Les peintres de la vie moderne (1)
Publié le 18 octobre 2006 par adeline dans ExpositionsComme son titre l’indique , l’exposition du CENTRE POMPIDOU présente la donation de photographies contemporaines de la Caisse Nationale des Dépôts en 2006. La titre fait référence au terme de modernité employé par Baudelaire. Ce terme suggère que les artistes sont en prise avec la réalité. Mais voilà, si la scénographie des premières salles apparait cohérente, de plus en plus, le spectateur assiste à un inextricable capharnaüm de photographies accrochées un peu partout. Soit trop haut, soit trop bas ou encore regroupées de manière à “suggérer” peut-être les premiers salons de peintures au temps de Louis XIV.
Du coup, les différentes thématiques (pouvoirs, représentations du monde et fictions) pourraient être intéressantes mais la scénographie sape complètement le peu de cohérence. Et ceux qui ne sont pas spécialistes ni particulièrement au fait des problématiques contemporaines peuvent avoir vraiment du mal à savoir de quoi il s’agit. On a l’impression d’être bombardés d’images sans pouvoir remarquer que la donation est très riche de pratiques et de contenus. Je me propose donc de commenter avec les incontournables et les découvertes cette exposition.

Les incontournables
La série de Karen KNORR intitulée “Les connaisseurs”.
La photographie “Analysis of beauty” (1988 ) pourrait être la mise en abime de l’exposition. A savoir, des spectateurs qui tentent d’utiliser des outils inadaptés aux oeuvres accrochées sur des cimaises de couleur, dans des salons bourgeois. La situation devenant complètement absurde à l’image du spectateur lambda qui essaie désespérement de comprendre. La présentation des photographies rappelle les tableaux classiques en apposant le titre sous l’image sur une plaque dorée.
Les deux photographies de Thomas Struth sont empruntées à la série sur les spectateurs dans les grands musées européens.
La photographie ci-dessus n’est pas présentée dans l’exposition mais elle permet davantage de pointer la démarche du photographe. En effet, l’artiste saisit des instants particuliers où spectateurs et tableaux viennent se rejoindre. Celle-ci montre un groupe d’enfants assis et leur accompagnateur qui vraisemblablement parle du tableau en tondo (format rond) accroché au-dessus d’eux. La position du groupe semble faire écho à la composition du tableau. De la même manière, la couleur des vêtements des visiteurs répond aux couleurs employées par le peintre. Le sacré et le profane se rejoignent. L’enregistrement du réel vient fusionner avec la représentation.
Les photographies d’Andrea Gursky se fondent sur des lieux connus de tous, à savoir un supermarché, une bourse d’échanges, une bibliothèque. Mais ces photos réalisées en fait à partir de pluisieurs points de vue sont proches du format utilisé par la peinture. Les cadrages ainsi formés se prolongent à l’infini sur notre quotidien et on se surprend à contempler des tonnes de poduits colorés sur des rayons de supermarché ou l’architecture d’une chaîne de montage pour automobiles.
En ce qui concerne les Français, il ne faut pas oublier Joachim Mogarra qui nous fait tout doucement changer de regard sur les archétypes photographiques avec ses bricolages et ses légendes faussement naïves.
Philippe Ramette qui fait la couverture des derniers livres de Michel Onfray. Cette série réalisée en 2001 le présente sur un balcon où il émerge de la baie de Hong Kong. Ses prothèses-sculptures sont un défi à l’apesanteur mais aussi une nouvelle manière de questionner, à travers les différents dispositifs de l’artiste, notre manière de voir le paysage et par extension notre propre regard.
L’exposition du Centre Pompidou se poursuit jusqu’au 27 novembre.
Bonne lecture et le prochain article sera sur les découvertes faites lors de cette exposition.
Adeline Besson





Compteur
19 octobre 2006 à 5:03
[...] La suite sur VitamineArt, le blog d’Adeline Besson Commenter [...]
14 novembre 2006 à 10:44
[...] Suite à l’expostion du même nom ( se reporter à l’article 1 ), j’ai découvert la dernière série de l’artisteMAC ADAMS. L’artiste fabrique littéralement des ombres avec les moyens du bord. En l’occurence dans Predator, il utilise aussi bien une botte de paille, des fruits que la table en verre du salon. Mais ce qui est réllement intéressant, c’est qu’il montre le dispositif, à savoir la réunion de ce bricolage avec l’ombre produite par l’intermédiaire de la photographie. Lire la suite … [...]
27 novembre 2006 à 12:24
[...] Lire cet article sur le blog VitamineArt [...]
25 janvier 2007 à 7:57
je trouve Les photographies d’Andrea Gursky très interressantes étant éleve en classe de premiere es avec option arts platiques de même je trouve ce blog extremement founit en culture artistique ( au sens large ) je reviendrai certainement.