“L’âne égaré” dans le Musée des Arts Décoratifs

Publié le 16 septembre 2006 par adeline dans musées

 Jeudi 14 septembre 2006, 17 heures, muni du carton d'invitation à la main, nous nous engouffrons à l'inauguration du Musée des Arts Décoratifs . Après plusieurs années de travaux, la salle principale se dévoile sous nos yeux. Cette salle fait plus penser à une salle de réception pour invités de marque qu'à une salle d'exposition. Elle me fait soudain penser à un roman de Zola ou au "Bel-Ami" de Maupassant, où les maîtresses de maisons descendent les escaliers majestueux de leurs demeures, jusqu'au jour, où elles s'aperçoivent qu'elles font partie elles aussi du décor.

Cette salle va rester en l'état où va-t-elle servir de salle d'exposition? Mystère, pour l'heure un grand cocktail se prépare pour les vips de ce soir…

Après quelques déambulations, je me précipite dans la galerie consacrée à Jean Dubuffet et je me rappelle que , bien que n'ayant aucun rapport avec les arts décoratifs a priori, le musée expose pourtant des oeuvres de l'artiste. En effet, pendant longtemps, le travail de Dubuffet n'a pas été reconnu ni exposé par les institutions françaises sauf par François Mathey , conservateur général du musée de 1969 à 1986. Ce dernier a largement contribué à faire découvrir son travail.

Du coup , on se retrouve un peu comme "L'âne égaré" de Dubuffet , on ne sait plus très bien ce que l'on est venu voir. On craint de se retrouver devant un assemblage d'objets de concepts divers réunis dans un joyeux fourre-tout. Et puis non, le spectateur se réjouit lorsqu'il passe tour à tour d'une vitrine rassemblant des jouets d'hier et d'aujourd'hui qui semble littéralement flotter grâce à une scénographie épurée et pleine de grâce, et dans d'autres pièces, les objets sont présentés dans le contexte de l'époque, dans leur "jus" comme le disent les antiquaires.

C'est le cas par exemple, pour une chambre à coucher Louis-Philippe de 1836-1840, appelée aussi la chambre du Baron Hope ou encore plus proche de nous, la modernité des meubles de Charlotte Perriand inspirés du Japon pour l'exposition  "Synthèse des arts" à Tokyo en 1955.

Bref, l'ensemble du parcours se présente de manière variée et ne se contente pas décliner un concept pour tous les espaces. L'âne a de quoi brouter pour cette rentrée de septembre. De plus la collection Dubuffet sera renouvellée très régulièrement.

Bonne visite! 

Adeline Besson 

Un commentaire pour ““L’âne égaré” dans le Musée des Arts Décoratifs”

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