VERS UNE GALAXIE DOCUMENTAIRE pour avoir du recul …

25 09 2008

-faute d’afficher une page, le site est dĂ©clarĂ© vide ; aussi rĂ© affichĂ©-je le dernier article en rĂ©pĂ©tant que pour quelques temps nous entrons en travaux et rĂ©flexion.

A bientĂŽt.

- RECRE ! Il n’y a pas que des saloperies et conneries sur cette petite planĂšte mal en point !
La preuve !
Notre Ă©quipe est allĂ©e au Mali remettre en Ă©tat et moderniser l’installation Ă©lectrique du centre de santĂ© que nous avions installĂ© en 2003, faire l’audit des installations Ă©lectriques des 4 Ă©coles Ă©galement dotĂ©es en Ă©lectricitĂ© en 2004 et 2007.
Mais, en fait, le prĂ©sente action avait pour objectif la formation Ă  l’Ă©lectricitĂ© bĂątiment de jeunes maliens :
- formation continuée de nos deux ex-apprentis formés en 2003, 2004 et 2007.
- formation initiale de quelques tout jeunes villageois.
voir
http://kouloun.hautetfort.com : le blog qui dĂ©crit les 4 actions du LycĂ©e Turgot de ROUBAIX concernant l’électrification de bĂątiments communaux de la commune de Kouloun, prĂšs de Kayes. Et surtout, la formation d’un Ă©lectricien du village de Gabou.
Lundi prochain 3 mars, ils sont revenu-e-s en gare Lille Europe Ă  10h08 comme prĂ©vu : ils auront fait provision d’amitiĂ©, et de souvenirs.
Ils et elle ont atteint les objectifs prĂ©vus, fait le bilan avec le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e rĂ©gionale de Kayes et le conseil des Anciens de Gabou.
Les projets pour 2011 ? Une nouvelle opĂ©ration de formation Ă  l’Ă©lectricitĂ© Ă  l’occasion de l’Ă©lectrification de la Maison d’Accueil en construction. Nous avions eu l’idĂ©e de crĂ©er une activitĂ© touristique en 2004 : elle est dĂ©sormais sur les rails.
Ils ont mĂȘme vu et filmĂ© l’unitĂ© de dĂ©corticage du fonio dont nous avions entendu parler (voir dans les Ă©pisodes prĂ©cĂ©dents).
Filmé ? oui !
GrĂące aux excĂ©dents financiers que l’Ă©quipe a loué les services de Moulay, cadreur malien de Bamako. Il Ă©tait au service de l’Ă©quipe durant la quinzaine de jours passĂ©e Ă  Gabou.
GrĂące Ă  la solidaritĂ© de l’Ă©quipe vidĂ©o de la Ville de Roubaix pour du matĂ©riel prĂȘtĂ©.
A suivre. AprÚs visionnage, et revisionnage, réflexion et discussion, montage et Cie : vous pourrez commander un film passionnant original et instructif sur une amitié franco malienne.

AU fait vous avez remarquĂ© ce blog (pas terrible au final ??) concernant l’Afrique n’a eu les suffrages que prĂšs de 5 000 personnes. Vous qui semblez motivĂ©-e-s redoublez d’ardeur. Ce blog va fermer et estiver durant six mois de la veille du jour du printemps au jour de l’automne. Il faudra ĂȘtre au rendez-vous … le 21 septembre 2009. OK ?

- HISSENE HABRE ou le nécessaire procÚs.
je reviendrai sur le procĂšs tant attendu du petit dictateur tchadien.
Canal+ nou
s apporte dans sa sĂ©rie INVESTIGATIONS un reportage de valeur sur le cas HissĂšne HABRE. L’aventure de ce triste personnage nous montre bien s’il le fallait qu’il ne faut rien idĂ©aliser. MĂȘme en Afrique, on ne le sait que trop les dictateurs ont existĂ© (existent encore ?) et avec eux, les horreurs dont il se sont rendu coupables avec une armĂ©e de complices.
Soutenus parfois par les puissances les plus grandes. Dont la France en personne ? Oui, parfois.
HissĂšne HABRE a Ă©tĂ© vu comme un rempart Ă  l’encontre de la Libye et reçu comme tel par François MITTERRAND prĂ©sident de la RĂ©publique, et soutenu par Ronald REAGAN alors prĂ©sident des Etats-Unis.

