LES  »BIENFAITS » DE LA COLONISATION

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        1- Un exemple pour rebondir celui du Dr Louis-Michel PARROT.

Le Dr Louis-Michel PARROT est l’auteur en 1923 d’un opuscule concernant la lutte contre le paludisme. Ce document est destiné à toutes les écoles de l’Afrique du Nord.
Il comporte 36 pages et 19 illustrations (14 croquis et 5 photos : sans doute de l’auteur lui même).
Son but est pédagogique. Et le résultat, à ce titre, est une petite merveille alliant le top des connaissances du jour et un langage simple. C’est dire s’il a eu une importance stratégique dans la lutte contre cette terrible maladie le PALUDISME.
Cependant quelles que soient les qualités de l’auteur, ce livret a été le vecteur d’une autre infection terrible : le RACISME pur et simple.
En effet, il n’attribue pas le statut d’Homme à l’Indigène, le Dr PARROT fait preuve d’une singulière inconscience ou d’une coupable complicité.
Il a véhiculé une pensée pour le moins condescendante à l’endroit des dits ‘INDIGÈNES’ simplement considéré-e-s comme le réservoir de la maladie !

Le PRÉCIS du Dr PARROT est marqué par la société coloniale dont il est le produit et un symbole. Il illustre  l’esprit de l’époque, celui d’un système nettement raciste et auquel les élites les plus chevronnéesapportent leur plus éminente contribution.

Dans la page 22 : « Le paludisme est une des maladies les plus évitables. [...]. Les Anophèles, propagateurs du paludisme, naissent dans les eaux stagnantes du mois d’avril au mois de novembre, volent jusqu’à deux kilomètres, prennent le virus paludéen dans le sang des INDIGÈNES et piquent l’homme surtout pendant la nuit. ».

page 36 du PRÉCIS : « La suppression des moustiques, commis-voyageurs du paludisme, [...] n’est pas toujours réalisable partout [cas de l'installation près d'un lac, d'un oued, ... Il faut en ce cas éliminer ] de son fonds les eaux dormantes inutiles … et écarter le plus possible les habitations de ses serviteurs arabes. ». L’arabe ne peut dnc être que serviteur ?

page 34 : « En nombre d’exploitation rurales, grandes ou petites, le personnel indigène -khammès (*), journaliers, etc.- vit avec femmes et enfants, dans le voisinage immédiat des propriétaires,fermiers ou colons européens :
- ici gourbis, tentes ou baraquements en général surpeuplés s’adossent à la maison du maître ;
- là, un coin d’écurie abrite le gardien de nuit et sa famille ; ailleurs un khammès a dressé sa tente au milieu de la même cour de la ferme ;
- ailleurs encore, le logement du colon et celui des ouvriers s’ouvrent porte à porte.
Une telle promiscuité [...] du point de vue de l’hygiène en général et du paludisme en particulier offre de très graves inconvénients. ».
        (*) ndlr : le khammès est l’ouvrier agricole qui touchera comme rétribution que le 5ème de la récolte. Le mot vient de khemsa [cinq]. En 1972, un ancien combattant de l’ALN nous disait qu’en 1945, pour une journée de travail, son père obtenait une mesure d’avoine comme salaire -évidemment à l’exclusion de toute cotisation sociale.

Humainement et techniquement , est .
Au regard de l’Histoire, le Dr PARROT est à la fois remarquable et digne d’admiration et au service d’une mécanique impitoyable, une sorte d’apartheid.

Qui est donc Louis Michel PARROT ?

D’après http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/sante329.htm.
« Le docteur Louis-Michel Parrot est né le 31 octobre 1883 au Bugue (Dordogne), où ses parents étaient instituteurs. A cette époque, le gouvernement se préoccupait déjà d’ouvrir des écoles dans le bled algérien et le ministre de l’instruction Publique faisait appel à des volontaires. Les parents de Louis Parrot furent de ceux-là et c’est ainsi qu’à onze ans, le jeune garçon prenait contact avec l’Algérie. C’est au milieu des petits musulmans qu’il continua ses études primaires. Il eut tôt fait d’apprendre le dialecte local.
Au collège de Bône [ndlr : Annaba], son livret scolaire des années 1898 à 1902 ne contient que des éloges. Il obtient le 23 juin 1902, le titre de bachelier ès lettres. Il se destinait à l’agrégation et devenait élève de lettres supérieures au lycée Louis-le-Grand à Paris, mais il abandonne les lettres pour la médecine en raison de relations ‘très amicales qu’il entretenait avec un médecin de colonisation. »

« Diplômé de l’Institut de médecine coloniale de Paris, le 5 août 1908, il réalise son idée originelle et se consacre à la médecine du bled, à Duzerville (département de Bône) jusqu’en 1914.
Reçu premier en médecine de colonisation, il est affecté à Gambetta. Son appartement est prolongé d’une salle de consultation et d’une pharmacie. Le village est desservi par la diligence et le caïd lui prête son mulet pour les déplacements dans les douars. Pendant la guerre de 1914, il doit même assurer, un moment, les fonctions de juge de paix. Ses rapports avec la population sont excellents.

En janvier 1915, il occupe le poste de Barika centre important, vrai poste de médecine de colonisation où il est assisté d’un infirmier et d’un auxiliaire médical (sorti d’une des écoles d’auxiliaires médicaux d’Alger). L’infirmerie se compose de six lits pour femmes avec une infirmière et six lits pour hommes. L’infirmier est chargé de nourrir les malades. Le docteur achète alors une voiture et un chauffeur vient de Constantine lui apprendre à conduire en quarante-huit heures.

