Philéas Fog(g) et madame Jourdain
18 06 2008Aujourd’hui, alors que je discutais avec lui d’un article de l’Express lu chez le docteur, mon Loulou m’a dit que j’étais « la madame Jourdain du Cloud computing« … Comprenez » tu fais du cloud sans le savoir ».
Humpf. Je trouve cette affirmation goguenarde, perfide et très injuste : je sais ce qu’est le fog, voire le smog (que je ne confonds pas avec Smaug) ; je sais que « Web » désigne par métaphore une toile tendue sur le monde ; je vois à peu près ce qu’est un nuage de poussière interstellaire, et je connais, pour avoir fréquenté trop assidûment Gillot-Pétré même d’une oreille distraite, le nom en -us des grands nuages. Mais de cloud computing, je suis à peu près sûre de n’avoir jamais vu la queue d’un (en revanche les perturbations cataclysmo-informatiques, je connais : mon ordinateur opère ses propres choix, de manière unilatérale : il passe en Qwerty tout seul et bouffe les espaces de mes documents Word. Quant aux joyeusetés qu’il me réserve à la maintenance de ce Journal, lecteur, prends pitié !)…
Eh bien toi, qui fais le malin derrière ton écran mais n’entrave pas plus que moi, sache que ce nuage désigne la faculté de l’informatique de demain à garder mémoire de tes données sur des ordinateurs tiers et à te les transmettre où tu veux, quand tu veux (bientôt, il t’appellera « chéri »).
En effet, quand tu crées un fichier Google, tu fais du Cloud computing : tu peux avoir accès à ton fichier, sans clé USB, depuis n’importe quel ordinateur. En un clic, d’Inde, de Chine ou d’Europe, tu as tout ton stock d’infos dispo 24h/24.
Philéas Fogg en eût avalé son chapeau.
Selon Bill Gates, le cloud computing est la technologie qui transformera notre mode de vie de manière plus profonde que tout ce que l’on a pu connaître de changements au cours des 20 dernières années. Il vient d’annoncer, le 4 juin dernier, le projet de Microsoft d’installer un réseau de millions de serveurs qui gèreront, dans des centres de données, les logiciels installés dans les ordinateurs personnels (dont le tien et le mien).
Le miracle de l’informatique ? Faire de vous un être technologiquement évolué à votre insu. Vous permettre de vous servir d’outils que si on vous dit le nom, vous soupçonniez même pas que ça pouvait exister.
Fini l’entretien de ces machines du diable qu’on devait envoyer chez le docteur à la moindre panne ! Plus besoin de se rééquiper intégralement tous les 5 ans ! Juste un écran, un stylet façon Nintendo DS et hop ! le tour est joué.
Bon, OK, si un bug chez Google met au jour tous mes fichiers ultra confidentiels, ma mère me renie illico. Il y a des risques aussi pour que le Très-serviable mais Très-commerçant Google « prête » l’accès à mes données perso. Je serai bonne alors pour voir ma boîte mail saturée de pubs pour sex-toys.
Le mercantilisme dans les nuages. La Jérusalem céleste façon IBM/Google/Microsoft.
Crédits et remerciements à mon Loulou pour son assistance technique. Sans toi, mon amour, non seulement ce Journal n’aurait jamais vu le jour, mais j’aurais toujours le nez dans l’Express à tenter en vain de comprendre cet article…



