Formations Artistiques

9 03 2009

Télérama vient de sortir un livret sur les formations artistiques.

couverture du livret

Sur le site de Télérama, une bonne partie des formations après le BAC sont mentionnées dans toute le France et ailleurs notamment pour le monde de la mode (dans le livret). Bref, le site constitue une bonne base pour éviter les pièges d’une orientation qui en étant très spécialisée, reste très ouverte à tous les métiers autour de l’art ( arts plastiques, mode, design et autres arts appliqués ou même l’enseignement).

A bientôt,

Adeline Besson



La méthode d’Hector Obalk

7 03 2009

portrait du critique et de l'historien

Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission « J’ai mes sources » de Colombe Schneck.

On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à-dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

livre

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.

Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : « Il décèle les mots derrière les images ». Certes,  la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.

Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.

A bientôt,

Adeline Besson



Mika Rottenberg à La Maison Rouge

2 03 2009

image issue d'une vidéo-installation

La jeune artiste présente une exposition monographique de ses installations, mélange de vidéos et de sculptures. Son travail vidéo contraste avec celui d’Andy Warhol, présenté lui aussi à la Maison Rouge. La fascination pour la société du spectacle chez le pape du Pop Art apparaît dérisoire après avoir vue le travail de Rottenberg. L’artiste prend pour modèle l’Amérique des petits employés, du travail à la chaîne alors que Warhol s’intéresse aux peoples des années 80. La première installation-vidéo semble être déconnectée de la réalité mais dans la deuxième, bien vite les personnes miment une réalité issue de la société de consommation. L’absurde pointe vite son nez et on se surprend à rire. Les gestes répétitifs des corps confinés dans des espaces étroits oscillent entre dégoût et érotisme. On pense quelquefois au rapport au corps et aux objets des films de Matthew Barney. Dans Dough (2005-2006), le spectateur est installé dans un espace restreint pour regarder une chaîne de production faisant fabriquer de la pâte par des femmes confinées dans des « box ».

Une preuve encore que l’on peut dénoncer les travers de la société de consommation sans idéologie en utilisant le ressort de l’absurde et sans tomber dans la fascination.

A bientôt,

Adeline Besson



Britz, une gifle magistrale

7 09 2008

PortraitPortrait

Hier soir 21 heures, je zappe sur Arte et je reste littéralement scotchée devant 3 heures de téléfilm intitulé en français Les Graines de la colère (réalisateur Peter Kosminsky). Le réalisateur de ce téléfilm n’est pas un petit nouveau. Ses sujets sont très politiques: la guerre du Kosovo et l’implication des troupes anglaises dans Warriors, les dessous de l’arrivée au pouvoir de Blair avec Les Années Tony Blair. Cette fois, Kosminsky récidive en proposant deux points de vue sur les répercussions des attentats londonien du 7 juillet 2005 auprès des citoyens britanniques d’origine pakistanaise, les « Britz ».

Ces deux points de vue se découpent en deux parties. Le premier suit l’aîné d’une famille d’origine pakistanaise, brillant étudiant qui choisit de rentrer au MI5, le service d’espionnage britannique. Le second, filme la cadette suivant des études de médecine qui milite contre les gouvernements Blair et Bush pour se transformer insidieusement en « vierge du paradis ». Loin d’être manichéens, les points de vue nous montrent un personnage d’espion loin du cliché James Bond, un jeune homme déterminé. Lorsque l’on découvre le système mis en place par le MI5, on pense à La vie des autres, le fameux film allemand (bientôt sur Arte). Le spectateur suit aussi l’assignation à résidence de la meilleur amie de la cadette avec bracelet électronique, liste de personnes à ne pas contacter, et procès sans son propre avocat, digne d’un prisonnier de Guantanamo.

Bref, un téléfilm ambitieux où tout sonne juste, où tous les effets filmiques font corps avec le sujet. Et surtout, les deux points de vue nous disent comment une démocratie peut basculer à tous moments sous couvert de lois antiterroristes.

A bientôt pour la rediffusion très tardive sur Arte.