mais, le coĂ»t du procĂšs est tel, que le recours Ă  des financements tiers, internationaux ont dĂ» ĂȘtre envisagĂ©s faute de pouvoir se tenir en terre d’Afrique
“C’est ainsi que l’Union europĂ©enne a formellement saisi le SĂ©nĂ©gal pour l’informer qu’une premiĂšre enveloppe allant jusqu’Ă  deux millions d’euros (1,3 milliard de francs Cfa) Ă©tait dĂ©jĂ  disponible pour la phase initiale de l’instruction ; tandis que le Tchad a annoncĂ© qu’il participerait Ă  la tenue du procĂšs Ă  hauteur de trois millions d’euros (2 milliards de francs Cfa). La France, la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas ont tous rĂ©itĂ©rĂ© leur disposition Ă  soutenir financiĂšrement le SĂ©nĂ©gal. Comme pour dire que la balle est dans le camp du SĂ©nĂ©gal qui doit prĂ©senter aux bailleurs de fonds un budget pour le procĂšs, fondĂ© sur une stratĂ©gie de poursuite, tel que l’a promis le ministre de la Justice, Me MadickĂ© Niang, il y a plus de quatre mois.”.
issu de :http://www.toumai-tchad.com/article-24009994.html
UN PROCÈS… A Suivre
-FONTE DES TRANSFERTS FINANCIERS DES MIGRANTS A LEUR FAMILLE :
[voir INTERNATIONAL FUND FOR AGRICULTURAL DEVELOPEMENT (*)]
L’explosion actuelle du systĂšme Ă©conomique et financier a des consĂ©quences directes sur les transferts en direction des pays “en-voie- de-dĂ©veloppement”. L’article du journal le Monde du mardi 10 fĂ©vrier 2009 (page 4) est clair Ă  ce sujet. Et encore les chiffres de - 10% ne concernent que le 3Ăšme trimestre 2008, si elle s’accentue, cette tendance va ĂȘtre ressentie dramatiquement aux bouts de la planĂšte…
Symbolique, il n’est pas question de l’Afrique dans cet article.
Comme d’hab ?
Dossier Ă  suivre.
(*) A savoir : le FIDA possĂšde un site Ă  explorer et Ă©dite des articles en français. Attention, il ne faut pas idĂ©aliser cette structure qui fait ce qu’elle peut. Exemple : c’est seulement 10 Mds de $ qu’elle prĂȘte aux paysans du Tiers Monde. Il faudrait au bas mot cent ou mille fois plus. Non ?
- Autre effet de la crise : MADAGASCAR paye durement le prix
Plusieurs dizaines de morts, 200 blessĂ©-e-s sont le triste bilan d’une manifestation.
Pour comprendre ce qui se passe dans ce microcontinent, il faut revoir l’histoire de la conquĂȘte, de la colonisation et de l’indĂ©pendance. Voir COLONISER EXTERMINER d’Olivier LE COUR GRANDMAISON. Il remarque que “les officiers supĂ©rieurs [...], praticiens et thĂ©oriciens de techniques de combat inĂ©dites [les importĂšrent] sur le front intĂ©rieur pour lutter contre la Sociale [enquĂȘter sur ce mot] et les “bĂ©douins parisiens” [= 'arabes'].
Il s’agissait en Nouvelle CalĂ©donie, Ă  Madagascar et en Indochine de venir Ă  bout d’”indigĂšnes” et par tous les moyens. A tel point, nous dit-il, que les exĂ©cutions sommaires de “rebelles” ou la mutilation quasi systĂ©matique des corps Ă  des fins de terreurs.
Comment un peuple peut-il se guĂ©rir de tous ces maux en si peu de temps (un siĂšcle … ce n’est que cent petites annĂ©es).

A SUIVRE.
- 70 000 Africains ont tentĂ© la traversĂ©e en 2008″
un correspondant m’envoie ceci, malheureusement il ne cite pas ses sources -le lien indiquĂ© ne fonctionne guĂšre aussi malgrĂ© la vraisemblance de ses assertions je vous demande de vĂ©rifier ces donnĂ©es que je livre ici pour donner Ă  penser :
Deux routes principales pour rallier l’Europe : en MĂ©diterranĂ©e, Ă  destination du sud de l’Espagne, Malte ou Lampedusa; par l’Atlantique, vers les Canaries. Difficile de chiffrer le nombre de morts.
Ce n’est qu’une estimation approximative mais, selon le HCR (le Haut Commissariat aux RĂ©fugiĂ©s des Nations unies), environ 70 000 personnes auraient tentĂ© la traversĂ©e entre l’Afrique et l’Europe, en 2008. Les candidats Ă  l’immigration empruntent deux routes principales. L’une en MĂ©diterranĂ©e, Ă  partir des cĂŽtes libyennes, vers le sud de l’Espagne, Malte ou Lampedusa. L’autre dans l’ocĂ©an Atlantique, des cĂŽtes marocaine, sĂ©nĂ©galaise et mauritanienne vers les Canaries.

Durant cette mĂȘme annĂ©e, l’Europe a renforcĂ© son dispositif lĂ©gislatif pour contenir, Ă  ses frontiĂšres, ce flux croissant, notamment Ă  travers l’adoption du Pacte europĂ©en sur l’immigration et l’asile. L’objectif est de mieux encadrer l’immigration lĂ©gale et de mieux combattre les rĂ©seaux de clandestins. Le HCR, toutefois, lance l’alarme. *« Aucun mĂ©canisme appropriĂ© n’existe pour assurer que les demandeurs d’asile ne soient refoulĂ©s dans des pays tiers sans que leur besoin de protection ne soit correctement examinĂ©. »* De nombreux tĂ©moignages, recueillis par des associations et des ONG, confirment ces craintes.

*  Khadafi “serre” la vis

En 2007, en recoupant les chiffres des polices des frontiĂšres, le HCR Ă©value Ă  mille le nombre de morts, sur la route des Canaries, et Ă  500, en MĂ©diterranĂ©e. Une estimation par dĂ©faut de ce qui ressemble fort Ă  un drame silencieux. Les Ă©chos des avis de disparition, publiĂ©s dans la presse locale des pays d’origine, ne traversent pas les mers aussi facilement que les hors-bords des trafiquants.
En outre, la situation des droits de l’homme en Libye soulĂšve de multiples interrogations. La fin de l’isolement diplomatique de Tripoli ne s’est pas accompagnĂ©e d’un relĂšvement du standard de ses prisons.
Pressé de mieux contrÎler les réseaux de clandestins, le colonel Khadafi serre la vis. Si la situation sanitaire des centres de rétention est souvent dénoncée sur le territoire européen, celle des geÎles libyennes
est effroyable : surpopulation, torture, viols… Avec, en prime, des mesures d’expulsion immĂ©diates de la police de Tripoli vers… le dĂ©sert. Sans eau ni vivres.”

