Land Art au Landy enfin du concret!

18 05 2010
première tranche des travaux

première tranche des travaux

Le projet Land Art n’est plus un projet, la première phase a débuté il y a 15 jours. Après avoir nettoyé la friche avec les Parcs et Jardins de la ville d’Aubervilliers et Plaine Commune, l’entreprise de BTP Dubrac a entrepris le tracé du dessin principal du « Jardin des Fissures » de l’artiste Jean-Paul Ganem (voir les articles précédents). Les élèves de 3ème terminent les projets personnels qu’ils réaliseront sur le côté de l’oeuvre de l’artiste.

jardin des fissures simulation

En attendant, une première simulation permet de se faire une idée de l’oeuvre. Il s’agit de faire ressortir le plan principal des différents entreprises qui se sont succédées sur la parcelle de 5300 m2 depuis le début de l’industrialisation du quartier du Landy au XXème siècle. Le dessin va apparaître au fur et à mesure de la pousse. Les plantes utilisées seront essentiellement agricoles pour faire référence au passé maraîcher qui cohabitait allègrement avec les industries souvent très polluantes des années 1920 comme la savonnerie Caminade.

1974-craquelures

Les semis sont prévus pour la fin mai début juin pour une floraison optimale en septembre. Le millet, le moha vont se frotter aux plantes dites de chantier (arbres à papillons, figuier etc…) et vont surtout contraster avec les murs de l’atelier Graff sur la droite du jardin.

moha arbre à papillons millet

Mais surtout cette nouvelle flore va permettre à cette friche de devenir un jardin urbain avec une biodiversité bien à elle (abeilles, différents insectes et oiseaux) qui n’a pas pu s’installer sur cette parcelle abandonnée depuis une vingtaine d’années.

A bientôt, pour de nouvelles aventures de Land Art au Landy.

Adeline Besson



Britz, une gifle magistrale

7 09 2008

PortraitPortrait

Hier soir 21 heures, je zappe sur Arte et je reste littéralement scotchée devant 3 heures de téléfilm intitulé en français Les Graines de la colère (réalisateur Peter Kosminsky). Le réalisateur de ce téléfilm n’est pas un petit nouveau. Ses sujets sont très politiques: la guerre du Kosovo et l’implication des troupes anglaises dans Warriors, les dessous de l’arrivée au pouvoir de Blair avec Les Années Tony Blair. Cette fois, Kosminsky récidive en proposant deux points de vue sur les répercussions des attentats londonien du 7 juillet 2005 auprès des citoyens britanniques d’origine pakistanaise, les « Britz ».

Ces deux points de vue se découpent en deux parties. Le premier suit l’aîné d’une famille d’origine pakistanaise, brillant étudiant qui choisit de rentrer au MI5, le service d’espionnage britannique. Le second, filme la cadette suivant des études de médecine qui milite contre les gouvernements Blair et Bush pour se transformer insidieusement en « vierge du paradis ». Loin d’être manichéens, les points de vue nous montrent un personnage d’espion loin du cliché James Bond, un jeune homme déterminé. Lorsque l’on découvre le système mis en place par le MI5, on pense à La vie des autres, le fameux film allemand (bientôt sur Arte). Le spectateur suit aussi l’assignation à résidence de la meilleur amie de la cadette avec bracelet électronique, liste de personnes à ne pas contacter, et procès sans son propre avocat, digne d’un prisonnier de Guantanamo.

Bref, un téléfilm ambitieux où tout sonne juste, où tous les effets filmiques font corps avec le sujet. Et surtout, les deux points de vue nous disent comment une démocratie peut basculer à tous moments sous couvert de lois antiterroristes.

A bientôt pour la rediffusion très tardive sur Arte.

Adeline Besson



Les séries américaines: la face cachée de l’Amérique

30 09 2007

Là où les films hollywoodiens cessent d’être créatifs, les séries télévisées prennent le relais. Les Sopranos, 24 heures chrono, Nip Tuck, Lost ou encore plus récemment Weeds, font éclatées les codes du politiquement correct aux Etats-Unis.

