“C’est le plus grand des voleurs…

15 05 2008

… oui mais c’est un gentleman…”

Aujourd’hui, virée à Etretat avec mes élèves. Je les emmène sur les traces d’Arsène Lupin, à la chasse au trésor de l’Aiguille creuse !Au rapport ce soir, pour un compte-rendu de la journée.

20h, LE COMPTE-RENDU EN QUESTION :

Où, lecteur ébaubi, tu découvres le parallèle surprenant entre Maurice Leblanc et Johnny Weissmüller…

Ce matin, visite du Clos Lupin, la superbe maison de Maurice Leblanc à Etretat. Celle dont il disait lui-même qu’elle était son “meilleur Lupin”, celle qui a vu naître ses oeuvres préférées, L’Aiguille creuse et L’Agence Barnett, celle aussi qui fut témoin de ses heures les plus sombres.

” Il me suit partout. Il n’est pas mon ombre, je suis son ombre. C’est lui qui s’assied à cette table quand j’écris. Je lui obéis. “

Leblanc, dont la mère avait été accouchée par Flaubert père, et qui vouait au fils une admiration profonde, avait l’ambition d’écrire des romans et des nouvelles dont la langue, simple et élégante, toucherait le cÅ“ur du public. Une langue belle comme celle de Maupassant.

Mais tous ses livres sont rejetés, le public lui réclame Lupin, toujours Lupin. Alors il le fait mourir et décapite dans un accès de folie toutes les statues du parc de sa maison d’Etretat. Mais rien n’y fait, le public impitoyable réclame son héros et Leblanc est tenu de le faire reparaître. Alors, il l’enferme symboliquement à l’intérieur de sa maison. Le claquemure derrière une porte qu’il condamne.

Rencontré à Etretat un homme charmant qui a connu Maurice Leblanc vers la fin de sa vie et prétend nous montrer du doigt le cauchemar de l’écrivain : “Venez, dit-il, je vais vous montrer…”
Effectivement, sur l’un des côtés de la maison, dissimulée à la vue dans une rue dérobée, la porte apparait toute couturée de clous. “Vous voyez ? Il avait tellement peur de Lupin, qu’il l’a enfermé.”


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