Adeline Besson



Jeff Koons à Versailles

6 09 2008

Koons à Versailles

Jeff Koons et Versailles, deux noms antinomiques ? Pas si sûr, l’artiste américain mondialement connu investit Versailles à partir du 11 septembre. Split-Rocker notamment, sorte de sculpture végétale à deux faces est installée dans le jardin de l’Orangerie. Cette tête en forme de jouet mi-dinosaure mi-poney est censée contraster avec le jardin ordonné et codifié par Le Nôtre.

Tête

Cette installation rappelle Puppy devant le Musée Guggenheim à Bilbao. Jeff Koons déplace des jouets considérés comme populaires ( production à grande échelle et objet sympathique aussi bien auprès des enfants que des adultes) dans un contexte artistique, en l’occurrence ici, le Château de Versailles. Il en fait des sculptures monumentales fabriquées avec des techniques diverses (art de la topiaire, plastique, porcelaine, acier inoxydable) qui elles non plus, ne sont pas considérées comme classiques. L’objet du quotidien, le jouet transformé devient alors apte à être considéré comme objet d’art. Il ne s’agit pas ici de crier au scandale parce que les sculptures seraient de mauvais goût mais de revenir sur l’ironie ou l’irrévérence supposée des installations.

Là où certains y voient du scandale ou de l’ironie, j’y voit plutôt de l’installation convenue qui ne pose pas vraiment la question du lieu. Car les oeuvres de Koons sont juste exposées là où elles feront le plus d’effet. D’autre part, l’ironie aurait été plus intéressante si Jeff Koons n’avait pas, pour une fois transformé ces jouets comme Marcel Duchamp avait pu le faire avec un vrai urinoir.

Jeff Koons ne dénonce rien, il montre simplement que les objets du quotidien subissant une transformation peuvent s’adapter aux expositions et au marché de l’art. Cette nouvelle intervention au Château de Versailles tend à consacrer un artiste au somment de sa carrière. Tel le Roi Soleil, Jeff Koons brille au firmament de sa gloire.

Portrait

A bientôt,

Adeline Besson



Peter Doig: ?

20 08 2008

sKI JACKET 1994

Un point d’interrogation pour ce peintre qui est exposé jusqu’au 7 septembre 2008 au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Peinture sans concept ou sans démarche voire sans sujet si ce n’est une grande virtuosité technique dans la manière de superposer les textures sur la toile ou bien encore de dissoudre la peinture dans des toiles non préparées.

Le sujet est souvent un prétexte. Je m’explique: il se dissout dans les couches successives de peinture ou de transparences. C’est le cas de Jetty (1994). Le personnage dans le paysage semble comme solarisé à l’égal du négatif d’une photographie et le premier plan se confond avec l’arrière plan.

JETTY 1994

Ou alors ce même sujet semble s’évanouir dans la peinture elle-même. C’est le cas de Blotter (1993) ou du fameux 100 Years ago (2001). Le reflet du personnage sorte de double nous donne une impression étrange.

Blotter 100 YEARS AGO

Celle-ci est une sorte de déjà-vu. Quelque chose dont on se souvient avoir déjà fait l’expérience. Pas de concept, pas de démarche, pas de sujet mais un peintre d’atmosphère, d’impressions renforcées par le non fini, les superpositions des textures, des sujets.. mais surtout la dissolution de l’humain dans des paysages alternant entre la carte postale et l’histoire de la peinture (entre Hopper et les impressionnistes).

Ce déjà-vu aurait-il le goût d’un paradis perdu ?

A bientôt,

Adeline BESSON



Emil Nolde, les images non peintes

14 08 2008

aquarelle

(image: Presse-Océan; photo Roberte Jourdon)

Qui a dit que l’aquarelle devait être fadasse et insipide ?

Les aquarelles de l’allemand Emil Nolde réalisées sous le régime nazi sont à l’image de sa peinture et du groupe expressionniste Die Brücke. C’est en cachette qu’il réalise ces aquarelles (plus de 1300): on lui a donné l’ordre de ne plus peindre. Et c’est l’Abbaye de Sainte Croix aux Sables d’Olonne qui nous offre jusqu’au 7 septembre quelques 80 aquarelles de l’artiste.

