Traces du sacré: la tentation encyclopédiste

Publié le 11 août 2008 par adeline dans Expositions

affiche

L’exposition temporaire au Centre Pompidou vient de se terminer mais c’est surtout l’occasion de revenir sur le rapport entre scénographie et contenu.

En effet, celui-ci est tellement dense qu’elle finit par submerger le spectateur et l’oblige finalement à se focaliser sur une oeuvre en particulier. La scénographie qui guide le spectateur vers les différentes salles construites en forme de courbes, de recoins et de couloirs laissent peu d’échappatoires au public. La multiplication des oeuvres par espaces par rapport aux grandes thématiques montrent bien la manière dont l’exposition a été construite. Deux indices nous mettent la puce à l’oreille.

plan

D’une part, le discours du commissaire d’exposition, Jean de Loisy, qui définit un certain nombre de théories, d’analogies par rapport au sacré. Mais qui les illustre en dernier recours par les oeuvres elles-mêmes. A noter une interview de la co-commissaire Angela Lampe qui revient sur le rapport entre les oeuvres et l’exposition.

D’autre part, la scénographie de l’exposition qui semblent malgré elle, faire rentrer le maximum d’oeuvres par thématiques et par salles. L’une d’entre elle, classée sous le nom de Résonances archaïques met en scène trois films de trois artistes :Robert Smithson (Spirale Getty), Jackson Pollock en train de faire du dripping (par Hans Namuth) et Joseph Beuys réalisant sa performance intitulée I like America and America likes me. Ces trois films sont eux-mêmes entourés d’ oeuvres picturales et graphiques d’autres artistes. Il s’en suit un mélange peu productif pour le spectateur qui ne sait plus très bien ce qu’il regarde. Les films montrent les démarches des artistes et les oeuvres en deux dimensions montrant le résultat d’une démarche. Il y a ici deux niveaux de compréhension que l’on range avec plus ou moins de bonheur sous la thématique de Résonances archaiques. Ce qui me fait dire qu’une fois encore les commissaires et les différents intervenants ont construit des cheminements théoriques tortueux avant de les remplir d’oeuvres d’art.

Pourquoi ne pas essayer de faire l’inverse en faisant une sélection des oeuvres en rapport avec le sacré quitte à en éliminer et de faire remonter du contenu à partir d’une sélection beaucoup plus réduite ? Les oeuvres ne seraient plus alors des illustrations de thématiques mais des outils de construction d’un discours, et non l’inverse.

A bientôt,

Adeline Besson

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