Elles ont en commun de se présenter sous des dehors déjà codifiés, à savoir une bonne dose de politiquement correct en apparence qui cache des dessous insoupçonnés voire complètement improbables. D’ailleurs, le chef mafieux des Sopranos se cache bien sous des dehors de père de famille respectable et a même une psychanalyste pour confier ses angoisses. Dans Weeds, la famille élargie tente presque coûte que coûte de se fondre dans le décor de la banlieue américaine à moins que ce soit pour mieux vendre la marijuana à toute cette banlieue qui s’ennuie à mourir. Dès le début , le générique place le décor : les habitants semblent tous faire la même chose au même moment. Ce début ironique ne peut que déraper.

Weeds

Mais ces séries plus au moins récentes ne sont pas les premières à dynamiter le politiquement correct. L’une des premières dans les années 80 a vu le jour sous la plume et la caméra de David Lynch. La série Twin Peaks se situe au niveau de l’image entre les Feux de l’amour et Dallas.

Twin Peaks

Sauf que les acteurs évoluent dans une petite ville qui semble tout à fait paisible mais le meutre de Laura Palmer vient troubler les archétypes de la bonne société américaine. En grattant un peu l’inspecteur découvre des personnages plus au moins dérangés, déjeantés ou inquiétants. La femme à la bûche qui fait parler celle-ci afin de répondre aux questions de l’inspecteur.Femme à la bûche

Sous les images trop sucrées, saturées le spectateur voit poindre au fil des épisodes l’obsession du mal, thème cher à Lynch. Laura l’adolescente ravissante et naîve à son revers.

Laura Palmer Laura Palmer morte

Si la série Twin Peaks est inachevée pour différente raisons, l’Amérique était-elle encore prête à se voir si vilaine dans ce miroir? Autre époque, dans les années 90, une autre série fait une apparition éclair. Elle se nomme Mr Profit.

Couverture du DVD

Le scénario est machiavélique à tel point que le spectateur semble presque à chaque fois dérouté. Les tabous tombent l’un après les autres au cours des épisodes. L’histoire démarre sur un fait divers: à la mort de sa mère le héros est élevé par son père dans un carton d’emballage où le géniteur pour le nourrir lui jette ses propres déchets par dessus le carton. La seule fenêtre vers l’extérieur c’est la télévision qu’il voit à travers un trou percé à travers le carton. Ce carton appartient à la marque gracen and gracen. Détail qui paraît insignifiant mais qui va déterminer toute l’ascension sociale de Mr Profit. Car le cadre enfin entré dans la multinationale du même nom ne va pas cesser de saper les fondements de la firme.

La série devenue culte dans l’histoire de la série télé a été arrêtée prématurément. Peut-être parce que le héros n’avait pas de porte de sortie à savoir la rédemption. Avec cette série, le héros n’est plus positif et ne cherche pas à plaire ou à provoquer la compassion. Le danger vient peut être du fait que le spectateur ressent un plaisir non dissimulé à suivre ce machiavel de la stratégie sans se préocupper de la moralité du héros.

Etait-ce encore trop tôt pour les années 90 ?

Les séries genre « Le destin de Lisa » ont encore du chemin à faire…

Bonne série,

Adeline Besson



« Le destin de Lisa » ou la Belle sans les bois dormant…

13 09 2007

Lien vers un site de fans...Pourquoi un tel engouement pour ce sitcom qui a germé à l’origine en Amérique Latine dans la tête de quelques scénaristes ? Par curiosité je me suis collée lamentablement devant la télé et pas qu’une fois. Si le générique du sitcom ressemble à s’y méprendre à une bande annonce de film d’action, c’est que le concept tient dans ce même générique. C’est dire l’intérêt du concept. Mais « l’effet chewing gum » dont parle Godard à propos de la télévision réside dans ce peu de contenu. Le spectateur veut savoir si Lisa, l’héroîne laide de ce soap va finalement se transformer en Belle au bois dormant (ou en Cendrillon) et se marier avec son prince de patron (entreprise familiale de prêt à porter). En fait le crapaud du conte de fée que l’on connaît bien est en fait le patron de Lisa et ce même patron serait le pendant masculin de la princesse qui embrasse le crapaud.

Le succès de ce sitcom consiste à réadapter un conte de fée à la sauce contemporaine. Le scénario n’est pas le seul responsable de cet effet féérique mais les couleurs flashy, les vêtements années 80 et le montage ne font que renforcer un monde improbable avec des homosexuels qui deviennent subitement des hétérosexuels, des belle-mères acariâtres qui ressemblent au conte de Blanche-neige et des personnages stéréotypés qui ont des pensées intérieures proches du vide intersidéral.

Bref, une série à court terme car la fin vous la devinez, non? ….

