L’art est-il engagé par essence ?

8 10 2006

Pour répondre aux questions posées par « A quoi ça sert une oeuvre d’art ? » , à savoir les artistes sont-ils engagés dans cet article ? et par conséquent est-ce que l’art est-il engagé par essence ?

Pour la première, les artistes cités dans l’argumentation remettent en cause ou dénoncent. Mais est-ce que c’est un engagement ? Si l’on reprend la définition de s’engager, elle apparaît au XXème siècle comme « l’idée d’entrer dans une action qui a donné lieu à une spécialisation « , c’est-à-dire: « prendre position sur des problèmes politiques ».

Mais voilà, est-ce que l’on peut limiter l’engagement à l’immédiat, donc à la politique ? Si les artistes déjà cités partent de l’actualité, c’est pour remettre en cause un système qui soit spécifique au domaine des arts (« Le Radeau de la Méduse » ou « Gas » ), ce système est avant tout un système de pensée : la hiérarchie des genres perdurant jusqu’au XIXème siècle et la vision collective sur le beau).

Donc l’engagement, la prise de position ne sont pas seulement politiques.

Si l’on prend un autre exemple qui ne fait pas référence à l’actualité de l’époque, le collage de MAX ERNST intitulé « La puberté proche ou Les pléiades » (1921), la confrontation de l’image et de l’écriture se dérobe à la compréhension spontanée. » La puberté proche n’a pas encore enlevé leur grâce à nos Pléiades/ Le regard de nos yeux pleins d’ombre est dirigé sur le pavé qui va tomber/La force de gravité des vagues n’existe pas encore. » La représentation associée au texte oriente l’attention sur plusieurs niveaux d’interprétation. Du coup, celle-ci ne repose pas sur des critères rationnels et de la même façon un regard orienté vers une situation réelle ne peut générer d’interprétation. Le regard ne peut alors se diriger vers le rêve et l’inconscient.

Si l’on raccroche l’oeuvre à la question de l’engagement, il s’agit pour ERNST et plus généralement pour le Surréalisme de saper un système de pensée et de voir en mélangeant l’écriture et l’image et en empruntant les codes de surface de la représentation. Comme les clés traditionnelles ne peuvent opérer, ils nous poussent à penser autrement, ils posent question.

S’engager en art c’est d’abord ouvrir le champ des possibles que se soit le champ de la pensée ou celui de la repésentation. C’est-à-dire donner à penser autrement au delà de l’histoire de l’art et de la politique, autrement dit  de l’histoire et de l’immédiat.

Bonne lecture

Adeline Besson 


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3 réponses à “L’art est-il engagé par essence ?”

27 11 2006
L'art est-il engagé par essence ? at Partagez la connaissance ! (12:22:19) :

[...] Lire cet article sur le blog VitamineArt [...]

11 02 2007
BULLE (22:28:44) :

l’art ne peut etre que engagé, car c’est un acte fort que la creation. Il n’y a pas d’art sans creation, pas de creations sans acte fort. On ne crée que si l’on a quelque chose à dire, que si l’on a un message à faire passer .Sinon le silence serait le plus respectable.

14 09 2008
teshimine (16:37:59) :

je ne suis pas tout a fait d accord car la création pour moi passe avant tout par un réve rarement mis en acte

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