La méthode d’Hector Obalk
7 03 2009
Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission « J’ai mes sources » de Colombe Schneck.
On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à-dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.
Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : « Il décèle les mots derrière les images ». Certes, la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.
Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.
A bientôt,
Adeline Besson
Compteur
Bonjour,
J’aime les reportages d’Obalk en général, mais ne croyez-vous pas qu’il est préférable pour un critique d’art de rester plus discret et de mettre en avant le commentaire plus que sa propre personnalité ? En gros, Obalk pour moi en fait beaucoup trop, je le pensais déjà en ne faisant que l’entendre (et sans le voir) au journal de la culture le jeudi.
Obalk a envie de parler d’Hector et seulement ensuite, de la peinture.
Olivier.
Bonjour,
Sa personnalité est très présente dans les commentaires et à l’image mais je pense que cela correspond plus à un rapport passionnel à l’art qu’à une volonté de se mettre en scène.
Hector Obalk est le seul à ma connaissance à utiliser cette méthode d’analyse dans les médias, une alternative à Palette de Jaubert qui reste très technique.
Adeline Besson