« Se canto, que canto. Canto pas per you…
17 05 2008…Canto per ma mio qu’es allen de you. »

Après l’Aiguille d’Etretat, la Provence…Ce seul nom chante l’eau, le soleil et les cigales. Le Chant du monde dans le camaïeu des bleus de Provence.
Les chants de Char, de Mistral et d’Aubanel. De Giono, de Pagnol, de Daudet. Et les sombres bleuités de la montagne Sainte-Victoire…
Nous partons dimanche avec des enfants, qui ne connaissent de la Provence que le parfum de l’extrait de lavande qu’ils ont distillé en chimie, les fautes d’orthographe de Lili et les bartavelles de Pagnol, la terrible soif de liberté qui tenaille la petite chèvre de monsieur Seguin et l’accent tout ensoleillé de l’un de leurs professeurs.
Dimanche, à l’heure de la sieste, nous prendrons nos quartiers en Avignon. De là, nous rayonnerons pendant une semaine à travers la Provence, le pays d’Aix, la Camargue, Tarascon, Aubagne…
Alors, pour vous faire patienter, quelques cigales…
(quelques cigales et, comme promis, un beau Se canto à vous faire écouter… )
« … Sian tout d’ami galoi e libre,
Que la Prouvènço nous fai gau ;
Es nàutri que sian li felibre,
Li gai felibre prouvençau !… »
(Chant des félibres, F. Mistral)
(Tous des amis, joyeux et libres, /De la Provence tous épris, /C’est nous qui sommes les félibres, /Les gais félibres provençaux !)
« … Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu’elles refusent à la mer...
…Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon… » (La Sorgue, R. Char)
» Si jamais tu viens en Provence, nos ménagers te parleront souvent de la cabro de moussu Seguin, que se battègue touto la neui emé lou loup, e piei lou matin lou loup la mangé.
Tu m’entends bien, Gringoire: E piei lou matin lou loup la mangé. »
(« La chèvre de monsieur Seguin », Lettres de mon moulin, A. Daudet)
Dou gotique Avignoun
Palais e tourrihoun
Fan de dentello
Dins lis estello.
Avignoun, grasiha,
de l’escandiho
Tambèn, de fès, que i’a
Lou jour soumiho !
Mai, s’acampo au soulèu
S, gai felibre lèu
Es di cigalo la capitalo…
(Chanson des felibres, T. Aubanel)
(Du gothique Avignon, palais et tourelles font des dentelles dans les étoiles..Avignon grillé de rayons tout de même quelquefois le jour sommeille ! Mais, s’il assemble au soleil ses gais felibres, vite il devient des cigales la capitale.)
Catégories : Zélés

Cher visiteur, n’entends-tu pas comme un écho ?



