Les séries américaines: la face cachée de l’Amérique
Publié le 30 septembre 2007 par adeline dans Réflexions, docu TVLà où les films hollywoodiens cessent d’être créatifs, les séries télévisées prennent le relais. Les Sopranos, 24 heures chrono, Nip Tuck, Lost ou encore plus récemment Weeds, font éclatées les codes du politiquement correct aux Etats-Unis.
Elles ont en commun de se présenter sous des dehors déjà codifiés, à savoir une bonne dose de politiquement correct en apparence qui cache des dessous insoupçonnés voire complètement improbables. D’ailleurs, le chef mafieux des Sopranos se cache bien sous des dehors de père de famille respectable et a même une psychanalyste pour confier ses angoisses. Dans Weeds, la famille élargie tente presque coûte que coûte de se fondre dans le décor de la banlieue américaine à moins que ce soit pour mieux vendre la marijuana à toute cette banlieue qui s’ennuie à mourir. Dès le début , le générique place le décor : les habitants semblent tous faire la même chose au même moment. Ce début ironique ne peut que déraper.

Mais ces séries plus au moins récentes ne sont pas les premières à dynamiter le politiquement correct. L’une des premières dans les années 80 a vu le jour sous la plume et la caméra de David Lynch. La série Twin Peaks se situe au niveau de l’image entre les Feux de l’amour et Dallas.
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Sauf que les acteurs évoluent dans une petite ville qui semble tout à fait paisible mais le meutre de Laura Palmer vient troubler les archétypes de la bonne société américaine. En grattant un peu l’inspecteur découvre des personnages plus au moins dérangés, déjeantés ou inquiétants. La femme à la bûche qui fait parler celle-ci afin de répondre aux questions de l’inspecteur.
Sous les images trop sucrées, saturées le spectateur voit poindre au fil des épisodes l’obsession du mal, thème cher à Lynch. Laura l’adolescente ravissante et naîve à son revers.

Si la série Twin Peaks est inachevée pour différente raisons, l’Amérique était-elle encore prête à se voir si vilaine dans ce miroir? Autre époque, dans les années 90, une autre série fait une apparition éclair. Elle se nomme Mr Profit.
Le scénario est machiavélique à tel point que le spectateur semble presque à chaque fois dérouté. Les tabous tombent l’un après les autres au cours des épisodes. L’histoire démarre sur un fait divers: à la mort de sa mère le héros est élevé par son père dans un carton d’emballage où le géniteur pour le nourrir lui jette ses propres déchets par dessus le carton. La seule fenêtre vers l’extérieur c’est la télévision qu’il voit à travers un trou percé à travers le carton. Ce carton appartient à la marque gracen and gracen. Détail qui paraît insignifiant mais qui va déterminer toute l’ascension sociale de Mr Profit. Car le cadre enfin entré dans la multinationale du même nom ne va pas cesser de saper les fondements de la firme.
La série devenue culte dans l’histoire de la série télé a été arrêtée prématurément. Peut-être parce que le héros n’avait pas de porte de sortie à savoir la rédemption. Avec cette série, le héros n’est plus positif et ne cherche pas à plaire ou à provoquer la compassion. Le danger vient peut être du fait que le spectateur ressent un plaisir non dissimulé à suivre ce machiavel de la stratégie sans se préocupper de la moralité du héros.
Etait-ce encore trop tôt pour les années 90 ?
Les séries genre “Le destin de Lisa” ont encore du chemin à faire…
Bonne série,
Adeline Besson

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