- SaĂŻd BOUAMAMA, sociologue, vient de produire un ouvrage basĂ© sur l’interview de Sans-Papiers et Sans-PapiĂšres, dans lequel il signale que ce ne sont plus les premier-e-s venu-e-s qui s’expatrient.
Beaucoup de migrant-e-s sont relativement instruit-e-s et qualifié-e-s.
Il n’est plus rare non plus que des femmes quittent famille et pays pour s’en aller gagner leur vie au loin.
Et il affirme que non ! Ils et elles ne reprĂ©sentent guĂšre “toute la MisĂšre du Monde”.

C’est donc un sujet Ă  explorer et un livre Ă  lire.
Par ailleurs sur le site http://oumma.com/Un-racisme-post-colonial-Extrait oĂč s’exprime cet auteur on peut lire :

Si les immigrants italiens, polonais, armĂ©niens ou portugais ont pu ĂȘtre, Ă  leur arrivĂ©e en France, l’objet de discours infĂąmants et de mesures discriminatoires d’une grande brutalitĂ©, souvent comparables par leur forme et par leur violence Ă  ce que subissent aujourd’hui les immigrants post-coloniaux [2], il n’en est pas allĂ© de mĂȘme pour leurs enfants, et moins encore pour leurs petits-enfants. On ne peut pas en dire autant des enfants d’immigrĂ©s maghrĂ©bins ou noirs-Africains, seuls condamnĂ©s Ă  l’appellation absurde - mais Ă©loquente politiquement - d’« immigrĂ©s de la deuxiĂšme ou troisiĂšme gĂ©nĂ©ration », et aux discriminations qui l’accompagnent.

Notons quand mĂȘme que ni l’Italie, la Pologne, l’ArmĂ©nie ou le Portugal -il ne cite pas les Flandres ou la Wallonie- n’ont Ă©tĂ© colonisĂ©es ou trĂšs peu de temps par la France. Le phĂ©nomĂšne colonial en Afrique a sans aucun doute  compliquĂ© la relation entre les migrant-e-s africain-e-s et leur ancien colonisateur. Il ne cite pas l’Espagne ?

“Si le racisme est, selon la formule d’Albert Memmi, « une valorisation gĂ©nĂ©ralisĂ©e et dĂ©finitive de diffĂ©rences rĂ©elles ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au dĂ©triment de sa victime, afin de lĂ©gitimer une agression ou des privilĂšges » [3], il y a bien un racisme spĂ©cifique qui s’est construit comme une lĂ©gitimation de l’agression et du privilĂšge coloniaux : il y a bien eu essentialisation et naturalisation de « diffĂ©rences culturelles » (notamment la rĂ©fĂ©rence musulmane), disqualification « morale » de ces diffĂ©rences, thĂ©orisation et production de « l’indigĂšne » comme « corps d’exception » encadrĂ© par des dispositifs spĂ©cifiques (formalisĂ©s notamment, en AlgĂ©rie, par le SĂ©natus-Consulte du 14 juillet 1865) [4]. Et ce racisme culturaliste s’est bel et bien transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, y compris aprĂšs les indĂ©pendances - et cela sans grande dĂ©perdition, comme tout systĂšme de reprĂ©sentations non-soumis Ă  la critique et Ă  la dĂ©construction : on peut difficilement nier que dans la sociĂ©tĂ© française contemporaine continuent de circuler - et d’agir - de maniĂšre massive des reprĂ©sentations du « Noir », de « l’immigré », du « musulman », du « beur » ou de la « beurette » [5] survalorisant une diffĂ©rence « culturelle » (« ils » sont diffĂ©rents de « nous ») en mĂȘme temps que sont niĂ©es les autres diffĂ©rences, notamment de classe ou de « personnalité » (« ils » sont tous les mĂȘmes, et « nous » partageons tous une mĂȘme « identitĂ© nationale »).”

Ne faut-il ajouter aussi que l’arrivĂ©e des migrant-e-s africain-e-s en  masse aprĂšs l’indĂ©pendance de leurs pays respectifs et dans ce qui se rĂ©vĂšlera la fin des ‘trente glorieuses’ contribuera Ă  des crispations.

