Le Musée du Quai Branly en question
La revue Débat, numéro 147 a fait paraître son numéro de novembre et décembre 2007 sur Le moment du Quai Branly.
Les articles ont le mĂ©rite pour la plupart de dĂ©passer la polĂ©mique qui a suivi l’ouverture du musĂ©e qui porte le nom de son lieu de construction. Son nom est assez rĂ©vĂ©lateur d’un musĂ©e qui cherche encore ses marques. BaptisĂ© MusĂ©e des Arts Premiers puis MusĂ©e des Cultures extra-europĂ©ennes, le musĂ©e peine Ă se trouver ou bien a du mal Ă s’assumer. Car le musĂ©e dans son ensemble, plateau des collections et expositions temporaires, sont en fait un musĂ©e des Arts primitifs.
Au-delĂ des polĂ©miques d’un musĂ©e qui n’assumerait pas son passĂ© colonial, il s’agit plutĂ´t d’un musĂ©e dans lequel le contenu s’est construit autour d’une architecture, celle de Jean Nouvel. Cette architecture, cette scĂ©nographie, n’ont pas Ă©tĂ© construites autour des collections qui existaient mais d’un espace conçu Ă partir d’une vision toute personnelle de l’art primitif. J’emploie ce terme car le lieu est conçu en-dehors du temps. Par exemple sur le plateau des collections au niveau de l’aire ocĂ©anienne, on retrouve des peintures aborigènes du XXème siècle et des objets datĂ©s de la pĂ©riode des premiers explorateurs occidentaux ou d’autres objets de l’aire africaine datant de la PrĂ©histoire.
Les collections sont mises en scène dans un espace hors du temps. L’espace se situe dans un imaginaire gĂ©ographique avec sa rivière, ses couleurs terres et sa pĂ©nombre. D’ailleurs Jean Nouvel assume très bien cet imaginaire. La dĂ©matĂ©rialisation des vitrines renforce cette impression sur la visiteur. Le directeur StĂ©phane Martin a Ă©tĂ© le seul interlocuteur pour la construction de ce musĂ©e. Et il semble ĂŞtre plus un collectionneur d’art primitif, donc il a plutĂ´t un rapport Ă©motionnel et d’esthète avec ces objets.
Alors y a-t-il une corrĂ©lation entre ces protagonistes et l’effet de ce musĂ©e qui est essentiellement esthĂ©tique ? Mais alors de quelle esthĂ©tique s’agit-il ? Une esthĂ©tique basĂ©e sur un regard occidental qui veut faire rentrer ces collections dans le système artistique voire le système de type Beaux-Arts: pièce unique et rare, beautĂ© formelle et objets spectaculaires.
Il serait intĂ©ressant de confronter la question de l’esthĂ©tique et notamment les diffĂ©rentes conceptions du beau non seulement dans la culture occidentale mais aussi avec les autres cultures prĂ©sentes sur le Plateau des collections. C’est de cette confrontation que la notion d’altĂ©ritĂ© pourra avoir un sens ou pour reprendre le grand “dada” du MusĂ©e du Quai Branly: “C’est lĂ oĂą les cultures dialoguent”.
Autrement dit, il faut inventer une nouvelle anthropologie de l’art.
A bientĂ´t,
Adeline Besson

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[...] consultez l’article d’Adeline Besson, professeur d’arts plastiques, intitulĂ© Le MusĂ©e du Quai Branly en question. Et si vous connaissez dĂ©jĂ ce musĂ©e, vous en apprendrez sĂ»rement bien davantage en lisant cet [...]
[...] d’experte pour nous parler de l’actualitĂ© des Arts. L’Ă©nigme de la Joconde, le musĂ©e du Quai Branly, ou encore l’architecture new-yorkaise, tout est passĂ© au crible par cette enseignante qui [...]
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