Rivalités à Venise

2 11 2009

Exposition réjouissante au Louvre où notamment les trois grands peintres de Venise au XVIème siècle sont véritablement confrontés dans une scénographie simple mais efficace.

Titien

Tintoret

Véronèse

La confrontation la plus frappante est organisée autour d’un thème commun à savoir la fête biblique.

L’aîné des peintres, le Titien, avec les Pélerins d’Emmaüs structure sa composition autour de la longue table: un Christ et un paysage fait ainsi référence à la Cène de Léonard de Vinci. Placés de chaque côté, les pélerins découvrent à qui ils ont à faire. Le Tintoret reprend la thématique dans La Dernière Cène mais c’est par la structure et les poses en arc de cercle des apôtres autour de la table carrée qu’il guide le regard du spectateur vers le Christ auréolé. Chez Véronèse, les Pélerins d’Emmaüs semblent être une synthèse des deux premiers tableaux. La famille du commanditaire structure une composition autour du Christ bénissant le pain. La composition se décentre légèrement sur la gauche pour laisser entrevoir un paysage structuré par une architecture qui fait penser à celui du Titien.

A travers cette confrontation, le tableau du Titien apparaît comme une vision symbolique. Les personnages et les objets sont les éléments d’une composition claire qui fait office d’instant symbolique. A l’inverse, le Tintoret semble plus narratif avec ses apôtres représentés dans des positions baroques. La tableau pourrait être l’une des images d’une narration ancrée dans le quotidien du Christ. Le dernier,Véronèse, mélange symbolique et narratif. Le symbolique se situant sur le Christ en train de bénir le pain et le narratif dans les détails de la représentation de la famille du commanditaire (attitudes, costumes et animaux des personnages).

L’exposition fait aussi son travail en replaçant les peintres dans le contexte de l’époque entre rivalités, confrontations et influences réciproques. L’une des expositions du moment, qui vaut le détour, jusqu’au 4 janvier 2010.

A bientôt,

Adeline Besson



« Quand le couloir devient fantastique » 2

15 03 2009

« Rebelote » pour deux nouvelles classes de 4ème. On ne change une proposition qui gagne: cette fois les élèves devaient proposer deux projets sous forme de dessin avant de passer à la réalisation.

Voici les travaux photographiés par les élèves

Installation d’Imen, Mathieu et Zacharia

Installation de Sanah et Sonia

Installation de Stéphane, Philippe et Reyad

Installation de Brian, Donglin, Marc, Oguzhan et Medhi

Installation de Sundes et Jessica

Installation de Guillaume

Installation de Yanis et Mansour

Installation de Yousra et Samar

Installation d’Amra, de Madeleina et de Silemane

Installation de Hammet

Installation d’Ismaël


Installation de Ghilas

Installation de Nesrine, Niluxi et Ilan

Cette année, les élèves se sont généralement portés sur des personnages. Certains d’entre eux ont repris l’esprit des personnages qu’ils avaient réalisé en cinquième, pas avec la même proposition ni avec les mêmes cadrages.

A bientôt,

Adeline Besson



Quelques vanités

13 03 2009

Crâne de Jan Fabre

Après avoir fait le bilan au tableau des procédés techniques (pochoir, aquarelle) des moyens ( photographie, peinture, dessin) et des processus ( série, suite) utilisés depuis le début de l’année scolaire en troisième, j’ai affiché au tableau une photocopie couleur de la sculpture de Jan Fabre intitulée Crâne (2001) en plastique, scarabées et carapaces. Passés le dégoût et les questions techniques (naturalisation) sur la fabrication de l’oeuvre, j’ai fait un rapide rappel historique sur le genre de la vanité.

Puis j’ai donné l’intitulé du travail, à savoir « donnez votre vision personnelle de l’oeuvre de Jan Fabre en utilisant tout ce que vous avez travaillé depuis le début de l’année ». Mais je voulais qu’ils réfléchissent avant de se lancer bille en tête dans une réalisation. Les élèves devaient me présenter un projet sous forme de dessin (d’esquisse).

Voici quelques travaux d’élèves de 3ème

Travail d’Amira, de Carole, de Mégane et de Quentin

Cette photographie de Pedro Meyer, Têtes de mort en sucre me semble intéressante pour comparer les représentations des élèves et les oeuvres des artistes qui sont plus proches de la présentation. Jan Fabre utilise des techniques réalisées avec de vrais animaux et Pedro Meyer fait un gros plan du réel sur des pratiques liées à la Fête des morts pratiquée au Mexique notamment.

