Une plante à valeur symbolique présente dans le folklore médical du département d’Alba : la mandragore
29 01 2013On dit que de toutes les plantes qui poussent en Roumanie et qui sont recherchées pour leurs vertus magiques et médicinales, la mandragore (m?tr?guna) a le rituel le plus dramatique. C’est parce que c’est une des plantes les plus mystérieuses et aussi l’une des plus importantes en magie. Cette plante a en elle les vertus d’un puissant aphrodisiaque et la réputation de soigner la stérilité. Ceci à cause de la forme de ses racines, qui ressemblent étrangement à un corps humain muni d’organes génitaux, parfois masculin, parfois féminin.
La légende veut qu’Hannibal, pendant la guerre avec les Africains, a abandonné son camp en laissant des amphores pleines de vin dans lesquelles macéraient des racines de mandragore et tous les soldats ennemis ont été intoxiqués. Les propriétés hallucinogènes et narcotiques de la mandragore ont été utilisées en médecine antique comme anesthésiant pour des interventions, ou en sorcellerie, comme ingrédient pour la confection de philtres. Au Moyen Âge on la nomme demi-homme ou homme-planté et on prétendait qu’elle poussait un cri d’agonie quand on la déterrait pour la cueillir. Ce cri était censé rendre fou celui qui l’entendait, aussi les sorcières faisaient-elles déterrer la plante par un chien dressé et se bouchaient-elles les oreilles avec de la cire.
Mircea Eliade a analysé dans une étude vaste publiée en 1938 dans la revue d’études religieuses Zalmoxis le rituel de la mandragore. On croyait que cette plante qui a le pouvoir d’épouser les jeunes filles est porteuse d’amour et de fécondité. Elle est nommé aussi « l »impératrice », « la cerise du loup », « l’herbe de la forêt ». La plante pousse dans les bois ombrageux et fleurit en juin-juillet. La période la plus propice pour la cueillir est entre les Pâques et l’Ascension. D’après la légende, il faut la cueillir en prenant garde de n’avoir le vent en face.
Pendant que les jeunes filles cueillaient la mandragore, elles chantaient :
M?tragun?, doamn? bun?,
m?rit?-m?-n ast? lun?
de nu-n asta, în ailalt?
numai s? nu mai fiu fat?.
Mandragore, bonne mère,
marie-moi ce mois-ci,
si ce n’est maintenant,
alors le mois prochain,
mais transforme-moi en femme.
Il y a 30 ans, le rituel était encore pratiqué dans la région des Apuseni, en Moldavie, en Olténie et au Maramure?. Les ethnologues affirment que de nos jours cette superstition n’existe plus. La mandragore est un poison, elle ne peut être bénéfique que savamment dosé. Les médecins grecs prescrivaient la mandragore contre la mélancolie et la dépression. Plus tard, la racine était utilisée pour traite les maladies de la peau et la goutte et les feuilles pour soigner les blessures.

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