Visite au Musée du Quai Branly

Publié le 3 septembre 2006 par adeline dans musées

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le musée “des arts premiers” ou “des arts derniers”, on ne sait plus très bien, n’est pas un musée de plus dans la capitale parisienne.

En effet, l’espace adopte plusieurs niveaux de lecture.Plateau des collections

Le premier niveau de lecture peut se faire de manière très fluide, purement esthétique car les objets sont visibles de tous les côtés, grâce la scénographie qui soigne la lumière, la présentation et le rythme. Car l’ennui n’est pas au rendez-vous, le spectateur se déplace dans plusieurs espaces (niches, succession de vitrines, salles presque fermées). On passe d’un continent à un autre sans vraiment y penser.

La deuxième approche, plus attentive, peut se faire en lisant les cartels en noir et blanc et les cartes qui donnent un contexte, une situation aux objets présentés.

La troisième, plus ethnologique où le spectateur peut s’asseoir sur les côtés et prendre le temps de sélectionner des vidéos sur des aspects plus scientifiques moins superficiels.

Bref, plusieurs lectures donc plusieurs approches. Il faut donc y revenir plusieurs fois.

Yvonne Millmar 1997Mais qu’est-ce qui a changé vraiment par rapport aux musées traditionnels ?

1. la manière de mettre en scène les objets, qui sont je le rappelle en trois dimensions, car ceux-ci étaient souvent présentés dans les expositions de manière frontale.

2. les commissaires ont fait un choix dans les collections suivant les continents, ce qui évite l’aspect descriptif voir barbant des expositions traditionnelles.
3. différents niveaux de lecture sont proposés au spectateur.

En d’autres termes, les collections ne sont plus présentées comme une évidence. Elles sont dans un contexte scénographique, esthétique, géographique et ethnographique. Peut-être parce qu’elles ne sont pas occidentales. On peut alors se demander pourquoi nous n’avons pas le même type d’approche avec l’art occidental qu’il soit contemporain ou bien médiéval. Comment faire ressentir au spectateur la puissance d’un retable par exemple lorsqu’il est accroché à la cimaise d’un mur blanc, d’un coin à côté de la porte?

Seule critique à ce musée : les bornes temporelles ne sont pas assez marquées : dans la plupart des collections, la production est encore vivante (tous les populations, civilisations ne sont pas à l’image des Mayas, à savoir disparues). L’exemple le plus familier pour nous, étant l’art aborigène en Australie qui permet de faire vivre des communautés entières. Voir l’étonnant plafond de la librairie.
Mettre en scène, contextualiser ce n’est pas seulement “enrober le bonbon” mais c’est surtout permettre au spectateur d’émettre des éléments de comparaisons, de tisser des liens pour pouvoir revenir sur sa propre culture avec moins d’évidences et plus de recul.

Pour les curieux, le Musée Dapper, merveille pour l’art africain ancien ET ACTUEL, est à voir. Pour l’ACTUEL exclusivement, visitez le Musée des Arts Derniers (une expo jusqu’au 20 septembre sur “des hommes sans histoire”, bientôt sur ce blog…).

Adeline Besson

2 commentaires pour “Visite au Musée du Quai Branly”

  1. Guillaume Billard dit :

    Félicitations pour ton premier blog adeline, bravo! J’apprécie tout particulièrement la qualité des descriptions. C’est bien simple, tu as tellement bien retransmis ta propre émotion lors de la visite de ce musée que nous lecteurs avons l’impression de le visiter avec toi. Au niveau du style en revanche, si celui employé dans la majorité du texte se révèle être soutenu, la présence de quelques termes crus mériteraient d’être revisités “on ne sait plus très bien”, “bref”, “barbant”. Ce n’est pas gênant mais j’estime qu’ une description de visite de musée se doit d’être élégante du début à la fin. Mais cela est personnel je n’aime pas trop le mélange soutenu/familier. Un choix qui permettrait à de nombreuses remarques pertinentes de gagner en attention serait de les mettre en couleurs. Au bout de dix lignes le style noir et blanc c’est joli mais lassant. Observe: les deux derniers paragraphes sont très intéressants, le lecteur est plongé, et soudainement des liens vers des musées (couleur verte) apparaissent et réveille notre curiosité! je ne crois pas que ces liens en noir aurait le même effet. Donc cette méthode pourrait aussi s’appliquer au coeur du texte qui est je le rappelle très bien mené. Au niveau de la typographie, là je trouve que pour un professeur d’arts plastiques tu n’es pas allé chercher très loin. Une typo actuelle pour un site d’art serait tellement plus approprié. Si je lis la page d’un coup d’oeil (donc sans grande attention) j’aurai l’impression d’avoir affaire à un article d’Hugo… -salut brother!- …non sans rire là il faut faire quelque chose, j’ai des logiciels de typographies, dès qu’je monte à Maux j’vous les apporte. Vis à vis des photos, la première est très illustrative de tes propos bien que légèrement sombre, quand à la seconde ça ne vient sûrement que de moi mais je ne comprend pas tout à fait son rapport avec le texte à gauche, qu’il illustre. Les termes importants gagneraient aussi en importance à se détacher du reste en étant plus grandes. Je vois énormément de site internet aujourd’hui qui jouent sur la taille des lettres. Les questions apparaissent fades en étant de la même taille que le texte! Bon sang adeline c’est une découverte d’art il faut surprendre ton lecteur, lui faire partager ton enthousiasme!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Sinon rien à redire sur le contenu, c’est clair, sobre, intéressant et ça m’a donné envie de visiter ce musée, enfin CES musées!!! Voilà, ne tiens en compte que ce qui te semble constructif car j’écris tout ceci comme cela vient et ce ne sont pas toujours des remarques essentielles. Gros bisous Adeline, bonne continuation et encore félicitations!

  2. Visite au Musée du Quai Branly at Partagez la connaissance ! dit :

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