Archive par auteur

Le Museum of Jurassic Technology: vrai ou faux?

Mardi 13 novembre 2007

C'est l'entrée possible du Musée possible...Est-ce que ce musée existe vraiment?

On y découvre

…des collections de fleurs radiographiées…

Cyclamen radiographie

…l’histoire d’une horloge botanique…

Botanic clock

… ou bien encore la fameuse fourmi du Cameroun…

la fourmi du Cameroun

En attendant allez découvrir le site du Musée!

Alors: CANULAR OU VRAI MUSEE???

Je donnerais des informations plus précises (et la réponse) dans quelques jours.

A très bientôt,

Adeline Besson

Venise: séquence 2/2

Samedi 10 novembre 2007

installation de Penone installation de Penone installation de Penone

Giuseppe Penone (pavillon italien)

Si vous ne connaissez pas le travail de Penone courrez au Centre Pompidou pour y faire l’expérience des oeuvres de l’artiste (toujours une expérience sensorielle faite de finesse). Le centre a acquis l’installation nommée “Respirer l’ombre” 1999 où des gages métalliques contenant des feuilles de laurier sont réparties le long des murs. Sur l’un des murs la représentation de deux poumons en laurier d’or.

Pour reprendre les mots de l’artiste ” il existe (…) un système de valeurs, de sensations, de connaissances, de perceptions liées à la matière qu’une lecture mathématique de la réalité ne nous donnera jamais: c’est la sensualité. La sensualité des choses que nos sens déversent en nous rendant toujours actuelle la poésie de Lucrèce.”(éditions ENSBA)

Dans l’installation à Venise ” Sculture di linfa”, le spectateur ressent par presque tous les sens la sensualité du dispositif fait à partir de l’arbre.

L’écorce qui est enlevée de deux troncs d’arbre est comme suspendue sur les murs. L’écorce ressemble au cuir tant les reliefs sont marqués. L’odeur vient vous prendre aux narines et lorsque l’on sent l’odeur, le spectateur prend conscience qu’il a à peu près le même type de relief sous les pieds, à savoir du marbre travaillé au burin reprenant par analogie les nervures de l’écorce de l’arbre. Au milieu le coeur du tronc d’arbre cher à l’oeuvre de Penone où coule la sève de celui-ci.

Pour voir d’autres photographies de l’installation cliquez sur la galerie du site Froggy’s delight .

A bientôt,

Adeline Besson

Jean Rochefort entre autres finesses

Vendredi 9 novembre 2007

Affiche du spectacle

Jean Rochefort récidive avec un nouveau spectacle.

Cette fois ce n’est pas le pianiste Bruno Fontaine qui l’accompagne avec la musique d’Erik Satie et les textes de Fernand Raynaud mais c’est avec l’accordéoniste Lionel Suarez et d’autres textes de registres très divers.

“Entre Autres” est une autobiographie très spéciale car Rochefort ne parle pas vraiment de lui mais de ce qui l’a retenu, entendu, vu. Bref le spectateur assiste à des moments de vie de quelqu’un qui s’est approprié les choses avec un ton. Ce ton qui est si particulier propre au Rochefort entre autodérision, absurde, poésie…et gravité.

Tour à tour les textes de Jean Yanne (”L’apocalypse est pour demain”), les chansons de Boby Lapointe de Trenet et des rencontres avec Prévert (le jeune Jean Rochefort plus fasciné par la cigarette du poète que par l’improvisation qu’il fait dans la rue à partir d’un néon) et même le texte de Primo Levi “si c’est un homme” mis en relation avec une anecdote vue à la libération et aussi des moments de grâce avec la musique de Suarez qui fait le lien entre la mise en scène lumineuse de Laurent Béal..et le corps du comédien qui se promène de parole en musique…

Bref un vrai bonheur, bien au-delà du rendez-vous culturel… comme l’a dit le comédien à la fin du spectacle: “le je est haïssable…”.

A bientôt,

Adeline Besson

Venise: séquence 1/2

Jeudi 8 novembre 2007

Sophie Calle (pavillon français)

Une autre artiste mais qui n’a pas oublié la scénographie de sa proposition puisque c’est Daniel Buren qui s’en est chargé.