Si vous voulez regarder une série qui a du contenu, « Lost » c’est bien moins nunuche.

A bientôt

Adeline Besson



Le nu, l’homme (suite et fin)

5 10 2006

 La série documentaire d’ARTE s’est achevée sur le nu masculin. Le réalisateur R.Bergmann réalise une boucle qui commence par le « DAVID » de MICHEL-ANGE (1501/1504) et se termine par une installation vidéo de Marie-Jo LAFONTAINE, intitulé « Les larmes d’acier » (1987). La thématique propose enfin une réflexion grâce à cette boucle. Le propos est étayé par deux autres oeuvres d’art, à savoir « L’Amour victorieux » du CARAVAGE (1601/1602) et de F. LERGER, « Nus dans la forêt » (1909/1910).

Le « DAVID » de MICHEL-ANGE est une sculpture de marbre commandée par la ville de Florence. L’oeuvre devient le symbole de la jeune République résistante. En effet, David est celui qui a vaincu Goliath, il a sauvé Israel de la destruction, c’est l’élu de Dieu, le prolongement de celui-ci se réalisant dans ce corps antique, maître étalon de l’art de cette période. Le héros devient alors canon de beauté.

 « L’Amour victorieux » du CARAVAGE ne représente pas un homme mais le corps d’un adolescent. Le tableau est ambigu. Ce regard s’adresse-t-il au spectateur? Le sourire de ce jeune homme est embarrassé. Pourquoi des instruments de musique, en bas à gauche de la composition? Le réalisateur rappelle la réputation sulfureuse du CARAVAGE. Non seulement, le peintre ne cache pas sa préférence pour les jeunes éphèbes mais il fréquente les bas-fonds et ne rechigne pas à la bagarre, ce qui provoquera sa fuite et sa disgrâce de Rome. Cette même ville qui se considère comme l’héritière de la tradition antique qui veut que « le vérité et le sexe se [lient] dans la forme de la pédagogie, par la transmission, corps à corps, d’un savoir précieux; le sexe servait de support aux initiations de la connaissance. »( Histoire de la sexualité I de M. FOUCAULT)  Mais voilà, les musiciens sont partis, l’amour a-t-il triomphé? La couronne est à terre, ses charmes ont-ils opérés? Le corps masculin devient support du désir au même titre que celui de la femme.

Le tableau de F. LEGER aborde le corps d’une autre manière. Pas de mortels ni de héros mais des titans qui défrichent une forêt pétrifiée. Les corps sont asexués, point d’érotisme mais une thématique récurrente chez l’artiste, à savoir l’homme au travail. Cet homme qui est en train de créer un espace où la civilisation pourra s’édifier. En effet, le peintre utilise le cubisme non pas comme PICASSO pour montrer des jeunes filles et des mandolines à cette même période mais utilise des formes cylindriques, des tubes , des barres. La civilisation devient mécanique. LEGER rend hommage, après la 1ère Guerre Mondiale à ses camarades de combat dans son tableau les « Fumeurs » . L’édification d’une société nouvelle se réalise grâce au travail. Le travail est une fête, les acrobates et les ouvriers participent à l’utopie de LEGER. Le corps devient le support de l’utopie. 

L’installation vidéo de Marie-jo LAFONTAINE intitulé les « larmes d’acier » est une installation monumentale qui diffuse sur 27 moniteurs des images d’athlètes masculins qui souffrent, images presque voluptueuses sur la musique de « Norma » de Bellini, interprété par Maria Callas. Cette oeuvre est présentée à la grande manifestation de la  Documenta 8 de Kassel. Les séances de musculation, loisir jouissif où l’effort physique devient presque érotique. Chez la vidéaste, la séduction, la beauté sont intimement liés à la violence et à la mort. « Las cinco de la tarde » (1984) en est un exemple. Le corps de l’athlète fait écho à celui du corps du DAVID renaissant. Mais voilà les héros deviennent des idiots bien bâtis, adorateurs fétichistes de leur propre musculature. Les 27 écrans affirment le plaisir solitaire du narcisse. Nous assistons au déclin du désir masculin dont le corps de la femme est l’origine. 

Bonne lecture et pour autre interprétation du nu consultez le site d‘ARTE TV dans la rubrique archives. 

Adeline Besson 



Le nu ou l’innocence (suite)

17 09 2006

Suite de notre documentaire télé sur arte , troisième volet dévolu à l’histoire de l’art du nu.