Les sujets sont variés mais ce qui domine c’est non seulement la couleur mais aussi le trait noir ou sombre qui vient définir une forme. Mais en même temps cette couleur devient parfois indépendante du sujet comme Grande tête et de Couple en costume. Le rouge apparaît comme si l’on avait essayé d’essuyer du rouge à lèvres sur le visage. La couleur semble sortir du sujet et de la feuille.

couple en costume

Parfois c’est la couleur qui définit le sujet à coup d’auréoles colorées presque sans eau comme dans Vallée rocheuse dans une lumière bleue rouge.

C’est ce que l’on nomme un peu rapidement un coloriste mais c’est aussi le dessin qui fait corps avec la couleur ou plus exactement c’est la couleur qui enflamme le dessin.

En attendant si vous ne pouvez pas voir cette exposition vous pourrez toujours vous consoler en allant voir la grande exposition qui aura lieu au Grand Palais du 23 septembre 2008 au 19 janvier 2009.

A bientôt,

Adeline Besson



Juste un peu d’autopromo

27 02 2008

Copyright Adeline Besson 2008 - tous droits réservés« Les Nouvelles aventures de Tintin » sont arrivées !

Je signale pour une fois mes activités en tant qu’artiste: j’organise une exposition au bistrot « 25° EST », Place de Stalingrad à partir de 19 heures, métro Jaurès ou Stalingrad, jusqu’à fin mars.

Cette exposition prend pour fil conducteur l’icône de la bande dessinée Tintin mais j’ai retenu plutôt le personnage de Hergé comme un nouveau Candide. Il n’est plus Tintin au Congo ni Le Spectre d’Ottokar mais il a encore de sérieux problèmes avec les autres ou l’image qu’il se fait des autres.

Tintin c’est un peu nous tous, nous ne sommes plus dans le colonialisme mais nous sommes encore coincés entre nos clichés et notre quête des origines. Cette quête des origines se traduit par le retour au primitif et à l’écologie.

L’accrochage se fera de manière classique avec peintures et dessins mais aussi avec un travail d’écriture produit in situ, c’est-à-dire en fonction du lieu.

L’exposition s’appuie sur des références liées à l’anthropologie, à l’histoire des cultures et des travaux de photographes de reportage. Je tente de pointer les contradictions inhérentes aux images, notamment de presse, qui balancent entre empathie et esthétique, ou encore aux images de type encyclopédique qui tentent de généraliser voire d’universaliser des cultures et donc de s’éloigner de leur complexité.

Les images utilisées sont des photographies portant sur le travail des enfants du Bangladesh de G.M.B. Akash et sur les Rroms des Balkans, Roumanie et Albanie d’Yves Leresche. Les autres images sont tirées des deux albums de Tintin cités plus haut, ou sont des photographies prises sur le port de La Pallice (La Rochelle est le deuxième port français pour l’acheminement de bois exotique).

Le premier support utilisé pour la peinture est le médium bois, un des matériaux les plus consommés. L’autre support s’apparente à du papier japonais sur lequel on fait de la calligraphie. Les deux sont utilisés pour faire ressortir les dessins du bois et pour montrer la fragilité d’un dessin fait aux pastels secs, au fusain et au feutre. Le dessin comme le peinture sont plus proches d’un dessein. C’est-à-dire d’un dessin/ projet en train de se faire, d’une pensée qui se déroule et qui pose des questions.

Car ce qui m’intéresse en tant qu’artiste c’est de poser des questions au spectateur en confrontant ces images les unes avec les autres, qu’elles soient tirées de la bande dessinée, de l’illustration, de la photographie de presse, des cartes postales … sans faire de hiérarchie mais en proposant un point de vue sur le monde.

A bientôt,

Adeline Besson



Marc Desgranchamps à la galerie Zürcher

2 02 2008

Nouvelles peintures

Nouvelles peintures à la Galerie Zürcher (Paris), un artiste qui peint et qui utilise la photographie de manière subtile voire troublante. La photographie comme modèle, pas tout à fait mais une manière pour lui de superposer plusieurs images qui finissent par s’interpénétrer entre elles. Ces superpositions sont traitées en peinture par des jus, créant ainsi des jeux de transparences.

