un texte explicatif sur leur choix. La mise en scène photographiée va bien au-delà d’une simple proposition faite aux élèves. La mixité homme/femme est devenue la mixité des origines.

Si ces images sont une photographie des élèves du collège voire d’un quartier, elles montrent des élèves qui regardent leurs professeurs, leurs camarades, leurs voisins non pas comme une source d’angoisse potentielle mais comme des acteurs à part entière de la vie d’un collège, d’un quartier. La photographie la plus émouvante de ce point de vue, c’est celle où Vanisha, élève au collège, a choisi Dominique son voisin qui pourrait avoir l’âge de son grand-père pour être photographiée avec lui. La photographie montre une complicité entre deux personnes qui n’ont apparement pas de lien de sang mais qui se sont choisis dans la vie.

vanisha et dominique 2Ce projet photographie les liens qui se tissent entre les personnes, loin de l’exotisme et du fantasme de la banlieue. Montrer, montrer encore montrer pour banaliser une réalité que la société française a encore du mal à accepter... Pour ne plus ressentir, peut-être le regard, les questions, d’un entourage qui perçoit parfois les élèves comme s’il s’agissait (comme les appellent les ethnologues) de cas exotiques et non d’acteurs de la vie occidentale contemporaine.

Le livre, intitulé Avec elle, avec lui aux éditions de l’Atelier a fait des petits et le projet se pousuit sur la mixité avec en grand M.

Voir le site mixites.fr

A bientôt,

Adeline Besson

Museum of Jurassic Technology: vrai ou faux ?(suite)

Dimanche 25 novembre 2007

Et bien oui ce musée existe vraiment et se situe à Los Angeles en Californie.

D’ailleurs rien que le titre du musée est une contradiction à lui tout seul. Le fait d’associer la période du Jurassique et le terme de technologie est une forme d’humour surréaliste.

Oui les radiographies sont bien vraies, mais la fourmi du Cameroun est fausse, par contre la photographie est vraie et c’est une fourmi de Californie qui sent une odeur terriblement dérangeante. (voir l’article précédent)

Dans le musée Dans le musée

Le créateur de ce musée laisse planer le doute même lorsqu’il donne des interviews. David Hildebrand Wilson n’a jusqu’à présent pas trahi son concept. Un film a d’ailleurs été construit autour de la fameuse fourmi: L’accordeur de tremblement de terre. Car en fait il s’agit bien d’un travail d’art conceptuel. Le musée oscille en permanence entre cabinet de curiosité, musée d’histoire naturelle et musée à vocation scientifique. Ce travail n’est pas tout à fait une parodie car le merveilleux y occupe une grande place.

En cela, le musée est assez proche de l’esprit du cabinet de curiosité où les oeuvres de la nature et de l’art se rejoignaient pour offrir au visiteur une grand boîte à tiroirs de la pensée avant que le savoir scientifique c’est-à-dire rationnel ne partage les savoirs en plusieurs diciplines.

On peut encore retrouver ce goût du merveilleux au Quai Branly notamment car beaucoup d’expositions tentent de capter la curiosité des spectateurs par une scénographie mystérieuse. Le merveilleux n’a pas disparu et il est donc une manière de remettre en cause notre façon de penser et de muséifier mais aussi de susciter notre goût pour le merveilleux, à savoir notre goût pour l’analogie.

A bientôt,

Adeline Besson

Que faire de “Mein Kampf” ?

Samedi 24 novembre 2007

cOUVERTURE DU LIVRE

C’est la question que l’artiste Linda Ellia s’est posée? Elle a donc confié les pages du livre à d’autres artistes, des inconnus pour faire une oeuvre collective. C’est Simone Veil qui réalise la préface.

Page du livre Page du livre Page du livre

Entre humour ironique, symbolique lourde de sens et dessins griffonnés pour recouvrir le texte, le livre permet de s’approprier ce lourd contenu pour l’humanité…

Pour plus d’informations, consultez le blog du livre.

A bientôt,

Adeline Besson

Après le 11 septembre, comment reconstruire ?

Vendredi 23 novembre 2007

C’était ce lundi, jour de l’inauguration du nouveau siège du New York Times.

Une tour de 300 mètres, encore un gratte-ciel vous me direz. Oui mais une construction entièrement recouverte d’une gaine faite de panneaux de céramique vitrifiées qui filtre les rayons du soleil et qui distribue la lumière dans l’ensemble de l’établissement.

Cette architecture de la transparence est celle de Renzo Piano, celui qui a construit entre autres le Centre Georges Pompidou à Paris.

vue du New York Times Vue d'en bas du New Yok Times

La transparence et la légèreté étaient devenues taboues après les événements du 11 septembre. L’architecte a su imposer ces notions alors que l’air du temps était au bunker. Renzo Piano dit “qu’il n’y pas de réponse technique au terrorisme islamique” mais la réponse de l’architecte a été de jouer sur un jeu de va et vient entre le spectateur qui voit ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment et les occupants qui voient très bien ce qui se passe à l’extérieur de l’architecture.
La transparence est aussi le maître mot de l’architecte Daniel Libeskind qui s’est fait connaître du grand public par la construction du Musée Juif de Berlin.