- durant la semaine du 5 au 8 janvier 2009, sur France Culture, quatre Ă©missions ont eu pour thĂšme l’HISTOIRE DE L’AFRIQUE. Pas une Histoire vue de France ou de Sirius, mais par des Africains ou tout au moins des tĂ©moins qui ont vĂ©cu et fait l’Afrique.
C’est lors de l”une d’elles qu’un
de ces grands tĂ©moins nous dit que HEGEL, le philosophe, a profĂ©rĂ© une absurditĂ© Ă©norme : ” L’Afrique n’a pas d’Ă©criture, elle n’a donc pas de passĂ©” Il ne dit pas “Pas d’Histoire”, mais “Pas de PassĂ©”. Il a fortement contribuĂ© Ă  asseoir une vision dĂ©prĂ©ciatrice de l’Afrique. A cette Ă©poque, pour les EuropĂ©ens, leur civilisation est LA rĂ©fĂ©rence suprĂȘme, l’Ă©talon de toute comparaison. L’Afrique est donc barbare car plusieurs de ses peuples n’ont pas d’Ă©criture propre !
Les Africains eux Ă  l’indĂ©pendance de leurs pays respectifs ignorent tout de l’Histoire de leur propre pays. Il Ă©tait temps de contribuer Ă  promouvoir une nouvelle image de l’Afrique qui s’Ă©crit enfin par elle mĂȘme en quelque sorte  : voir site le site de France Culture - La Fabrique de l’Histoire : Ă©missions FABRIQUE20090105 Ă  FABRIQUE20090108.
Voir le Livre de BAKARI KAMIAN “DES TRANCHEES A L’EGLISE ST BERNARD”
Voir aussi  de Roland COLIN

KĂ©nĂ©dougou, au crĂ©puscule de l’Afrique coloniale. MĂ©moires des annĂ©es cinquante. in PrĂ©sence africaine - 29 janvier 2004 Le KĂšnĂšdougou, “pays de la lumiĂšre”, est le nom du royaume qui, dans les marches historiques de l’ancien empire du Mali, a menĂ© le combat ultime contre l’armĂ©e coloniale française. La ville prestigieuse de Sikasso, symbolisant la rĂ©sistance du peuple sĂ©noufo, fut prise en mai 1898. Cinquante ans plus tard, Roland Colin arrive dans ce pays, comme jeune administrateur de la France d’Outre-mer. Il y passe presque trois ans, en compagnie de sa femme RenĂ©e, dans la ferveur de la dĂ©couverte d’une culture paysanne extraordinaire, encore vivante mais meurtrie, en ce crĂ©puscule du pouvoir colonial. Ce rĂ©cit d’apprentissage, vibrant et sensible, porte tĂ©moignage du choc de sociĂ©tĂ©s et de cultures dont l’histoire convenue donne une image imparfaite dans la vision des hommes d’aujourd’hui. Il donne Ă  penser que les problĂšmes du prĂ©sent ne prennent sens que si l’on en recherche les racines dans les rendez-vous manquĂ©s d’hier. Roland Colin dĂ©crit les univers en prĂ©sence : celui des Blancs, microsociĂ©tĂ© confinĂ©e dans l’aigreur du repli, celui des auxiliaires noirs du colonisateur, mĂ©diateurs ambigus et humiliĂ©s. Celui enfin des communautĂ©s paysannes, trouvant son sens dans les rituels majeurs de l’initiation et des funĂ©railles. Parachevant la traversĂ©e du miroir, Roland Colin noue le dialogue avec les nouveaux cadres africains, dans les cheminements difficiles, parfois douloureux, des mouvements politiques porteurs d’espĂ©rances. DĂšs lors, les dĂ©fis Ă  venir s’annoncent comme l’aventure de la libertĂ© Ă  construire, exigeant que ne s’efface jamais la mĂ©moire du KĂ©nĂ©dougou.

- Imaginez Edouard B. bel esprit, parisien, humoriste, Ă  la mode, qui s’entiche d’aller en Afrique, mieux d’aller au Mali : OU SE REND-IL ?
Ben oui, il s’en va en pays dogon comme de bien entendu ?

Pourquoi ? La cosmogonie, la culture dogon et en particulier sa rĂ©sistance Ă  l’Islam en font un Ă©lĂ©ment de rĂ©fĂ©rence en pays occidental. Depuis Marcel GRIAULE, on en a fait un symbole, une rĂ©gion  qu’il faut voir.
Mais, autant je ne me considĂšre pas spĂ©cialement comme pro-musulman, ou vecteur de la rĂ©gion de Kayes, je dis simplement qu’il n’y a pas au Mali que telle ou telle rĂ©gion c’est Ă  dire uniquement le Pays dogon ou la citĂ© sacrĂ©e de Timbuktu pour parler clair.
A quand des visites de télégéniques célÚbres en pays de Kayes et par exemple à Somankidi ou au lac Madi ?
A quand des reportages par exemple dans la rĂ©gion qui aura envoyĂ© en France l’essentiel des maliens prĂ©sents en France : le pays des soninkĂ©s !
- Ceci n’a rien mais absolument rien Ă  voir avec l’Afrique subalgĂ©rienne … mais tant pis :
il faut lire MON PERE CE TERRORISTE de Lakhdar BELAÏD. Il ne vous suffira que de 18€ pour vous le payer. Allez reporter vos cadeaux de NoĂ«l, revendez les au marchĂ© ou par le net. Ne remettez pas Ă  demain.

Ceci n’a rien mais absolument rien Ă  voir avec l’Afrique subalgĂ©rienne …  Quoique ? Voir aussi l’aprĂšs guerre 39-45 Ă  Madagascar …

VoilĂ  qui est beaucoup plus rĂ©confortant [que ce qui suit notamment] : les indices positifs des essais de vaccination antipaludĂ©enne rĂ©alisĂ©e en Mozambique, KĂ©nya et Tanzanie. Bien sĂ»r, nous n’allons pas exulter, mais c’est aussi un dossier Ă  mettre en chantier : voir LE MONDE du 9 dĂ©cembre 2008.
Questions : pourquoi ces pays-lĂ  ?
Ecoeurant, révoltant et abominable !
Comment enrayer ces croyances et pratiques imbéciles et criminelles ?
Blanche ou noire, ce que c’est que la superstition !
Je vous demande d’enquĂȘter vous aussi sur la situation des afro-albinos. J’y mettrais aussi l’excision ou le fait de percer les oreilles des mineures pour leur faire porter des breloques mĂ©talliques.
LĂ , j’exprime un avis tout personnel, c’est plus fort que moi.

