Mika Rottenberg à La Maison Rouge
2 03 2009La jeune artiste présente une exposition monographique de ses installations, mélange de vidéos et de sculptures. Son travail vidéo contraste avec celui d’Andy Warhol, présenté lui aussi à la Maison Rouge. La fascination pour la société du spectacle chez le pape du Pop Art apparaît dérisoire après avoir vue le travail de Rottenberg. L’artiste prend pour modèle l’Amérique des petits employés, du travail à la chaîne alors que Warhol s’intéresse aux peoples des années 80. La première installation-vidéo semble être déconnectée de la réalité mais dans la deuxième, bien vite les personnes miment une réalité issue de la société de consommation. L’absurde pointe vite son nez et on se surprend à rire. Les gestes répétitifs des corps confinés dans des espaces étroits oscillent entre dégoût et érotisme. On pense quelquefois au rapport au corps et aux objets des films de Matthew Barney. Dans Dough (2005-2006), le spectateur est installé dans un espace restreint pour regarder une chaîne de production faisant fabriquer de la pâte par des femmes confinées dans des « box ».
Une preuve encore que l’on peut dénoncer les travers de la société de consommation sans idéologie en utilisant le ressort de l’absurde et sans tomber dans la fascination.
A bientôt,
Adeline Besson


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