Land Art au Landy-journal de bord (2)

20 05 2010

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Aujourd’hui, pas de machines sophistiquées disponibles, quelques pelles et autres outils de jardinage pour finir de nettoyer une grosse tranchée au fond de la parcelle qui fait 5300 m2 (l’équivalent d’un terrain de football et demi).

Les déchets de cette tranchée contraste avec le tracé bien régulier déjà effectué pour réaliser le plan général de l’oeuvre de Jean-Paul Ganem. L’artiste et Stéphane Benhamou (son producteur) en pleine action pour ce nettoyage fastidieux.

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Pour ma part, je me contente d’observer les travaux et les plantes qui poussent sur le terrain puisque je suis en enceinte de 9 mois…

Demain l’entreprise de BTP Dubrac reprend son travail pour finir de déblayer le reste des tranchées qui ne sont pas aussi rectilignes que sur les photos. Le fait de soulever les différentes dalles avec la machine a permis de fabriquer des fissures qui seront certainement remplies de terre où pousseront des fleurs de jachère.

En attendant « La Plateforme du bâtiment » par l’intermédiaire de Saint-Gobain, nous fournit le matériel pour semer et pour protéger les élèves et les graffeurs pour les différents ateliers.

A bientôt,

Adeline Besson



La Journée de la jupe: une catharsis pour l’éducation

22 03 2009

La journée de la jupe

Arte a battu des records vendredi soir en terme d’audience pour ce film de Jean-Paul Lilienfeld qui condense à lui tout seul beaucoup de problèmes liés à l’éducation, au sexisme et à la cité. Le scénario renverse les rôles. Ici, c’est Sonia (Isabelle Adjani) professeur de français qui pète les plombs par un concours de circonstances et s’empare de l’arme du caïd de la classe. Le choc est brutal et il agit comme une catharsis pour les élèves qui sont restés dans le théâtre.

Tous les mécanismes sont mis à nu par le réalisateur.

A l’intérieur du théâtre, c’est  la difficulté d’enseigner, le racket du caïd, le viol d’une des élèves, le traumatisme d’une autre qui a vu sa mère de se faire tuer par des islamistes en Algérie…

A l’extérieur, c’est la lâcheté du principal (Jackie Berroyer) qui a démissionné depuis longtemps mais aussi de certains enseignants qui justifient l’attitude agressive des élèves et c’est encore le ministre de l’éducation qui hésite entre négociation ( Denis Podalydès) et répression (Yann Colette) pour finir dans un bain de sang…

C’est à y bien réfléchir l’arme, passant de main en main, qui sert d’électrochoc à ce condensé de questions sans brosser tous le monde dans le sens du poil.

A voir au cinéma le 25 mars.

A bientôt,

Adeline Besson



Persepolis, le film

6 07 2007

Marjane Satrapi signe un film étonnant avec son acolyte Vincent Parronnaud. Ce film d’animation construit de manière traditionnelle est un véritable précis de ce qu’est devenu l’Iran de la chute du Shah à la République islamique. Quand l’histoire individuelle d’une petite fille devenue femme rejoint la grande histoire.

image du film

Car cette grande histoire réserve un sort peu enviable aux sujets féminins. C’est ce qui pousse l’héroine « Marjy » à s’exiler en Autriche et du coup à ne plus vraiment savoir qui elle est ni où elle va. Cette quête d’elle-même qui oscille entre culture orientale et occidentale rend la transformation de l’adolescente d’autant plus difficile mais aussi plus savoureuse. Mais cette transformation, servie par un graphisme presque enfantin au début et plus minimal à la fin, doit s’accomplir par la liberté quitte à laisser derrière elle les siens.

La construction, le graphisme, l’humour second degré du film sont au service d’une histoire personnelle qui est celle de Marjane Satrapi. Pas de prouesses techniques mais des sentiments qui sonnent juste à l’oreille du spectateur, d’autant que la voix des comédiens renforce cette justesse de ton, notamment celle de Daniel Darrieux qui prête sa voix à la grand-mère de Marjane.

image de la grand-mère avec sa petite Marjane

Bon film, à bientôt,

Adeline Besson



Madâme joue les prolongations!

10 02 2007

image du film Madâme

Le film Madâme de John Paul Lepers est encore visible à l’Entrepôt jusqu’à fin février. Pour voir des extraits consultez le blog du réalisateur.