La population est composée de nomades et de sédentaires établis dans le douars, divisés par un antagonisme séculaire. Les querelles d’irrigation sont nombreuses et les fellahs se volent l’eau. Les règlements de comptes sont courants. Le médecin de colonisation est aussi chargé des autopsies. Il cite un soir de 1er janvier où une  » nefra « , lui fit faire cinq autopsies et soigner quinze blessés de coups de couteaux. Une autre fois, il fut appelé pour l’assassinat d’un habitant d’une autre commune que les nomades avaient amené là pour l’égorger devant les femmes du campement.

A partir de 1917, Louis Parrot fut chargé du poste de Mac Mahon – Aïn Touta qui avait l’avantage d’être desservi par le chemin de fer. Là, à 900 mètres d’altitude, le paludisme était rare mais il eut à lutter contre le trachome et la tuberculose. »

Il n’atteindra pas la notoriété de LAVERAN mais sera un des médecins éminents de l’Institut Pasteur d’Alger : « Depuis 1911, [le Dr Louis-Michel PARROT] était en relation avec le docteur Etienne Sergent qui l’avait remarqué pour la rédaction du petit manuscrit de conseils d’hygiène à l’intention des écoles primaires. Il avait aussi hospitalisé un malade porteur d’un parasite intestinal rare dont il avait réussi à isoler les parasites mâle et femelle qu’il avait envoyés à l’Institut Pasteur. Esprit curieux, doué d’un sens profond d’observation, Louis Parrot était frappé par l’importance des maladies transmissibles et contagieuses. II devint ainsi tout naturellement un collaborateur occasionnel des frères Sergent. C’est ainsi qu’Edmond Sergent n’hésitera pas à le nommer chef de laboratoire à l’Institut Pasteur d’Alger où il poursuivra désormais sa carrière et dont il deviendra le sous-directeur en 1944.

Son œuvre scientifique est considérable. Après avoir porté ses recherches dans le domaine du paludisme, des leishmanioses, de la tuberculose et des pyroplasmoses, Louis Parrot était devenu un spécialiste mondial des phlébotomes faisant don à l’Institut Pasteur de sa collection personnelle, une des plus complètes qui soit. Devenu secrétaire général des archives de l’Institut Pasteur d’Algérie, il en assura la publication pendant plus de quarante ans et en fit une revue de haute tenue scientifique.

Officier de la Légion d’honneur et titulaire de multiples décorations tant civiles que médicales, ce témoin de la réalité de l’Algérie française et de son rayonnement fut blessé à mort par le drame du départ.

La physionomie austère de Louis Parrot cachait aussi une grande sensibilité.

Son élève, le professeur J.G. Marchal, déclare :  » Son œuvre solide reste le témoignage d’une partie de l’œuvre grandiose accomplie par tous ceux qui, dans le désintéressement et bien souvent au péril de leur vie, se sont penchés sur des peuples délaissés et abandonnés aux pires épidémies. Tant d’efforts, tant d’abnégation ne doivent pas être recouverts à jamais du voile de l’oubli. ».

Louis PARROT est le produit d’un milieu donné, celui des instituteurs, « hussards de la République », et d’une époque, qui veut que l’Arabe, l’Indigène soit considéré comme source de problèmes de tous ordres.

       2 -Examinons la thèse de nostalgiques de l’Algérie colonisée 
Les extraits ci-après sont tirés du site de l’Amitié Franco-Algérienne : http://www.vofa.net/classic1_000007.htm

 

 

« En fait, il n’y avait rien ! Ce coin de terre, situé en haut de l’Afrique, était morcelé et sans caractéristique propre. On désignait sous le nom de Régence turque d’Alger, un ensemble aux contours mal définis, regroupant quelques principautés locales, aux ordres d’un Dey ou d’un Bey, rendant hommage au Sultan ottoman, mais n’ayant pratiquement avec lui pas d’autre lien que le paiement de l’impôt, sous peine de destitution par les Janissaires qui faisaient la loi et défaisaient beys et deys à leur guise.

Pas de frontières fixes, pas de gouvernement central, pas de monnaie propre au pays, c’était la livre turque qui servait de base pour les rares opérations commerciales, pas d’autre loi que l’observance stricte de la charria (la loi coranique). Cette vacuité se retrouvait partout et pour tout : pas de routes, pas de ports en dehors des abris naturels, pas de commerce privé ni d’industrie sinon un artisanat (rudimentaire mais de qualité), pas de cartographie ni de cadastre, pas d’hôpitaux ni d’hygiène publique, pas d’écoles à part quelques rares écoles coraniques. Cette pauvre région n’avait pas d’histoire, pas plus que de référence historique. Le dernier « souverain », si l’on veut lui donner ce nom, se nommait Jugurtha (-160, -100 AC). Il fut vaincu et détrôné par les Romains, ceux-ci furent remplacés par les Byzantins, puis par les Arabes d’abord et les Turcs ensuite. Ainsi, entre moins 100 et plus 1962, soit plus de vingt siècles, cette entité n’a pas existé en tant qu’état. C’est la France, qui l’a baptisée « ALGERIE » terme inconnu avant 1832 !

       3 -Le meilleur se trouve à n’en pas douter dans COLONISER, EXTERMINER d’Olivier Le Cour Grandmaison, maître de conférence à l’université d’Evry-Val-d’Essonne et enseigne au Collège international de philosophie.

      Dans la « Coloniale » contre la « Sociale », l’auteur nous explique comment la vision de moment -celle des dirigeants, possédants,…- est nette : dans leur esprit il n’y a pas tellement de différence entre les barbares d’outremer et les êtres déchus des bas-quartiers de la métropole !

Ce sont des sous-hommes en quelque sorte dont il faut se méfier. Leurs accorder des droits sera toujours de trop ! Prolétaire, métèque (étranger), et sauvage des colonies sont à tenir en respect.

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