L’autre jour, danc ma classe de CP, nous étions en train de travailler sur les paysages. Afin de montrer à mes élèves où pourraient se trouver en France les photos qu’ils étaient en train de trier, je leur sort une belle carte de France avec les départements bien délimités. Je demande à mes zozos s’ils savent ce que c’est que ce grand dessin en couleurs
et là j’ai droit à « c’est la planète terre!! », « mais non c’est la Bourgogne »…. et là…
…Et là, mon ptit Roumain arrivé en septembre, se lève….s’approche jusqu’à la carte, l’osculte presque et en pointant du doigt un département central, se retourne et me demande » Madame, Madame, elle est où la planète de Roumanie, elle est là ?? »
Trop mimi, moi je dis!
Publié le 8 mars 2009 par
ysaure |
Catégorie :
En classe | tags:
classe |
Pas de commentaire |
Pensées en vrac, pas forcément ordonnées.
Il devrait venir voir. Vraiment. Lui, Xavier DARCOS et ses petites mains, lui et ses collègues qui pensent tout savoir.
Voir cette flamme qui peut animer un professeur des écoles face à ses élèves. Voir ce que c’est que « porter » une classe. Voir ce que c’est que s’occuper de tous mais aussi de chacun. Voir ce que c’est qu’être une sorte d’acteur de théatre jouant une pièce, non de fiction mais de réalité, 6 h par jour. Voir comment on arrondi les angles, on encourage, on positive, on exige aussi, on met la barre haute pour qu’ils sachent, comprennent, et n’oublient pas de si tôt.. voir comme on se démène pour ces enfants qu’on ne recroisera peut-être jamais, mais ça tant pis, tant qu’on les a aidé à grandir. Voir cette fatigue à la fin des cours, cette réelle « chute de tension » qui n’est que le reflet de ce sport quotidien, de ces nerfs qui se détendent, de cette décompression autorisée, momentanément. Voir ce qui se passe, ensuite, après l’école pour beaucoup d’entre eux, réaliser que la journée n’est pas terminée. Savoir qu’il faut ranger, corriger souvent, préparer sa classe toujours, anticiper, voir des parents, s’inquiéter pour l’un qui a changé de comportement, se renseigner alors, se réunir avec d’autres profs, se battre pour avoir des livres, du matériel, pour des choses franchement.. surprenantes…puis… rentrer chez soi, comme beaucoup d’autres gens. Mais voir aussi, que le soir, il faut s’y très souvent s’y remettre, finir de préparer, faire une recherche, tenir compte de nouvelles difficultés et dans meilleur des cas, seulement, ajuster ce qu’on avait anticipé pour le lendemain. Et voir, qu’il faut s’y remettre le week-end la plupart du temps.. et donc qu’il est très dur de décrocher, de ne plus y penser, comme tous ces métiers qui touchent… à l’humain.
Mais j’oubliais, les vacances! Oui ces vacances tant reprochées… Bien. Venir voir donc, que pendant ces vacances, on travaille encore, plus ou moins selon les personnalités, l’expérience et les projets… mais on travaille au moins un peu c’est sûr… après avoir débranché, décompressé. Vacances vitales pour les nerfs, pour ne pas prendre pour soi la misère affective et sociale que l’on peut rencontrer plus souvent qu’on ne le croit chez ses enfants si attachants et si fatiguants, parfois ; pour ne pas les passer, ces nerfs, sur nos élèves, mais revenir devant eux pleinement disponibles…
Il devrait venir voir. Voir aussi qu’à 20 élèves les conditions de travail sont bonnes, en général, et qu’ à 30, elle deviennent fastidieuses et pénalisantes, pour le professeur en encore plus pour l’élève… car là.. s’occuper de tous et de chacun relève de l’exploit.
Voir aussi que les professeurs des écoles sont coincés : coincés entre ces programmes impossibles à boucler à moins de les survoler joyeusement au mépris de leur assimilation par les élèves ( ou qu’on me démontrer le contraire) et entre leur volonté de bien faire, de faire vivre à ses élèves des années intéressantes et sans rejet, en lien avec la réalité, où l’on respecte un tant soit peu leurs capacités d’assimilation différentes, leur besoin de temps. Eh bien oui...il semblerait bien que quelqu’un là haut, là bas, très loin, très très loin, prennent nos enfants pour des oies à gaver.…. pour mieux les manger plus tard…. attention, les oies, de ne pas vomir en route. Ou alors, cachez vous et nettoyez bien. C’est dingue, tout simplement , dingue.
Etre professeur des écoles est tout sauf théorique, on le devient sur le terrain et chaque jour un peu plus.
Mais alors, qu’est-ce qu’il vous prend, mais qu’est-ce qu’il vous prend ? On ne peut se satisfaire de moyennes quand on parle de nombre d’enfants par classe. Certes, les chiffres servent à donner une idée, mais sans analyses fines, ils peuvent aussi dire le contraire de ce qu’ils sont censés exprimer. Etes-vous conscient, mais êtes-vous seulement conscient ?