A bientôt,

Adeline Besson



Madâme ou l’image de Bernadette Chirac

17 01 2007

image du livre de Lepers

Le film Madâme de John Paul Lepers est l’occasion de parler de l’image de l’épouse du Président actuel. Car l’épouse du Président n’a pas de statut dans les institutions françaises. Le film se présente comme un document à charge mais l’image renvoyée par Madâme est tellement lisse et positive alors que faire d’autre? D’autant que celle-ci a déjà relaté sa vie dans un livre entretien avec Patrick de Carolis.

L’image de Madâme a pris au cours des années beaucoup plus d’importance. Même si son entrée en politique s’est faite à contre-coeur. En effet, Jacques Chirac lui demande de se présenter comme conseillère générale de Corrèze en 1979. Elle qui se confie comme timide à une proche de l’époque (dans le film, la femme de l’élu décédé dont elle brigue le mandat), se retrouve en charge de cette nouvelle fonction. Bien vite, Madâme se prend au jeu et prend soin de ses administrés. A tel point que les petits mots accompagnants les subventions sont au cachet de la Présidence de la République. Le mélange des genres commence ici. Le clientélisme n’est pas une nouveauté mais il s’accommode mal de ce mélange surtout après les affaires politico-financières des dernières décennies.

L’image a de quoi impressionner les administrés de Corrèze. Sur celle-ci, se rajoute la dame au grand coeur avec l’opération Pièces Jaunes de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France et David Douillet comme personnalité (voir article de l’express de 2006). Et puis le soutien pour la vie quotidienne des enfants et des personnes âgées, toujours avec la même Fondation avec Aimé Jacquet. Toutes ses oeuvres caritatives sont relayées par les TF1 alors qu’Anne Barrière (épouse de Robert Namias, directeur de la rédaction de TF1) était à l’époque du film de John Paul Lepers la conseillère en communication de Madame Chirac. Puis France 3 participe aussi de la construction de cette image mais aussi dévoile une deuxième facette moins politiquement correcte, à savoir le reportage ou plutôt le montage de cette même chaîne afin de montrer une conseillère générale de Corréze offensive qui obtient le maintien du petit bureau de poste de la bonne ville de Sarran par un fonctionnaire de la Poste. Bref l’image a un revers bien amer et si la RTBF a essayé d’arrêter Madâme dans la rue pour lui poser des questions comme n’importe quelle autre personnalité, elle leur a répondu que l’on arrêtait pas les personnalités dans la rue mais qu’il fallait prendre rendez-vous avec leur conseiller en communication : « Imaginez si vous abordiez la reine Paola de Belgique ». On se demande si cela ne serait pas plus facile d’aborder la reine des Belges qui n’a comme Mâdame aucun rôle réel dans leurs institutions respectives. Mais voilà Madâme a bien un rôle mais celui de conseillère générale de Corréze et non de Chef d’Etat. Madâme aurait-elle confondu l’image qu’elle a créée au fil des années avec son mandat réel?

Je vous recommande donc vivement le film de John Paul Lepers qui est visible au centre culturel L’Entrepôt dans le 14 ème arrondissement de Paris. Et oui, c’est le seul cinéma qui a bien voulu le diffuser mais vous pouvez voir un grand nombre d’extraits du film sur le blog du journaliste: www.johnpaullepers.blogs.com

A bientôt et bon film

Adeline Besson



Le grand silence

9 01 2007

les Chartreux

Ce Film de Philip Groning est classé dans la catégorie du documentaire. Mais ce film est bien plus que cela. Le réalisateur s’est immergé pendant 6 mois dans la communauté des Chartreux, au monastère alpin de la Grande Chartreuse. Ce film devait parler du temps et c’est bien ce qu’il fait, le monachisme avec ses règles devient alors une métaphore. Celui-là même qui rythme de manière invariable la vie dans le monastère.

affiche du film en AllemagneLe silence observé par les moines permet de montrer la préciosité des moments où la vie est rompue par une action même infime ( des vaches qui rentrent dans le cloître, les jeunes moines qui font de la luge ou une conversation collective sous un soleil d’été) .