Dans “Prenez soin de vous”, Calle construit un dispositif autour d’une lettre de rupture:

“J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par les mots: Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à 107 femmes, choisies pour leur métier, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Répondre à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. Amon rythme. Prendre soin de moi.”

Le texte et l’image se combinent à merveille et tour à tour le commissaire de police, la médiatrice familiale ou la voyante interprètent la lettreet même des stars françaises…

Pour ce qui est de la vidéo, Sophie Calle l’utilise de manière différentes soit comme point d’appui visuel au texte soit en confrontant deux types de vidéos: l’exemple le plus frappant étant la danseuse indienne avec d’autres interprète plus fixe comme la tireuse, championne de garabine.

Danseuse indienne

Bill Viola (pas de pavillon, événement collatéral)

Par contre celui qui s’en sort le mieux et qui tient compte des caractéristiques d’un lieu et fait véritablement un travail sur le médium vidéo, c’est Bill Viola. Il réinvente le retable dans la chapelle de l’Eglise de Saint-Gallo.

Pour en savoir plus sur le travail qu’à produit Bill Viola, retrouvez le texte dont il s’est inspiré sur son site. Quand l’image vidéo devient matière et que sa plasticité est à la fois pensée et effets….

A bientôt pour une nouvelle séquence.

Adeline Besson

Le grand atlas de l’art contemporain

Mercredi 7 novembre 2007

Couverture de l'ouvrageA noter une nouvelle publication depuis septembre 2007, le sous-titre en est “à l’usage de tous”.

Une production qui semble un peu fouillie au premier abord mais l’art contemporain est éclairé au regard des différentes diciplines qui le traversent (philosophie, sciences, sociologie…) et à travers l’histoire de l’art.

Plusieurs entrées donc pour tous les amateurs, curieux ou professionnels de l’art et surtout des images de qualité. L’ouvrage rédigé par Denis Gielen, adjoint à la direction du MAC’S du Grand-Hornu (Musée du Luxembourg) qui poursuit sa volonté de s’adresser à tous les publics avec sa programmation et ses publications techniques.

A bientôt,

Adeline Besson

Retours de la Biennale de Venise (séquence 0/2)

Mardi 6 novembre 2007

site de la Biennale de Venise

Plusieurs billets sur les expositions à Venise seront publiés.

Je les nommerais par séquence en référence au titre de l’exposition “Séquence 1″ du Palazzo Grassi de notre collectionneur français, François Pinault.

La Biennale de Venise se termine le 21 novembre 2007. Une programmation inégale, placée sous le signe d’un art politique. Mais les dispositifs des artistes sont parfois très lourds de sens et utilisent souvent les moyens (utilisation massive de la photographie et de la vidéo) comme les médias. C’est-à-dire qu’ils font fonctionner les moyens comme un outil publicitaire ou informatif et non comme un véritable médium. Le travail du moyen (dessin, photographie, vidéo ou sculpture…) est la condition même pour arriver à la création artistique. Le moyen devient alors un véritable médium.

Francesco Vezzoli (pavillon italien)

Pour donner des exemples concrets, dans le cas du Pavillon italien situé à l’Arsenale, Francesco Vezzoli présente une installation vidéo intitulé “Democrazy”. Ici l’utilisation de la vidéo comme un média fait partie du dispositif. Deux faux spots de campagne présidentielle américaine d’une minute sont placés face à face.

L’artiste utilise l’actrice Sharon Stone (Patricia Hill) dans le premier spot et dans l’autre Bernard Henri-Lévy, le philosophe français médiatique (Patrick Hill). Les spots parlent d’eux-mêmes, tous les clichés sont réunis: lâchers de ballons, slogans stéréotypés, sourires ultrabright et poignées de mains convaincantes.

On assiste à une mise en abyme du système médiatique international où les acteurs très médiatisés eux-mêmes: entre la représentante de la femme fatale de Basic Instinct et l’autre le médiatique humaniste BHL d’American Vertigo jouent ou se jouent de leur propre caricature en rejouant une présidentielle américaine.

