Évolution de la littérature populaire transylvaine

22 01 2013

Le folklore est une partie intégrante de culture nationale et définit l’esprit d’une nation.  La littérature populaire est une partie significative du folklore roumain qui signifie la totalité des productions artistiques, littéraires, musicales, plastiques, ou chorégraphiques  crées par la sagesse populaire et transmises d’une génération à l’autre soit oralement, soit grâce aux  traditions vivantes.

Pendant des siècles, la seule production littéraire en langue roumaine a été celle appartenant au folklore. C’est seulement avec l’avancée progressive de la langue nationale en tant que forme d’expression écrite que la littérature roumaine prend son essor, notamment à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il est connu que le premier document rédigé en roumain, la lettre d’un boyard valaque, Neac?u de Câmpulung, datant de 1521, porte la marque symbolique du déclin de l’écriture en slavon et, de manière générale, de l’influence slavo-byzantine.

Vers la moitié du XVIe siècle circulent déjà des textes religieux traduits et imprimés par le diacre Coresi, à côté d’une littérature de colportage : récits hagiographiques, romans populaires ou livres didactiques.

Au siècle des Lumières prend naissance en Transylvanie le mouvement politique et culturel connu sous le nom d’« École transylvaine », qui se déploie dans deux directions principales : l’une, historico-linguistique, matérialisée par les travaux érudits de Samuil Micu (1745-1806), Gheoghe Sincaï (1754-1816), Petru Maior (1761-1821), qui affirment la « pureté » latine des Roumains et de leur langue pour en tirer argument dans la lutte de libération nationale ; l’autre, littéraire, illustrée par la Tziganiade, étincelante épopée héroï-comique de Ioan Budai-Deleanu (1763-1820).

La littérature de la deuxième moitié du XIXe siècle s’affirme, grâce à l’écrivain et politique Titu Maiorescu (1840-1917), par sa quête de l’authenticité, doublée d’une exigence accrue face à l’esthétique de l’écriture. La critique littéraire, disposant d’un cénacle et d’une revue prestigieux –  respectivement Junimea (1863) et Conversations littéraires (1867-1916) –, pourra ainsi préparer le public à accueillir les premiers écrivains qui, tout en s’inspirant des réalités nationales, accèdent au patrimoine littéraire universel : Mihail Eminescu, dernier des grands poètes romantiques, le prosateur et dramaturge Ion Luca Caragiale, portraitiste sagace de la société de son temps et Ion Creanga, conteur et mémorialiste prodigieux.

Le débat ouvert par Titu Maiorescu fera une longue carrière dans les lettres roumaines, opposant systématiquement et jusqu’à nos jours les adeptes du « traditionalisme », voire d’une littérature cultivant les valeurs autochtones à ceux du « modernisme », qui se tournent vers les courants novateurs occidentaux.

Dans le département d’Alba il y a au moins  deux exemples d’écrivains qui ont su valoriser le filon populaire et qui, dans leurs œuvres, ont rendu hommage  au village transylvain : le prosateur Ion Agârbiceanu et le poète-philosophe Lucian Blaga. (Denisa-Ioana C?lin et R?zvan-Andrei Manciulea).


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