Yinka Shonibare MBE, une installation au Quai Branly

Publié le 22 avril 2007 par adeline dans Expositions

Affiche de l'exposition

Les différentes mises en scène empruntées aux tableaux de Fragonard sont présentées dans un labyrinthe.

L’amant couronné, La poursuite et Les lettres d’amour donnent une drame pour réunir deux univers apparemment séparés. Le premier appartenant à la culture européenne (le marivaudage des Lumières) et le second est celui de l’esclavage ( utilisation du tissu Wax produit de l’industrie occidentale et vendu dans toute l’Afrique). La société aristocratique qui se présente sous la forme de mannequins à la tête coupée va connaître une partie de son essor économique avec l’esclavage et les produits de terres lointaines. L’artiste pointe les contradictions de sociétés étroitement mêlées qui rêvent de liberté et de jouissance selon les clichés que nous avons tendance à généraliser lorsqu’il s’agit des Lumières. Mais ces mêmes Lumières ont inventé le concept du mal. Entre Sade, Rousseau et Fragonard, Shonibare se sert-il des généralités appliquées à cette période pour pointer la complexité de cette même époque? Ou est-ce qu’il veut simplement dénoncer le colonialisme qui cherche à maîtriser la nature par l’art des jardins comme il a tenté de civiliser “le bon sauvage”?

Réflexion à suivre… l’artiste d’origine nigériane a reçu récemment une haute distinction britannique et a rajouté à son nom le sigle MBE ( Member of British Empire), une nouvelle manière de pointer les contradictions de l’Histoire.

L’exposition est visible jusqu’au 8 juillet 2007.

Bonne visite,

Adeline BESSON

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