Willie Doherty et Gerard Byrne (pavillon Irlande+Irlande du Nord)

De l’autre, représentant l’Irlande du Nord (événements collatéraux: traduction littérale de l’italien) les vidéos de Willie Doherty qui ne sont pas inintéressantes mais trop littéraires et elles pouvaient être travaillées avec d’autres moyens que la vidéo.
Par contre le travail conceptuel de Gerard Byrne en vidéo est à regarder et à écouter attentivement mais sa scénographie laisse à désirer et c’est ce qui manque à la plupart des artistes de cette Biennale, c’est la manière dont ils mettent en relation leurs oeuvres par rapport aux autres. Ce qui est étonnant car ces oeuvres sont souvent conceptuelles et minimales et donc requièrent un mécanisme subtil de mise en relation.

Explication sur la démarche de l'artiste

Dans la vidéo “Hommes à femmes” datée de 2005, l’artiste fait jouer à l’acteur Michel Debrane une interview de Jean Paul Sartre de 1960. Au fur et à mesure le spectateur se rend compte même si les mouvements de la caméra sont filmés sous l’angle du documentaire/interview que la parole est trop écrite pour être vraie.

Adel Abidin (pavillon nordique)

Dans le Pavillon Nordique, Adel Abidin nous fait découvrir “le fabuleux voyage à Bagdad”. Passé le petit sourire en coin, le message ironique est très lourd et le travail d’installation manque de finesse… On repassera pour le travail sur le médium. Mais le fascicule est convaincant.

Site de Adel Abidin Site de l'artiste

Angela Ferreira (pavillon portuguais)

L’utilisation de la photographie de manière documentaire est parfois difficile à comprendre. Par exemple, le Pavillon Portuguais représenté par Angela Ferreira met en scène les restes de la Maison Tropicale de Jean Prouvé installée à Brazzaville, et à Niamey au Niger. Enfin les restes (c’est peu dire car il ne reste que l’emplacement car la maison a été rapatriée en France après la redécouverte de l’architecture moderniste dans les années 90). L’installation de l’artiste a du mal à fonctionner car le visiteur a du mal à faire le lien entre les photographies et les éléments architecturaux. La maison est démantelée sous la forme d’un caisson où le visiteur rentre et découvre les photographies du site où il ne reste que les fondations en terre de la construction. Le propos est très intéressant et parle de l’après colonialisme.

Angela Ferreira Site du Pavillon

Et bientôt d’autres expositions dans la séquence 1 (Sophie Calle, Bill Viola, Giuseppe Penone)…

Bonne lecture,

Adeline Besson

Wagner au regard des arts plastiques

Dimanche 28 octobre 2007

La Cité de la Musique propose une exposition très pédagogique qui donne à voir l’appropriation que les artistes souvent plasticiens ont fait de l’oeuvre de Wagner: “Richard Wagner - Visions d’Artistes”.

Le parcours est chronologique, il va de 1840 à nos jours. Le spectateur alterne entre les opéras de Wagner et les oeuvres visuelles des différents artistes. Ce que n’aurait pas renié Wagner lui-même car il ne voyait pas les arts plastiques autonomes sans le secours de l’opéra pour les mettre en scène. En d’autres termes, il croyait au concept d’art total, en allemand la gesamtkunstwerk.

Mais ce qui fascine les nombreux artistes qu’ils soient musiciens ou plasticiens c’est le caractère d’une musique très visuelle. Les premières oeuvres alternent entre romantisme allemand et symbolisme français.

Parsifal Parsifal

Deux manières d’interpréter Parsifal, l’un spectaculaire grandiloquant de Jean Delville (1890) et l’autre perdu et inquiet d’Odilon Redon (1892) qui révolutionna l’art graphique du pastel en son temps. Je vous invite d’ailleurs à aller faire un petit tour du côté au cabinet d’art graphique du Musée d’Orsay.

Ou bien un art contemporain qui ne fait pas que utiliser Wagner mais qui fait rentrer l’art vidéo dans l’oeuvre du compositeur comme les “tableau vidéos” de Bill Viola. Un seul reproche l’oeuvre n’est pas contextualisée car Viola a joué le scénographe pour un opéra de Wagner.