Moi, qui ne suis pas d’une famille de profs, qui ai fait d’autres choses avant, qui ai cottoyé des milieux si différents, qui vit avec un conjoint on ne peut pas moins fonctionnaire (dans l’image qu’on en a), donc, qui ai, je pense, un regard quasi neutre, j’espère ne jamais lâcher…. et réussir, dans mes classes à m’opposer au gavage d’oies. Je ne pense pas avoir d’oeillères et me révolter par principes…. j’ai bien d’autres choses à faire.
Voilà. Je voulais dire aussi que j’ai vu cette semaine une prof géante, géniale, un être humain avec ses forces et ses faiblesse, un prof qu’il ne faudrait pas perdre, tant elle a de valeur. J’ai été émue, émue par tant d’amour pour ce métier non reconnu par ceux qui ne savent pas. Je ne dis pas que tous les profs des écoles sont comme ça. Bien sur que non. La nature humaine est ainsi faite. Il faudrait juste réaliser qu’il y en a quand même, plus qu‘il, la haut, ne le croit. Ces profs investis représentent la majorité de ceux que j’ai rencontrés à ce jour. A voir par la suite.
Mais n’oublions pas, d’autres professionnels mériteraient d’être reconnus pour leur valeur. Parler des uns comme je l’ai fait n’exclue pas que l’on pense aussi aux autres. Cette facilité de propagation de fausses idées reçues m’exaspère, voire…m’horripile.
Je ne sais pas si j’ai été claire. Je m’énerve, je bouillone……. d’autres ont exprimé pour moi leur révolte, encore mieux et encore plus fort. Je rajoute ma pierre. Et je dis NON au gavage d’oies.
On s’y attache, à ses ptites oies
Parlons boulot
.
J’ai dans ma classe des élèves de CE1 ( entre autres). Je voudrais leur faire découvrir des poésies et travailler là dessus pendant toute la période 4 ( c’est à dire- pour les non prof des écoles- du retour des vacances de fév aux vacances d’Avril ). J’aimerais, idéalement, leur donner envie, les faire sourire ou pleurer et les voir ressentir des émotions…et non en faire des bêtes à réciter quelque chose qu’ils n’aimeront pas , est-ce grave docteur ? Il n’empêche qu’ils pourront aussi, apprendre par coeur leur ou leurs poèmes préférés et les offrir s’ils le souhaitent au reste de la classe… pour le plaisir et (un peu quand même ) pour travailler la mémoire – ça sert toujours de toutes façons je pense. Ce travail de mémoire ne seraneanmoins pas l’objectif premier mais bien, je pense, la résultante et une des facettes de cette imprégnation sur la poésie. Idéalement aussi, j’aimerais que mes élèves puissent aussi se laisser porter et écrire eux mêmes une petite poésie pendant cette séquence de travail.
Idéalement encore, j’aurais aimé penser à travailler la poésie dès le début de mon stage, régulièrement, faire des jeux sur la langue, et les aider à créer plus souvent que cela…. car inventer une poésie ne se décrète pas , je pense, le 25 mars à 10h05, avant la récré du matin…c’est là le hic de ma progression…. mais vu comme je suis partie, je ne vois pas comment faire, je ne peux revenir en arrière…J’aurais aimé aussi, peut-être, aménager un coin « poésie » dans la classe, coin « cocooning » où des poésies seraient affichées- des connues et des moins connues-, où l’on l’on pourrait aller y faire une petite pause « lecture et sensations » de temps en temps… Oui, MAIS QUAND ? Quand… peut-on prendre le temps de vivre ça avec ses élèves quand on a des programmes aussi denses et / ou qu’on ne les voit qu’un jour par semaine ?
Je crois, en ce qui me concerne, qu’ à partir de l’année prochaine, je ferai des choix d’approfondissement de certains domaines pour rester sur l’évocation de certains autres ; ceci dit, je suis preneuse d’autres idées avec plaisir
Je mettrai bientôt ma progression en ligne si cela peut servir (et si j’y arrive car je ne suis vraiment pas très douée avec ce blog..grrr), et j’y mettrai aussi ce qui a fonctionné et ce qui a moins bien marché, je trouve que c’est encore ce qu’il y a de plus intéressant pour d’autres.
En attendant, je vous joins quelques poèmes minuscules (dans mes Outils de Classe ) que je présenterai à mes CE1 et dont je me délecte….
En voici même un en avant première :
» Aujourd’hui, j’ai permis au soleil
de se lever plus tôt que moi. »
G-C Lichtenberg
J’adore…
Publié le 19 février 2009 par
ysaure |
Catégorie :
En classe | tags:
classe,
culture,
rêverie |
2 commentaires |