Extrait de WikipĂ©dia : “L’albinisme est une maladie gĂ©nĂ©tique. L’affection se caractĂ©rise par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux, des yeux, due Ă  l’absence de mĂ©lanine. Elle peut toucher les mammifĂšres (et donc les humains), les oiseaux, les poissons, les amphibiens et les reptiles. On peut remĂȘtre en cause pour des raisons Ă©thiques la notion de pathologie, dans la mesure ou cela peut ĂȘtre concidĂ©rer comme une simple variation non pathogĂšne du phĂ©notype.Cette maladie est sous plusieurs formes possibles: l’albinisme partiel (Albinisme oculaire) ou l’albinisme total (Albinisme oculo-cutanĂ©).Les albinos ont une vision dĂ©ficiente et sont sujets Ă  des cancers de la peau s’ils ne sont pas protĂ©gĂ©s du soleil.
En prĂ©sence d’un individu blanc on ne doit pas confondre l’albinisme avec le
leucistisme qui est le contraire du mĂ©lanisme. Dans un cas de leucistisme il n’y a pas de sensibilitĂ© accrue Ă  la lumiĂšre solaire.”
Dans plusieurs rĂ©gions d’Afriques, les personnes albinos sonr persĂ©cutĂ©es y compris au Mali oĂč une asso SOS ALBINOS existe voir :
http://www.malikounda.com/nouvelle_voir.php?idNouvelle=4269

Comment ne pas ĂȘtre trop …

Eh oui ! Tout est biodĂ©gradable ! Nous venons vous annoncer que ce blog l’est aussi… Il est vraisemblable que le jour du printemps prochain … il se volatilisera. (Ă  confirmer).
Par prudence pensez Ă  copier ce qui vous intĂ©resse…

Exemple : pour parler des pays qui se situent entre SĂ©nĂ©gal et CĂŽte d’Ivoire, quel qualificatif utiliser ?
Afrique “noire ?”, “subsaharienne ?”, “tropicale ?” ou “rĂ©gion ouest ?” (de l’Afrique), chaque expression porte en elle-mĂȘme une façon de penser l’Afrique.
Et vous, l’Afrique , comment la pensez-vous ?

Au fait : avez-vous lu COLONISER EXTERMINER ? Son auteur,Olivier Le Cour Grandmaison, maĂźtre de confĂ©rence Ă  l’universitĂ© d’Evry-Val-d’Essonne, enseigne au CollĂšge international de philosophie. Ouvrage que j’ai donnĂ© Ă  un ami avant d’avoir fini de l’Ă©tudier complĂštement … Faudra qu’j'l’achĂšte Ă  nouveau ? Non ! Did’ me l’a rendu ! Disons qu’il me l’a prĂȘtĂ© en retour quelque temps.

IL FAUT LE (FAIRE) LIRE [366 pages, 22€, Ă©ditions Fayard 2005].

Les auspices sous lesquelles l’occupation s’est faite Ă  Madagascar ou en AlgĂ©rie (par exemple) pouvaient-elle amener Ă  autre chose que de la rancƓur ou l’esprit de vengeance ? Dans ce livre, on apprend quand on n’est pas spĂ©cialiste, que ce ne fut pas une exploration bon enfant avec distribution de verroteries ou babioles pour amadouer l’IndigĂšne (comme on disait).
Il s’agit bien de conquĂȘte oĂč, en attendant les confiscations, la loi du plus fort triomphe c’est Ă  dire accompagnĂ©e de massacres voire de mutilations.
Ainsi l’auteur de COLONISER EXTERMINER signale que pour bien authentifier l’Ă©limination d’ennemis, on demandait au soldat de ramener les … oreilles de ceux qu’il avait tuĂ©s !
Mais, ce que c’est que la race humaine ! Roublard, le soldat immanquablement finissait par occire des femmes dont il rapportait les oreilles pour maximiser sa prime. Le stratagĂšme dĂ©couvert, horrible ! C’est donc les tĂȘtes que l’on exigeĂąt… De qui Ă©manent ces informations ? Simplement d’un officier supĂ©rieur qui envoyait des lettres Ă  sa famille qui lisait Ă  table religieusement combien il faisait Ɠuvre de civilisation en matant de l’InfidĂšle !
Pouvait-on impunément fonder une amitié séculaire avec les enfants et petits-enfants de ces personnes ainsi supprimé-e-s sans pitié ?

Ne convient-il pas de rĂ©flĂ©chir aussi Ă  la tentation de nĂ©gationnisme colonial promu au plus haut niveau en France en ce moment ? N’est-il pas temps par exemple enfin parler clairement de “guerre d’indĂ©pendance algĂ©rienne” ?

note perso : ‘tention je ne suis pas du tout un apĂŽtre de la repentance. Mais, si le passĂ© est mort, il vit parfois en nous Ă  l’insu de not’ plein grĂ©.