A bientôt,

Adeline Besson



Projet Land Art au Landy (1)

10 01 2009

Voilà plusieurs années que je cherche à faire vivre à mes élèves ce que peux être la conception d’un vrai projet artistique de A à Z. Cet été, j’ai découvert le travail de Jean-Paul Ganem en Dordogne. Mais ce qui a provoqué le déclic ce sont ses différents projets au Canada et au Brésil.

Projet Canada

Projet Brésil

Le quartier du Landy où une partie de mes élèves vivent, est une zone que l’on pourrait qualifier en reprenant le politiquement correct: « de zone en devenir ». Celle-ci est ponctuée de logements insalubres, d’entreprises et de terrains vagues. Ces derniers peuvent être encore exploités car ils ne sont pas tous construits. Il fallait s’engager dès la rentrée car le quartier est en plein bouleversement urbain entre la construction de logements, de magasins et du centre nautique…le quartier doit être entièrement bétonné d’ici 5 ans.

La première phase du projet consistait à contacter l’artiste et à demander l’appui de la mairie afin de proposer le choix d’un terrain vague rue Emile Augier en plein coeur du Landy qui pourrait convenir pour réaliser un projet de Land Art. Les interventions accolées au Land Art sont  habituellement appliquées dans l’histoire de l’art à de très beaux paysages dignes d’êtres imprimés sur cartes postales. Or dans ses derniers projets, Ganem intervient sur des terrains qui sont laissés à l’abandon dans un contexte plutôt urbain.

Loin d’idéaliser le paysage en sublimant ses caractéristiques, il s’en sert pour réhabiliter un paysage urbain oublié par le regard.

Bien sûr, la séquence pédagogique a évolué en fonction des aléas inhérents à ce type de projet. A l’heure actuelle nous attendons avec l’artiste et son  producteur l’accord de Plaine Commune afin d’avoir l’autorisation d’intervenir sur le terrain vague car le site a subi différentes pollutions au cours du 20ème siècle.

Dans un prochain article, je décrirais les différentes étapes pédagogiques du projet Land Art au Landy.

A bientôt,

Adeline Besson



« Quand le couloir d’un collège devient fantastique »

13 03 2008

Premier billet sur une expérience réalisée avec les 3 classes de quatrième des élèves du collège Rosa Luxembourg à Aubervilliers.

Le titre du billet est en fait la petite phrase qui a donné lieu à la fin d’une longue séquence terminée avant les vacances d’hiver.

Le but était de d’appréhender l’espace sous toutes ses coutures, aussi bien l’espace en deux dimensions sur un format que l’espace en trois dimensions avec des matériaux divers et enfin l’espace réel différent des deux espaces précédents qui étaient des espaces représentés.

Passons les termes un peu fastidieux, les élèves par groupe de 4 devaient concevoir une production, un travail afin de l’installer dans le couloir qui conduit à la salle d’arts plastiques pour que l’atmosphère devienne fantastique. Et pour ce faire ils devaient réaliser une seule photographie avec un appareil numérique pour garder une trace de cette installation. Je mets pêle-mêle les photographies sans faire de hiérarchie entre les expériences.

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Ce qui est intéressant c’est que les élèves ont dû se poser la question de la démarche. Comment rendre le couloir fantastique avec un grand format blanc, de la gouache, du fusain, des pastels, de la colle, des ciseaux et du scotch ?

Deux possibilités s’offraient à eux : soit ils réalisaient quelque chose de fantastique avec les moyens et le matériel ( image de la diablesse) soit ils produisaient quelque chose qui n’avait rien à voir avec le couloir et créer ainsi un décalage donc du fantastique ( image de la marelle).

Les photographies le montrent assez bien mais une autre chose vient s’ajouter à ce dispositif. La photographie ainsi réalisée montre un autre aspect du fantastique selon le point de vue, la lumière, l’architecture du lieu. Et ce qui au départ n’était pas fantastique, pouvait l’être en réalisant une installation. Certains élèves qui n’avaient pas forcément compris pouvaient réajuster leur démarche grâce à l’espace réel du couloir.

La fin de la séquence s’est déroulée par rapport à une installation de Pignon Ernest intitulée Soweto-Warwick où comment une représentation prend sens dans un espace réel à savoir ce fameux quartier d’Afrique du Sud.

A bientôt,

Adeline Besson