Le réalisateur pose la question de l’innocence à l’aide de quatre tableaux:

« La Maja nue » et la « Maja vêtue » de F. GOYA (1797)

« La Liberté guidant le peuple » d’E.DELACROIX (1830)

-« Les Demoiselles d’Avignon » de P.PICASSO (1907)

Malheureusement, le réalisateur Rudij Bergmann ne problématise pas vraiment le nu présent dans tous ces tableaux avec le thème de l’innocence, alors le spectateur reste un peu sur sa faim.

Maja vestida de Goya Maja desnuda de Goya

 

 

 

 

 

Dans le premier tableau, « La Maja nue » de GOYA, le nu féminin regarde le spectateur de manière insistante. Cette réprésentation qui paraît tout à fait innocente aujourd’hui est traquée par la censure espagnole. Celle-ci poursuit le peintre. Car GOYA prend de gros risques, outre la peine d’emprisonnement, la confiscation des biens, le peintre risque la mort. Il doit habiller la Maja. Pourtant, ce nu de femme n’est pas le premier à regarder le spectateur, LE TITIEN a employé le même dispositif dans la « La Vénus d’Urbino » mais voilà la jeune femme alanguie sur un lit, porte le nom de Vénus… En effet, la MAJA n’est plus une Vénus. S’agit-il de la Duchesse d’Albe qui fut un temps la maîtresse et le modèle du peintre ? Quelques dessins nous mettent sur la piste, une des esquisses, plus que suggestive, nous montre la duchesse tournée de dos, découvrant ses fesses nues au maître. Vers la fin du 18ème siècle GOYA devient premier peintre de la Cour d’Espagne. Cette liaison avec la Duchesse, presque officialisée par son portrait daté de 1795 où elle est représentée en femme émancipée et à ses pieds GOYA inscrit « sola goya », ne dure pas. Les deux « MAJA » se retrouvent, un peu plus tard dans la collection du premier ministre de Charles IV, Manuel Godoy, nouvel amant de la Duchesse d’Albe. Goya a commencé à craqueler le vernis de l’hypocrisie en montrant une maîtresse, une femme comme les autres et non une vénus se cachant sous les traits de l’innocence. Après tout, les amours illégitimes étaient une norme à la Cour d’Espagne à cette époque. Le peintre ouvrait ainsi la voie à bon nombre d’artistes, comme « Olympia » de Manet.

La liberté guidant le peuple (détail - liberté et gavroche) « La Liberté guidant le peuple » de DELACROIX met en scène la Révolution de Juillet 1830. Si le spectateur a l’impression de voir un instantané ou un reportage, le peintre a parfaitement réparti les rôles, tant au niveau des personnages  qu’au niveau de la composition du tableau. Le Parlement et le roi sont en conflit. Charles X veut imposer sa volonté par la force et il se fait assurer par le préfet que le peuple de Paris ne bougera pas. Mais la « Révolution de Juillet » éclate, DELACROIX représente la liberté sous les traits d’une simple concierge. Il n’y a plus de figures héroîques, le gamin, l’ouvrier, les déserteurs de la Garde Nationale s’élancent à travers les barricades vers le spectateur. Le profil de la jeune femme rappelle l’Antiquité. Le ruban qui lui soutient les seins flotte au vent et fait écho aux cheveux de la Vénus de BOTTICELLI . Le couple Liberté/Gavroche se rapprochant du mythe romain de Vénus et Cupidon. Même DELACROIX s’invite dans son propre tableau. Mais bientôt, les cadavres , comme dans le « Dante et Virgile » du même peintre, viennent clore la composition et annoncer la prochaine Révolution, celle de 1848. Si la « Liberté » se fait déesse, emprunte d’érotisme, elle se gagne au prix de la mort. Le nu a perdu son innocence sur les barricades mais a conquis son indépendance en tant que symbole.