Anecdote.
Martine [
prénom modifié] est une amie nantaise, elle a 63-64 ans.
Fille de petits fabricants de meubles. elle se marie trop jeune, et, qui plus est, avec un alcoolo qui ne lui convient pas du tout. Elle en a deux filles qui le lui reprocheront en refusant finalement tout contact : elle ne connaĂźt pas ses petits enfants.
AprĂšs diffĂ©rentes expĂ©riences professionnelles, elle se retrouve instit’ en retraite et conjointe d’un compagnon qui pĂšte la forme et l’aide Ă  reprendre pied.
Elle se met Ă  Ă©tudier sa propre histoire et elle dĂ©couvre deux secrets de famille ignorĂ©s y compris de ses frĂšres et sƓurs -
avec qui elle n’a trĂšs peu de relations.
Elle apprend qu’un de leurs aĂŻeux au XIXĂšme
siÚcle a été bagnard.
Cette honte transmise inconsciemment a
bouffé la vie de son pÚre qui ignorait lui aussi le fait.
Et, surtout, elle a retrouvĂ© les traces d’autres ancĂȘtres qui furent de riches armateurs dans un
commerce géométrique jadis florissant.
Le trop fameux trafic nantais entre la France, l’Afrique dire ‘noire’ et l’AmĂ©rique avait en quelque sorte marquĂ© sa famille d’un
sceau invisible, mais intĂ©riorisĂ© d’infamie .

- Faudrait-il que chacun-e de nous porte la responsabilitĂ© -Ă©ventuellement cumulĂ©e- de tous les maux commis par ses ancĂȘtres. Elle peut ĂȘtre inconsciente comme dans le cas prĂ©cĂ©dent mais ne faut-il pas remettre les compteurs Ă  zĂ©ro pour chaque nouveau/nouvelle nĂ©e ?
A l’inverse, nous n’aurions donc pas Ă  nous prĂ©valoir des bienfaits prodiguĂ©s par nos aieux/aĂŻeulles comme Ă©tant en quelque sorte les nĂŽtres.

Ainsi “la HALDE” vient de dĂ©couvrir que les manuels scolaires français Ă©taient encore un peu trop ‘blancs’.

Ayant enseignĂ© -ce n’Ă©tait pas un hasard !- en AlgĂ©rie durant cinq ans, et ayant enseignĂ© par la suite en zone dite ’sensible’ oĂč la population scolaire Ă©tait pour le moins multicolore, j’ai toujours ‘colorĂ©’ mes problĂšmes des maths en donnant aux hĂ©ros des Ă©noncĂ©s des prĂ©noms d’outremer. Les Ali, Mustapha, Djavet, et autres Almeida peuplaient les classes et mes textes !
Sauf en géométrie ? Oui. Effectivement.

C’est pourquoi il faut de suite aller sur le blog qui suit … vous ne serez pas déçu-e du voyage !
- http://
keke.hautetfort.com/album/paludisme-et-colonialisme/ qui est extrait du blog suivant.

- http://keke.hautetfort.com : il s’agit ici de l’action notamment sanitaire de l’association ENTR’AIDE FRANCE MALI dans la commune de Niansanary dont le village KĂ©kĂ© fait partie. A partir d’un document [concernant l'AlgĂ©rie] de 1923, nous prĂ©sentons l’expression de la pensĂ©e coloniale (voire raciste) d’une Ă©poque au travers d’un fascicule de lutte contre cette maladie : il y a lĂ  matiĂšre Ă  dĂ©bat sur les bienfaits de la colonisation. — - - - > cliquer ensuite sur Keke en haut Ă  gauche.

[* : blog qui commence à comporter des éléments intéressants comme celui mentionné sur le paludisme]. En route vers les 200 consultations.

- http://beleko.hautetfort.com : BĂ©lĂ©ko est le thĂšme d’une Ă©tude (thĂšse d’ethnologie) dont ce blog donne le rĂ©sumĂ©. Les relations familiales, le mariage, la dot, l’excision, la rĂ©pudiation, 
 en sont le contenu. Des lecteurs originaires de BĂ©lĂ©ko se sont pris au jeu de coopĂ©rer Ă  prĂ©ciser certains dĂ©tails.

[*** : lecture difficile, trĂšs exigeante mais passionnante]. Un nouvel album photos “PUTAIN D’AFRIQUE” est en cours de construction en relation avec les voyages d’Albert LONDRES en Afrique ‘Noire’.

- http://crdp.ac-lille.fr/sceren/kouloun/site/Accueil.htm : ce site explique par le détail les deux premiÚres expériences menées en 2003 et 2004 ; il est hébergé par le SCEREN DE Lille.

[*** : site dense qui offre plusieurs niveaux de lecture, agréable de présentation et disposant d'un menu, bien qu'un peu touffu, il donne l'expression d'une aventure passionnante ].

- http://kouloun.hautetfort.com : ce blog dĂ©crit les actions du LycĂ©e Turgot de ROUBAIX concernant l’électrification de bĂątiments communaux de la commune de Kouloun, prĂšs de Kayes. Et surtout, la formation d’un Ă©lectricien du village de Gabou.

[*** : blog complet un peu brouillon, trÚs intéressant].