Le traitement de l’image oscille entre une image très plastique avec un type de caméra rappelant les vieilles images en super 8 et d’autres plus classiques où les couleurs naturelles font ressortir la luminosité de la nature. A ce propos, la manière de filmer se rapproche des derniers films de Terence Malik lorsqu’il s’intéresse à cette nature. Les plans sur cette nature, parfois proche du flou rappellent les films minimalistes voire conceptuels des artistes des années 70 comme Mickael Snow. Mais ce qui est réellement nouveau, c’est de réunir toutes ces qualités formelles dans un documentaire sur une communauté restée plutôt fermée jusque là.

la nature, les Chartreux

Bon film ou bon prochain DVD car peu de salles en France diffusent le film.

Pour aller plus loin, voir les impressions, les rappels historiques et les références que donne Hugo sur son blog « Le Jardin des Retours ».

Adeline BESSON



RED ROAD

18 12 2006

Ce film d’Andrea Arnold a remporté le prix du jury au dernier Festival de Cannes. Ce film est le premier d’une série réalisée selon le concept Adavance Party, et s’apparente au dogme de Lars von Trier. Ce concept veut que trois réalisateurs développent des scénarii sur le même groupe de personnages. Les films doivent se dérouler en Ecosse.

Le film pourrait poser la question suivante: comment faire son deuil lorsque l’on a perdu ce que l’on a de plus cher, à savoir pour le personnage féminin principal, sa famille la plus proche qui n’est plus là?

La cinéaste montre une confrontation de personnages de manière magistrale. L’ambivalence des sentiments envahit peu à peu le personnage masculin et féminin. Le scénario joue avec les nerfs du spectateur mais la rédemption des uns et des autres ne viendra pas là où on l’attend…

Vivement la suite du concept.

Bon film, Adeline Besson



Le labyrinthe de Pan

4 11 2006

Dernier film de Guillermo Del Torro, sorti de 1er novembre.

Ofélia, sorte d’Alice aux Pays des Merveilles, se voit soumise à l’emprise d’un capitaine franquiste joué par un Sergio Lopez inquiétant. Sa mère enceinte a en effet épousé cet homme qui maîtrise aussi bien sa troupe que sa future famille. Mais le chemin iniatique de la jeune fille se transforme en deuil. Il alterne entre le réel, la violence et la torture pratiquée par le capitaine, et le merveilleux (le faune, la mante religieuse, qui se transforme en fée, le crapaud monstrueux), etc… L’originalité du réalisateur réside dans cette alternance entre ces deux mondes, ces deux niveaux de représentations et donc de significations.

L’enfant échappe t-il à la violence du réel par les allégories d’un monde fantastique? La seule à faire la fusion entre l’Histoire et les êtres merveilleux, c’est Ofélia, héroïne non pas de Carrol mais Del Torro.

Bon film et à bientôt. A noter l’excellent article du Monde par Jean-François RAUGER.

Adeline Besson



L’Accordeur de tremblements de terre

28 09 2006

Les frères Quay nous proposent un conte fantastique . L’histoire est un peu difficile à résumer car les situations se rejouent continuellement de manière différente tout au long du film.

En effet, la grande cantatrice Malvina van Still jouée par Amira Casar qui doit bientôt se marier à son partenaire de scène, se retrouve kidnappée par un savant (le docteur Droz) magistralement inquiétant joué par Gottfried John qui la maintient dans un semi-coma. Mais bientôt, elle est condamnée à préparer un grand concert. Pour ce faire un accordeur de piano, sorte de pierrot lunaire, Felisberto, est embauché par le docteur pour accorder choses curieuses, automates….

On rentre assez vite dans cet univers cotonneux où la lumière d’un sud imaginaire vient éblouir le spectateur et endormir les acteurs. Le trouble s’installe rapidement. Les réalisateurs brouillent les cartes du début de narration par un flots d’images et de références. Toutes ces images extrêment travaillées ne nous laissent pas forcément l’esprit libre. C’est peut-être ce manque de flottements et de « temps morts » qui pèsent sur la fin du film. Là où David Lynch, par exemple, utilise des paysages et une bande son très juste pour laisser le spectateur respirer et s’approprier un univers labyrinthique et complexe.

Les différents procédés utilisés sont très riches qu’ils soient la mise en abyme ou les différents niveaux de représentations car les images alternent entre enregistrements du réel et images d’automates en carton-pâte. Riches peut-être trop riches mais l’esthétique est baroque et fait plus appel au style romantico-onirique de la fin du XIXème siècle. On pense assez vite à « L’Ile aux morts » d’Arnold Brocklin (1880) pour les paysages.

Bon film!

A bientôt

Adeline Besson