Suite du Projet Land Art, je vais tenter de décrire la séquence pédagogique en plusieurs billets.
1. Préliminaires
Le projet fait suite à une séquence sur l’espace réel ou comment l’espace réel peut devenir artistique. C’est à travers l’installation que les élèves ont pu appréhender l’espace de la classe. Les élèves devaient se mettre par groupe de 3 ou 4 et devaient transformer une partie de l’espace de la classe avec une feuille d’aluminium alimentaire ( 20 cm x 2 m).
La première étape devait se focaliser sur la fabrication du travail avec les moyens adaptés à ce type de feuille. La réalisation devait passer par une phase de croquis préparatoires. Elle devait prendre en compte les qualités de la feuille d’aluminium ( sa capacité à modeler une forme, sa légèreté, ses reflets, son opacité, sa couleur argentée faisant penser au métal). La deuxième étape a été la phase d’installation, à savoir comment transformer l’espace de la classe avec leur réalisation ? (photos dans les prochains jours)
2. Mise en oeuvre
Le projet Land Art a pris la suite de cette séquence car mon intention était de faire intervenir les élèves, toujours dans un espace réel mais cette fois à l’échelle de la ville d’Aubervilliers. Le terrain vague reste encore un mystère. Après quelques recherches aux Archives d’Aubervilliers et à l’Urbanisme, j’ai vite compris que la parcelle était très polluée depuis le début du XXème siècle; et le quartier a été le lieu d’une double histoire, celle de l’industrialisation et de l’immigration.
La toute première étape du projet a été de rassembler les différentes informations et d’en livrer quelques échantillons aux élèves sous forme de carte, de plans de bâtiments et de lettres de plaintes à la Préfecture. Les élèves devaient repérer sur la carte la situation du terrain, rassembler les différentes pièces de deux plans d’usine et lire quelques plaintes d’habitants lorsque la maire d’Aubervilliers se nommait Pierre Laval. Bref, le travail débutait par un travail de recherche historique.
La deuxième étape a été de parler du travail de Jean-Paul Ganem qui allait intervenir sur le terrain en observant deux autres artistes pratiquant le Land Art. Par groupe, les élèves devait comparer une oeuvre de Nils-Udo et une autre de Christo.

A partir d’un questionnaire, les élèves ont compris que l’on pouvait utiliser la nature de deux manières différentes. A l’oral, nous avons pointé ces différences. Dans le cas de Nils Udo, il s’agit de collecter les matériaux sur le site (branches). Dans celui de Christo, il s’agit d’amener une matière extérieure artificielle au site plastique rose). Dans les deux cas, la nature était sublimée par le geste artistique.
Pour conclure, j’ai repris la démarche de Ganem en montrant qu’il n’intervenait pas sur une nature idéalisée ressemblant au Jardin d’Eden mais sur des sites qui étaient oubliés par l’homme. Soit parcequ’ils sont utilisés à des fins purement utilitaires comme chez les agriculteurs en Dordogne (on en oublie presque que ce travail peut être poétique visuellement) ou soit parce qu’ils font office de décharges comme au Canada.
A bientôt pour la suite des aventures…
Adeline Besson