Tristan et Yseult Vidéo dans l'exposition
Et d’autres qui utilisent l’oeuvre de Wagner comme ils respirent: l’artiste Anselm Kiefer s’approprie le vocabulaire de Wagner comme un des éléments de l’ inconscient collectif allemand. Cet inconscient se mélange avec la Shoah et l’utilisation littérale qu’en on fait les nazis à un moment donné.

Les oeuvres de Kiefer sont à l’honneur au Louvre car l’Etat français a fait une commande à l’artiste.

Bref une exposition a découvrir sur le blog d’Hugo (le jardin des retours).

Consultez aussi le site Richard Wagner, Visions d’artistes.

A bientôt,

Adeline Besson

Qu’est-ce que l’art contemporain?

Jeudi 25 octobre 2007

Mathieu Mercier

Pour répondre à cette question ô combien difficile car l’art contemporain est multiple, une interview de Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la ville de Paris.

Celle-ci est parue sur le site des Echos, journal d’analyse économique qui parle aussi bien de culture et d’art que les autres médias…

En ce moment, une exposition de Mathieu Mercier dans ce même musée.

A bientôt

Adeline Besson

“Le laboratoire” une initiative ambitieuse

Mardi 23 octobre 2007

Nouveau lieu, nouveau concept mais vrai lieu d’expérimentation. Le laboratoire, c’est le nom de ce lieu à Paris juste en face du Ministère de la Culture. Le concept est ambitieux: à chaque fois deux expositions qui présentent deux manières de produire une interaction entre deux mondes en apparence éloignés. C’est-à-dire l’art et la science.

Vous me direz, ce n’est pas nouveau mais ici le parti pris est clairement annoncé.

Une des oeuvres de Fabrice Hyber

Le premier est un échange entre un scientifique et un artiste: Fabrice Hyber (artiste français reconnu internationalement) + Robert Langer (travaille sur les cellules souches au Mit, Harvard). De cette collaboration naît une scénographie créée par Hyber regroupant plusieurs types de pièces (toiles, volumes, installations).

Bel air de Lehanneur

L’autre est un travail en commun entre un designer et un scientifique: Mathieu Lehanneur et David Edwards (lui-même fondateur du lieu et du concept et scientifique touche à tout).

interview de Fabrice Hyber

La première expérience est clairement une manière de réinterroger un travail artistique au regard d’une démarche scientifique. Le point de départ était de travailler sur la transformation d’une cellule souche et de son développement. Pour reprendre l’explication de la plaquette, “une cellule souche a en elle le potentiel pour devenir n’importe quelle cellule active, cela en fonction de son environnement, des aliments qu’elle reçoit et des informations qui lui sont données.”

L’exposition ou plutôt la propre scénographie de l’artiste apparaît comme un joyeux capharnaüm mais le choix de Fabrice Hyber est plus que bienvenu. Car si le visiteur a du mal à se repérer dans le dédale des toiles, installations et autres volumes, la scénographie est à l’image de la pensée de l’artiste. Car ce que montre Hyber ce n’est pas une illustration de ce qu’il a pu apprendre, comprendre lors des différentes rencontres avec le scientifique mais la manière dont il a digéré par analogies, par métaphores une démarche scientifique qui a priori ne lui est pas familière.

Car contrairement à ce que l’on peut croire le processus scientifique n’est pas si éloigné du processus artistique puisque les deux utilisent l’analogie et autres modes de pensée que la rationalité elle-même. Bruno Latour l’a démontré dans deux ouvrages de référence.

Bruno Latour Bruno Latour

Le médium le plus utilisé par Hyper est le dessin mais ce dessin est à la fois dessein, c’est-à-dire projet.

Download link

La deuxième expérience concrète est celle de Mathieu Lehanneur et David Edwards. Il s’agit de s’appuyer sur les observations scientifiques de la NASA. Suite à de nombreux vols spatiaux, les astronautes sont revenus avec un taux important de composés toxiques dans leur organisme. Ces toxiques sont produits par les matières plastiques, fibres de verre et autres matériaux isolants. Notre habitat est soumis à ces mêmes toxiques. Le film du designer montre que chaque objet respire/expire ces toxiques même plusieurs années après leur production. La NASA a identifié plusieurs plantes qui étaient capables d’absorber ces toxiques.

