Le nu ou le corps dévoilé
Publié le 10 septembre 2006 par adeline dans docu TVUne série documentaire vient de se poursuivre, elle a déjà commencé le samedi 2 septembre à 20h15 et se termine le 30 septembre sur Arte. Le documentaire intitulé “le corps dévoilé” diffusé sur la chaîne le 9 septembre vient s’insérer à la suite du premier volet où le corps représente le lieu de tous les péchés.
Quatre tableaux illustrent cette thématique:
- La “Naissance de Vénus ” de Botticelli (1486)
- “L’Origine du monde ” de Courbet (1866, mais montrée au public seulement en…1995!)
- Les “Jours Gigantesques ” de Magritte (1928 )
- “Anthropométrie de la période bleue” de Klein (vers 1960); voir ICI une anthropométrie d’une autre période
La “Naissance de Vénus” (1486) s’offre au regard du spectateur, elle est comme suspendue sur son coquillage. Certes, elle est le symbole de l’amour mais cet idéal féminin est tempéré par le commentaire du réalisateur R.Bergmann. En effet, de chaque côté du corps “renaissant”, il y a le dieu du vent, Zéphir qui tient dans ses bras la femme qu’il vient d’enlever et qu’il va bientôt violer selon le légende. De l’autre côté, une jeune femme qui jette un voile pourpre sur la Vénus, sorte de linceul. Si la beauté de Vénus semble indéniable, ne serait-elle pas éphémère?
“L’Origine du monde” de Courbet (1866) apparaît très tardivement au regard du spectateur contemporain. Conservé par le célèbre psychanaliste, Jacques LACAN, le tableau dérange. Le réalisateur retourne aux origines en rappelant le réalisme du peintre à travers “l’Enterrement à Ornans”. Ce réalisme se déplace des petites gens de son village au traitement presque pornographique de l’organe féminin. Cet organe tout à la fois, objet de désir mais aussi lieu de la naissance. Mais l’auteur dérive un peu de son propos en comparant le tableau aux paysages de Courbet et digresse terriblement en comparant le sein à un mont et les rivières de poils à des cascades, eux aussi lieux de vie.
Le tableau de Magritte (1928 ) montre non seulement le corps de la femme mais en fait un corps symbolique. Celui de la résistance à ce qui pourrait ressembler à une scène de viol mais aussi une résistance à ce que l’on ne doit pas montrer. Le corps devient une allégorie de la résistance au fascisme.
Le tableau de Klein (vers 1960) donne à voir la trace du corps, du déplacement de ce qu’il appelait “ses pinceaux vivants”. En effet, ses modèles s’enduisaient de bleu, cette couleur qui deviendra le bleu Klein. Le corps devient matière vivante pour l’artiste. Il n’est plus simplement représenté, monté mais il devient dans des performances un véritable outil vivant au même titre qu’un pinceau.
Le corps n’est plus simplement un modèle, un idéal ou un objet curieux mais une nouvelle manière de voir le monde: un nouveau réalisme est né. Cette conclusion n’est pas vraiment faite par le documentaire mais les oeuvres restent pertinentes par rapport à la thématique. Vivement samedi prochain à 20h15, c’est le temps de “L’innocence ” et le samedi suivant le réalisateur aborde enfin “les hommes “.
Les programmes d’arts plastiques de collège (en pdf) et de lycée renvoient à la thématique du corps.
Bonne visite, bonne lecture!
Adeline Besson

Compteur
5 octobre 2006 à 10:03
Interressant. Le site tente d’expliquer pédagogiquement et simplement, à travers des oeuvres commentées, des interrogations sur l’art.
Bref, très instructif tout en étant accessible.
27 novembre 2006 à 12:18
[...] Lire cet article sur le blog VitamineArt [...]