Vue de l'entré du Mémorial Vue d'ensemble du mémorial

Le Mémorial dédié aux victimes du 11 septembre, la Freedom Tower, serait un hommage stylisé et abstrait aux bras qui portent la flamme de la statue de la liberté.

Ce que l’on peut retenir, c’est que les architectes ont répondu par la transparence et non la caverne pour reconstruire sur l’emplacement de Ground Zero. Les deux architectes continuent dans la lignée de l’architecture moderne, c’est-à-dire de montrer la structure du bâtiment et de rendre lisible la lecture des constructions.

A bientôt,

Adeline Besson

Damien Hirst: nouvelle installation

Jeudi 22 novembre 2007

Nouvelle installation

L’artiste reprend sa manière de montrer les choses, c’est-à-dire les présenter dans la nature dans le formaldéhyde (liquide qui conserve les carcasses).

Dans le hall d’un immeuble de Park Avenue, Hirst a installé des carcasses d’agneaux, des perruches, un requin, une carcasse de boeuf, une colombe et 300 saucisses. Cet inventaire entre la chambre froide d’un boucher et l’empaillage d’un musée d’histoire naturelle est intéressante car elle montre bien le besoin depuis les années 60 notamment de ne plus seulement représenter mais de présenter les choses en les proposant dans une installation.

Les références données par l’artiste sont un autre inventaire plus ou moins pertinent.

Dan Flavin pour les tubes fluorescents qui éclairent les vitrines. Andy Warhol pour la notion de répétition. Joseph Cornell pour avoir enfermé des animaux morts. Jannis Kounellis qui utilise des oiseaux dans ses installations. Et René Magritte qui a peint un oeuf dans une cage d’oiseau.

Avec ce bel mêlé d’artistes, on reste perplexe car la démarche va au-delà de cet inventaire un peu ridicule et peu pertinent. Voir l’article sur le blog sur Damien Hirst.

Pour cette installation on pense surtout au “Boeuf écorché” de Rembrandt, daté de 1655 ou “Painting” de 1946 de Francis Bacon.

Rembrandt Francis Bacon

Mais le seul renversement dans l’installation de Hirst c’est l’art de présenter la ou les carcasses et non de la ou les représenter. En d’autres termes, c’est une autre manière de questionner le réel.
Pour plus d’informations, consultez l’article/interview en anglais.

A bientôt,

Adeline Besson

La culture artistique chez les politiques (humeur)

Samedi 17 novembre 2007

La lettre de mission de Nicolas Sarkozy adressée à Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, je le rappelle est parue le 1er août 2007 (voir la publication sur La Croix). Le ton général est à la stabilisation du budget de ce ministère mais il s’agit d’assainir les finances.

Voilà pour le ton général, un certain nombre de thèmes sont balayés rapidement et d’autres sont expliqués de manière précise. L’éducation culturelle et artistique à l’école notamment, est mise en avant. Car le ministère ne s’est pas assez appuyé sur l’école. Jusque-là rien de nouveau, il s’agit de (…) “transmettre à tous les élèves les bases culturelles fondamentales leur permettant de connaître et d’aimer l’histoire, la langue et le patrimoine littéraire et artistique de notre pays-condition pour se sentir menbres d’une même Nation (…).”

Cette argumentation se retrouve dans la lettre aux instituteurs de Jules Ferry mais ce qui est vraiment nouveau et qui serait une composante des derniers gouvernements de droite, c’est la création d’un enseignement obligatoire d’histoire de l’art qui serait le support d’une éducation culturelle. Un peu plus loin, on peut lire qu’il faut que les élèves aient une pratique artistique effective.

Si l’on comprend bien il s’agit de détacher l’histoire de l’art de la pratique artistique. Mais l’histoire de l’art est utilisée par les enseignents d’arts plastiques pour valider des connaissances acquises lors d’une pratique artistique ou bien la pratique artistique prend appui sur l’histoire de l’art pour démarrer un travail, non ??? Et c’est sans compter les professeurs d’histoire-géographie qui utilisent l’histoire de l’art, soit pour construire une analyse historique, soit pour réveler la polysémie d’une situation historique car l’oeuvre d’art est polysémique par nature et permet de comprendre certains aspects d’une situation complexe. Et bien d’autres enseignants utilisent l’histoire de l’art mais elle est utilisée dans un contexte particulier, elle ne vient pas comme un cheveu sur la soupe !!! L’histoire de l’art est traversée par plusieurs disciplines et elle est très difficile à enseigner en tant que telle surtout pour des élèves de collège, par exemple.

