Les artistes flamands s’inquiètent de la crise en Belgique

Publié le 21 septembre 2007 par adeline dans Expositions, Réflexions, actualité

Carrousel de Carsten Holler 2005

L’oeuvre intitulée “Carrousel” de Carsten Holler a été présentée la même année (2005) à Art Basel et à l’exposition “La Belgique visionnaire: c’est (vraiment) arrivé près de chez vous “ en référence au film où joue Benoît Poelvoorde au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Ce carrousel tournait lentement dans un sens puis dans l’autre et semblait être la métaphore des incessantes hésitations de la politique belge.

Les artistes flamands font part de leur inquiétude dans un article du Monde qui vient de paraître. L’idée de la séparation entre Wallons et Flamands et les relents de régionalisme ne leur conviennent pas. L’artiste conceptuel Wim Delvoye nous livre une des plus intéressantes réflexions sur la notion de “belgitude”. “Je suis un artiste belge et le néerlandais est ma première langue. Mais je ne veux pas d’un pouvoir qui voudrait me forcer à être “flamand”. Je veux rester un compatriote de Magritte, Ensor, Rops ou Amélie Nothomb.” Cette notion est reprise par l’écrivain Tom Lannoye qui “veux être flamand pour être belge. Mon style, mes influences mon biotope, mes thèmes sont ceux de la “belgitude”.”

Mais au fait qu’est-ce que la belgitude ?

Ce sont peut-être les deux cochons tatoués de Wim Delvoye baptisés Boris et Vladimir que l’on a pu voir lors de l’exposition de “La Belgique visionnaire”.

Cochons tatoués, Win Delvoye Cochons tatoués, Win Delvoye

Le cochon à la fois symbole de la luxure, de la matérialité et de la dérision avec leurs tatouages. L’artiste oscille entre le trivial, l’obscénité et le kitsch de ce tatouage du motif Vuitton. Le porc rejoint le cortège des animaux familiers puisque lui aussi est tatoué à la manière des humains. Marie Deparis commentant l’exposition, définit le “belge attitude” comme un “subtil mélange de rigueur et d’irrévérence, de sérieux et d’autodérision, de ferveur religieuse et de trivialité, de sens pratique et d’un extraordinaire penchant naturel au surréalisme.”

L’écrivain Lannoye va plus loin et pense que beaucoup d’Européens pensent que cette crise est surréaliste mais “le surréalisme belge est à la fois frivole et très sérieux”. Il étend le problème à l’Europe: ” (…) il faut considérer que les forces à l’oeuvre dans ce pays sont celles que l’Europe a mises a mal pour pouvoir s’unifier. L’Europe, elle aussi, sera une mosaïque. Ou ne sera rien.”

Les régionalismes et nationalismes créent des catégories artificielles qu’ils tentent de hiérarchiser à coup d’oppositions et de simplifications. La belgitude n’est pas un nationalisme mais une manière personnelle de se jouer des catégories. Le célèbre curateur suisse, malheureusement décédé, Harald Szeemann a tenté de montrer non pas des catégories mais une culture complexe et riche où les vestiges du Musée du Slip de Jan Bucquoy étaient présentés face une sculpture réaliste de Constantin Meunier.

Calendrier de Jan Bucquoy

L’Europe devrait-elle s’inspirer de la crise belge pour réfléchir à sa futur constitution ?

A bientôt,

Adeline Besson

 

 

 

 

Laisser un commentaire

kadal