->Dans ce prĂ©sent blog, vous pouvez trouver diffĂ©rents Ă©clairages pĂšle-mĂȘle sur :
(voir ci-dessous sur cette mĂȘme page)

- THIAROYE, Histoire d’un massacre mĂ©connu.

Histoire vraie et dramatique de tirailleurs sénégalais à la fin de la guerre 39-45.

- La coopérative multifonctionnelle de Somankidi (Kayes MALI)

Histoire vraie et plus rĂ©jouissante que la prĂ©cĂ©dente de travailleurs migrants de la sous rĂ©gion Ouest qui Ă  la fin des annĂ©es 1960 reviennent au pays s’investir et crĂ©ent un outil de dĂ©veloppement qui existe toujours.

- Il est un village sahélien nommé Gabou

Ce sont les migrants de ce village qui sont Ă  l’origine de notre coopĂ©ration au Mali et en particulier avec la commune de Kouloun.

- Le Sahel
d’aprĂšs “L’homme et la sĂ©cheresse” de Monique MAINGUET

Il s’agit d’un rĂ©sumĂ© partiel d’un ouvrage consacrĂ© aux problĂšmes qui concernent les ami-e-s que nous connaissons maintenant.

->Quelques pages complémentaires abordent
(voir le bandeau ci-dessus)

- Les langues maliennes :

il s’agira en rĂ©alitĂ© d’Ă©voquer succinctement le soninkĂ© langue commune Ă  une part du Mali, du SĂ©nĂ©gal et de la Mauritanie.

- L’aventure de Boubacar :

c’est le feuilleton qui vient de dĂ©buter racontant l’histoire d’un migrants qui dĂ©sire retourner dans son pays.

- Le climat sahélien :

nous y ajouterons aux données concernant des informations voisines exemple ici un aperçu des aventures et actions de Wangari MAATHAI, prix NOBEL de la Paix 2004.

CETTE GALAXIE DOCUMENTAIRE EST A VOTRE SERVICE
ET DÉDIÉE A L’Afrique
, AUX Afriques, AUX africain-e-s, …

OBJECTIF :
- donner des éléments concrets de connaissance notamment sur les zones sahéliennes ou confrontées à la déforestation.
COMMENT :
- en ABORDANT tous les sujets, l’Histoire, la GĂ©ographie, …
- en UTILISANT des Biographies ou Monographies, …
- vers un TABLEAU MOSAÏSTE et auquel vous pouvez ajouter des Ă©lĂ©ments par des commentaires, des suggestions qui seront intĂ©grĂ©s aux textes.

Voir aussi : sur lewebpĂ©dagogique le forum “profs” rubrique “VIVE L’AFRIQUE DE L’OUEST !“

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pour contacter l’auteur : mhousez@nordnet.fr



THIAROYE, Histoire d’un massacre mĂ©connu. Par P.Housez

4 05 2008

L’Ă©pisode le plus connu de l’histoire de Thiaroye est celui d’un massacre.

Le village de Thiaroye (prononcer tia-roi ou mieux tia roïe) a été fondé vers 1800.

Thiaroye fait partie des Ă©pisodes peu glorieux de l’Histoire de l’HumanitĂ©, et d’autant moins glorieux et surtout rĂ©voltant qu’ils participent d’une Histoire cachĂ©e, oubliĂ©e, inconnue ou Ă  tout le moins mĂ©connue.
Depuis quelques années, la situation évolue. Mais, des progrÚs sont encore à faire.

- RĂ©cemment le premier ministre canadien a prĂ©sentĂ© aux indien-ne-s, premiers occupant-e-s, les excuses de l’État du Canada.
- En Australie depuis 1997, le 26 mai est devenu la journĂ©e nationale du pardon. Elle a Ă©tĂ© instituĂ©e pour faire connaĂźtre les torts causĂ©s aux premiers habitant-e-s nommĂ©s ‘aborigĂšnes‘ [= habitants premiers].
- En France, « IndigĂšnes », le film de Rachid Bouchareb, sorti en 2006, a permis une Ă©volution remarquable du regard de la sociĂ©tĂ© française sur certains de ses anciens combattants mĂ©connus et oubliĂ©s. Et en effet, le 27 septembre suivant, le gouvernement Dominique de Villepin a annoncĂ© que les 80 000 anciens combattants de l’Empire français encore vivants percevront Ă  nouveau les mĂȘmes retraites que leurs compagnons d’armes français.

La question du paiement des arriĂ©rĂ©s (sur une pĂ©riode de plus de 40 ans) et des intĂ©rĂȘts demeuraient cependant en suspens. Leur retraites avaient Ă©tĂ© gelĂ©es au moment mĂȘme oĂč leurs pays respectifs devaient indĂ©pendants.
- En 2008, l’ambassadeur de France s’est rendu Ă  SĂ©tif pour reconnaĂźtre le massacre de 1945.

Le massacre de THIAROYE fait partie de ces histoires peu connues de l’Histoire.
Voici donc ce que l’on en connaüt.

Fin novembre 1944, 1 280 soldats africains originaires de diffĂ©rents pays (*) de l’Afrique occidentale française – communĂ©ment appelĂ©s tirailleurs sĂ©nĂ©galais – sont regroupĂ©s dans un camp de transit Ă  une quinzaine de kilomĂštres du centre de Dakar. Ils ont affrontĂ© l’attaque allemande de mai-juin 1940 en premiĂšre ligne avec un taux de perte voisin de 10% (contre 4% en moyenne pour les troupes mĂ©tropolitaines).
Il faut savoir aussi que certains d’entre eux, faits prisonniers et quand bien mĂȘme blessĂ©s, ont simplement Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s par les troupes d’Ă©lite du Reich vexĂ©es d’ĂȘtre contenues par des Noirs (voir le Tata sĂ©nĂ©galais de Chasselay Ă  savoir tata = « enceinte de terre sacrĂ©e », oĂč l’on enterre les guerriers morts au combat.).