A l’heure où les sciences sociales se sont propagées dans le grand public, il ne s’agit plus de rajouter un autre domaine qui serait autonome mais au contraire de travailler les diciplines de l’école sous l’angle pluridisciplinaire. Il faut arrêter le “saucissonnage” des matières à l’école qui conditionne les élèves à penser qu’il n’y a pas de convergences entre les matières enseignées. Les TPE aux lycéens
( initiative du ministre de l’époque: Jack Lang) ont été supprimés en terminale. Cette initiative lorsqu’elle était sérieusement menée, permettait de palier à ce état de fait et à préparer les élèves au travail à l’université.

Les gouvernements de gauche (qui n’ont pas le monopole de la culture) ne proposent pas toujours mieux car “l’éducation au goût”, cheval de bataille de Lang n’a pas été du meilleur goût justement. Quel goût? Le bon goût ? Le goût des institutions en place ? Mais est-ce que le goût a à voir avec la pratique artistique ? Je montre, j’enseigne des oeuvres que je n’apprécie pas forcément mais qui sont intéressantes dans le contexte du cours, du dispositif que je mets en place !

Et le goût n’a rien à voir avec l’art lire La critique de la faculté de juger” de Kant.

Dans cette lettre, le Président veut mobiliser l’école mais aussi tous les acteurs de la vie culturelle (radios, télévisions, établissements culturels). Ce qui est tout à fait louable mais il faut une vraie volonté politique pour imposer à ces organismes, de la culture.

Car à part deux ou trois émissions littéraires à la télévision, évidemment à une heure de grande écoute, et des établissements culturels qui n’ont pas compris qu’ils devaient accueillir du public scolaire et j’en ai fait l’expérience à plusieurs reprises, il reste beaucoup de travail!!!

Plus que des cours d’histoire de l’art il faudrait l’éducation aux images ne soit pas réservée qu’aux médias. C’est-à-dire une éducation critique face aux images et pas seulement celles qui sont du fait artistique. Mais les politiques ont parfois du mal à faire le point sur les besoins réels des enseignants.

Pour une réaction salutaite, consultez la contre-lettre de mission adressée à la ministre sur le blog ci-dessous:

http://lacontrelettre.over-blog.com/A bientôt,

Adeline Besson

Quand le nord de l’Angleterre fait du land art !

Jeudi 15 novembre 2007

Paysage de Kielder Water

C’est à Kielder Park exactement que les différentes interventions artistiques ont lieu. Cette région du nord-est de l’Angleterre est comme un grand trou noir sur les cartes de pollution lumineuse.

Et pourtant son lac est bien artificiel (plus de 11 kilomètres de long) et il devait servir aux industries lourdes qui ont disparues juste après la construction du lac. Mais ce parc avec son lac et sa forêt plantée (150 millions d’arbres) sont devenus une attraction touristique. En effet, une collection d’oeuvres d’art plantée en plein air vient ponctuer le paysage de cet endroit qui est complètement plongé dans le noir le soir venu.

construction de Chris Dury

Cette particularité a permis aux artistes de mener à bien leurs projets. Par exemple, le travail de Chris Dury nommé “la Wave chamber” (chambre à vagues), une construction en pierres sèches dont la cheminée est dotée d’une chambre noire. A l’intérieur un miroir reflète la lumière provenant de la surface du lac et la projette grâce à une lentille sur un écran de béton circulaire placé sur le sol. Sous nos yeux l’image en mouvement prend forme.

Ou le “Belvedere”, construction pour faire attendre les passagers du ferry qui est en acier inoxydable et donne un point de vue particulier sur le paysage. Mais le clou du spectacle, c’est bien l’oeuvre de la star américaine James Turrell, le pape de la l’installation lumineuse.

le belvedere le belvedere

Le” skyspace” de Turrell est une sorte de ruche de six mètres de long, placée sur une colline. L’ouverture dans le plafond permet au visiteur de voir le ciel d’une manière singulière.

le skyspace de Turell Au fond du skyspace de Turell A l'intérieur du skyspace

Bref des expériences singulières où le paysage avec ses particularités est à l’origine d’une oeuvre artistique. S’agit-il de Land art? A priori oui mais c’est plutôt le concept américain qui est mis en place dans cette région. C’est-à-dire que l’on importe un travail qui ressemble souvent à une architecture ou à une sculpture sur un lieu donné. La conception plus européenne consiste à produire le travail sur place avec les moyens du bord; voir le travail de Richard Long ou d’un artiste plus connu: Andy Goldsworthy donc des oeuvres plutôt éphémères.

Livre de l'auteur

Pour en savoir plus consultez l’ouvrage théorique de Gilles A.Tiberghien sur le Land Art.

Ainsi que l’article de Nigel Richardson sur le sujet dans Courrier International traduit du Daily Telegraph.

A bientôt,

Adeline Besson