Le designer propose une grosse capsule qui renferme une de ses plantes. Le Bel-Air aspire et renvoie l’atmosphère d’un lieu afin de filtrer les toxiques. Un film très parlant montre les toxiques qui se dégagent de tous les objets d’une pièce de vie. Leur modélisation sur l’écran correspond à leur déplacement dans l’atmosphère (de la chaise en plastique au canapé).

Bref, deux expériences qui donnent à penser, à réfléchir non seulement sur notre quotidien mais aussi sur les deux processus scientifique et artistique.

Bonne exposition et pour aller plus loin consultez les interviews.

Adeline Besson

Quand la démarche fait corps avec le sujet

Lundi 22 octobre 2007

Série Claude Monet

Voici une partie de la série de Claude Monet sur la Cathédrale de Rouen de 1892 à 1894. Le Salon de 1859 coincide avec la disparition progressive du sujet puisque le sujet n’est plus “optiquement restitué”. Il est littéralement effacé mais toujours présent au profit d’un processus créatif plus visible. Les artistes se tournent vers la fabrication de l’image et moins vers le sujet. La grande découverte chez Monet notamment c’est le refus de la “couleur locale”. On considérait à l’époque que chaque objet matériel était doté d’une couleur avec qelques variations. Mais dans le tableau“Impression, soleil levant” de 1872, le peintre montre que chaque chose brille et reçoit de la lumière et donc des couleurs qui changent tous le temps. De plus les lignes de contours sont supprimées, il n’est plus question d’ isoler la forme de ce qu’il l’entoure tant la peinture est complexe. Mais ce qui est vraiment nouveau c’est non seulement de peintre le sujet à toutes les heures de la journée et donc d’introduire par la série la dimension du temps dans l’ espace en deux dimensions. Cette démarche apparaît dans la série des “Meules”. L’obsession du sujet, répété à l’infini permet à l’artiste de travailler le processus créatif.

Ce qui fait dire à Monet que nous n’apprécions pas la réalité en soi mais l’instant unique, une immersion au coeur des sensations. La contemplation statique basée sur un point de vue unique n’est plus il faut se déplacer, s’éloigner, se rapprocher vers la série.

Andy Warhol, Green car crash Electric chair

Autre époque, autre démarche, le fameux Andy Warhol utilise la série dans “les disasters”. Green car crash de 1963 n’est plus fait à la main. Le peintre se sert des moyens de son époque. La sérigraphie est utilisée pour la publicité et reprise par Warhol qui est lui-même un ancien dessinateur publicitaire. Ce procédé mécanique permet d’utiliser la photographie. Mais surtout il met à mal la notion d’original par sa manière de travailler et de reproduire mécaniquement des photographies qui n’appartiennent pas à l’auteur lui-même. L’artiste reporte par la sérigraphie ces images sur la toile lui conférent un statut artistique. Ces productions de masse de l’ère industrielle ont rejoint le monde l’art dans les galeries et les musées. Le principe du “ready-made” de Duchamp est réutilisé avec ces nouvelles images issues de la culture de masse. Ces images stéréotypées, décontextualisées deviennent la métaphore d’une société qui à force d’images de toutes sortes, banalise les faits. Les sérigraphies à force d’être répétées, disparaissent et sont brouillées. Le sujet s’efface au profit d’une démarche qui sappe le concept de l’originalité et du génie du XIX° siècle, seul sur sa montagne. La démarche remet en cause le concept même d’art.

Dans les deux démarches il ne s’agit pas simplement de regarder le sujet mais de le questionner au regard de l’ensemble. Le sujet n’est pas seulement considéré comme l’illustration d’un propos mais il est travaillé de manière quasi-obsessionnelle (en série) pour aboutir à des questions qui dépassent l’art lui-même. Dans l’oeuvre de Monet c’est le temps qui apparaît en filigrane et dans Warhol ce sont les mécanismes de la société médiatique et consumériste.

En d’autres termes, le style ne se résume pas au sujet représenté mais à la démarche. Le processus de la série détermine chez les deux artistes une démarche singulière avec leur contexte social.

La série peut être utilisée pour faire comprendre le principe de la démarche artistique notamment dès la classe de troisième.

Bonne lecture,

Adeline Besson