Les Demoiselles d'Avignon

Dans « Les Demoiselles d’Avignon », PICASSO veut  conquérir un nouveau monde. Il faut clore les périodes bleue et rose. Les figures au nombre de cinq apparaissent comme sculptées au burin. Pas de débauche de couleurs, les dessins préparatoires indiquent deux autres personnages masculins : un étudiant et un matelot . Les femmes de ce bordel de Barcelone situé rue d’Avignon, se présentent sous des formes archaîques, nées de la fascination qu’a PICASSO pour les formes dites primitives. Certains visages renvoient à des masques africains. Ces cultures en provenance des colonies françaises permettent au peintre de prendre ses distances face à un monde qui a perdu ses origines. L’artiste va faire renaître un autre monde. En bas, au milieu des cinq personnages féminins, PICASSO place une coupe de fruits, symbole du plaisir éphémère. Le réalisateur fait une longue digression sur la syphilis de PICASSO, fait qui n’apporte pas vraiment à l’explication du nu. Il compare ce tableau à « La Joie de vivre  » de Matisse qui serait le pendant apaisé des « Demoiselles d’Avignon ».

PICASSO fait clairement appel au nu, sujet classique dans la peinture pour détruire un monde ancien et reconstruire un autre proche d’une culture primitive. Mais si le sujet a perdu son innocence dans le registre des formes archaïsantes, il a regagné celle-ci dans une quête des origines perdues.

Bonnes lectures

Adeline Besson

 



Le nu ou le corps dévoilé

10 09 2006

Une série documentaire vient de se poursuivre, elle a déjà commencé le samedi 2 septembre à 20h15 et se termine le 30 septembre sur Arte. Le documentaire intitulé « le corps dévoilé » diffusé sur la chaîne le 9 septembre vient s’insérer à la suite du premier volet où le corps représente le lieu de tous les péchés.

Courbet, L'origine du monde (1866)

Quatre tableaux illustrent cette thématique:

– La « Naissance de Vénus  » de Botticelli (1486)

– « L’Origine du monde  » de Courbet (1866, mais montrée au public seulement en…1995!)

– Les « Jours Gigantesques  » de Magritte (1928 )

– « Anthropométrie de la période bleue » de Klein (vers 1960); voir ICI une anthropométrie d’une autre période

La « Naissance de Vénus » (1486) s’offre au regard du spectateur, elle est comme suspendue sur son coquillage. Certes, elle est le symbole de l’amour mais cet idéal féminin est tempéré par le commentaire du réalisateur R.Bergmann. En effet, de chaque côté du corps « renaissant », il y a le dieu du vent, Zéphir qui tient dans ses bras la femme qu’il vient d’enlever et qu’il va bientôt violer selon le légende. De l’autre côté, une jeune femme qui jette un voile pourpre sur la Vénus, sorte de linceul. Si la beauté de Vénus semble indéniable, ne serait-elle pas éphémère?

« L’Origine du monde » de Courbet (1866) apparaît très tardivement au regard du spectateur contemporain. Conservé par le célèbre psychanaliste, Jacques LACAN, le tableau dérange. Le réalisateur retourne aux origines en rappelant le réalisme du peintre à travers « l’Enterrement à Ornans ». Ce réalisme se déplace des petites gens de son village au traitement presque pornographique de l’organe féminin. Cet organe tout à la fois, objet de désir mais aussi lieu de la naissance. Mais l’auteur dérive un peu de son propos en comparant le tableau aux paysages de Courbet et digresse terriblement en comparant le sein à un mont et les rivières de poils à des cascades, eux aussi lieux de vie.

Le tableau de Magritte (1928 ) montre non seulement le corps de la femme mais en fait un corps symbolique. Celui de la résistance à ce qui pourrait ressembler à une scène de viol mais aussi une résistance à ce que l’on ne doit pas montrer. Le corps devient une allégorie de la résistance au fascisme.

Le tableau de Klein (vers 1960) donne à voir la trace du corps, du déplacement de ce qu’il appelait « ses pinceaux vivants ». En effet, ses modèles s’enduisaient de bleu, cette couleur qui deviendra le bleu Klein. Le corps devient matière vivante pour l’artiste. Il n’est plus simplement représenté, monté mais il devient dans des performances un véritable outil vivant au même titre qu’un pinceau.

Le corps n’est plus simplement un modèle, un idéal ou un objet curieux mais une nouvelle manière de voir le monde: un nouveau réalisme est né. Cette conclusion n’est pas vraiment faite par le documentaire mais les oeuvres restent pertinentes par rapport à la thématique. Vivement samedi prochain à 20h15, c’est le temps de « L’innocence  » et le samedi suivant le réalisateur aborde enfin « les hommes « .

Les programmes d’arts plastiques de collège (en pdf) et de lycée renvoient à la thématique du corps.

Bonne visite, bonne lecture!

Adeline Besson