La plupart subiront leur captivitĂ© en France ; en effet, les Nazis refusent de les voir sur leur sol et ils sont utilisĂ©s comme main d’Ɠuvre forcĂ©e au mĂ©pris des conventions de GenĂšve.
Certains seront concentrĂ©s en Frontstalag (ou « camp de prisonniers du front »), dans le cas prĂ©sent en France, seront employĂ©s dans des fermes. Ils sont employĂ©s dans des exploitations agricoles en France, encadrĂ©s par des prisonniers de guerre mĂ©tropolitains. Ils attirent curiositĂ© et sympathie par l’exotisme qu’ils reprĂ©sentent. Avec trois fois rien, ils se confectionnent des outils et surtout des instruments de musique.
D’autres, moins chanceux au final, seront exploitĂ©s en Bretagne, Ă  Morlaix notamment, et amenĂ©s Ă  contribuer Ă  la production d’armement destinĂ© au front russe. Cependant, ils ont les contacts avec leurs ‘collĂšgues’ mĂ©tropolitains leur permettront de comprendre certains ressorts de la vie en Europe. Ils finissent par comprendre une Ă©vidence : face aux vainqueurs allemands, prisonniers mĂ©tropolitains et prisonniers coloniaux subissent tous un sort semblable : ils sont Ă  Ă©galitĂ© 
 loin de ce qui se passe en Afrique.

Quelques-uns mĂȘme feront partie des maquis de rĂ©sistants.

Alors que la Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminĂ©e, ils sont parmi les premiers prisonniers libĂ©rĂ©s.
Mais afin de ‘blanchir’ [terme utilisĂ© Ă  l’époque] les troupes françaises, il est dĂ©cidĂ© de les dĂ©mobiliser.

Ils devraient logiquement toucher un petit magot constituĂ© de leurs arriĂ©rĂ©s de solde, du pĂ©cule de prisonnier de guerre et surtout de la prime de dĂ©mobilisation. Le tout reprĂ©sente une somme que, au pays, mĂȘme les colons blancs sont rares Ă  possĂ©der.

Au lieu de les dĂ©mobiliser en France, le ministre des colonies leur promet de le faire Ă  Dakar oĂč ils arrivent le 21 novembre 1944.
Cependant, la mentalitĂ© coloniale locale est tout simplement restĂ©e raciste, ils sont sujets aux mauvais traitements et aux vexations. Qui plus est, faute de transmission d’ordres clairs en ce sens ou de fonds en cette pĂ©riode confuse, la juste rĂ©tribution de leurs services (pourtant accordĂ©e aux soldats mĂ©tropolitains) leur est finalement refusĂ©e. En outre, l’avance qu’ils ont reçue Ă  leur dĂ©part Ă  Bordeaux suscite versĂ©e en francs mĂ©tropolitains doit ĂȘtre changĂ©e en francs CFA. On leur propose un taux de change infamant.

Ils se mutinent le 30 novembre et prennent en otage le gĂ©nĂ©ral français Danian qu’ils libĂšrent peu aprĂšs. Le lendemain, le bataillon de Saint-Louis de l’armĂ©e française donne de nuit, l’assaut du camp (dĂ©sarmĂ©) faisant d’aprĂšs le rapport officiel trente-cinq tuĂ©s et autant de blessĂ©s. Une trentaine de survivants, considĂ©rĂ©s comme meneurs sont condamnĂ©s Ă  des peines de un Ă  dix ans de prison. Ils auront une amende de 100 francs de l’Ă©poque et perdent leurs droits Ă  l’indemnitĂ© de dĂ©mobilisation. Ils seront graciĂ©s en 1947, lors de la venue Ă  Dakar de Vincent Auriol, prĂ©sident de la RĂ©publique, mais sans recouvrer leurs droits Ă  leur retraite militaire.

Cet épisode de la guerre 39-45 est méconnu en France.

De la mĂȘme façon que les massacres de Madagascar de 1949 oĂč l’on Ă©voque 89 000 morts civils.

Voir le film CAMP DE THIAROYE (1988) de SembÚne OUSMANE (décédé le 9 juin 2007) qui retrace cette affaire de maniÚre recomposée à partir de témoignages.

Voir “DES TRANCHÉES DE VERDUN A L’ÉGLISE St BERNARD” (2003) le livre de Bakari KAMIAN, agrĂ©gĂ© d’Histoire. Il y Ă©voque les troupes coloniales impliquĂ©es dans les conflits du XXĂšme siĂšcle.

(*) pays d’Afrique Occidentale Française ou A.O.F. : CĂŽte d’Ivoire, Dahomey (BĂ©nin), Haute Volta (Burkina Faso), Mauritanie, Niger, Togo, SĂ©nĂ©gal, Soudan Français (Mali).

pays d’Afrique Occidentale Française ou A.E.F. : Congo (Brazzaville), Gabon, Oubangui-Chari (Centrafrique) Tchad.