Si les représentations sont issues de photographies banales ou tirées de la presse, elles ne sont pas le sujet des tableaux. C’est plutôt, de la manière dont Desgrandchamps les superpose que naît l’étrangeté comme une pellicule photo qui aurait servi plusieurs fois. Le regard du spectateur est miné car il ne sait plus très bien où il faut regarder.

Ce jeu de transparence entre l’arrière et le premier plan n’offre plus de hiérarchie claire pour le regard. Il en résulte comme le dit si bien Olivier Cena un sentiment étrange: (…) « le ciel est toujours désespérément bleu et la lumière uniforme, monotone, à la limite de l’absence. Il n’y a pas d’excès, pas de violence, mais, comme sur les vieilles photographies aux couleurs pâlies par le temps, il y flotte le parfum nostalgique (proustien ?) de souvenirs anciens dont on ne sait plus très bien si les moments auxquels ils se rattachent furent heureux ou pas. »(chronique du critique d’art dans le dernier Télérama)

L’artiste est celui qui en parle le mieux: cliquez sur l’image puis sur « vidéo » en haut à droite de la page qui apparaîtra.

Desgranchamps

(capture d’écran du site de la galerie Zürcher)

A bientôt,

Adeline Besson



Une tête maorie fait parler d’elle

9 01 2008

Image de la tête Maori

La France a décidé de ne pas rendre la tête maorie conservée au Musée de Rouen. Suite à la décision du tribunal administratif, le ministère de la culture a bloqué le transfert de la tête tatouée, offerte en 1875 au Musée d’Histoire Naturelle de Rouen par un collectionneur français. Le New Zealand Herald s’allarme de cette décision, considérant l’objet comme un reste humain (donc lié au sacré) et non comme une oeuvre d’art (voir l’article dans le Courrier International du 07 janvier 2008).

Oeuvre d’art ou reste humain? Le sujet est plus complexe que la polémique soulevée par le journal. Il correspond à deux visions différentes du musée. Ces deux visions seraient une vision française et une autre anglo-saxonne comme le Canada, l’Australie et bien sûr, La Nouvelle Zélande. Autrement dit, d’un côté il y aurait le Musée du Quai Branly à Paris, et de l’autre le Musée de Te Papa Tongarera en Nouvelle- Zélande.

La première conception – celle du Quai Branly – valorise l’esthétique de l’objet qui devient chef-d’oeuvre au même titre que les chefs-d’oeuvre du Louvre. La deuxième conception – celle du Te Papa Tongarera – existe dans les anciennes colonies anglo-saxonnes ; ces « musées ont été amenés à élaborer des protocles pour l’exposition des objets » (propos de Brigitte Derlon, anthropologue), considérant que respecter la tête maorie est rendre sa dignité au peuple maori. Ces musées sont le fruit d’une politique restituant la culture des peuples autochtones.

Ces deux conceptions sont intéressantes et à découvrir, mais ce qui me semble grave est que le visiteur ne sait pas toujours que le contenu de ces musées fait le grand écart entre récupération politique et construction occidentale du chef-d’oeuvre.

Je reprendrai les propos d’Andras Zempleni, africaniste qui a conclu lors des rencontres inaugurales du Quai Branly que » c’est avant tout pour les gens qui fabriquent les objets qu’il faut avoir du respect, et pas pour les objets en eux-mêmes. » On sait que lors des cérémonies malangans en Nouvelle Irlande par exemple, les objets sont construits en l’honneur d’un mort, offerts symboliquement, considérés à ce moment-là comme « beaux », puis normalement détruits. Lorsqu’ils ne le sont pas, ils sont considérés comme sources d’échange avec les occidentaux.

En d’autres termes, la culture occidentale s’est essentiellement construite sur des objets matériels qui ont changé de fonction entre leur création, leur usage et leur exposition. Les enjeux d’aujourd’hui sont identitaires et politiques.

A méditer,

A bientôt,

Adeline Besson