Les rites funéraires dans quelques villages du département d’Alba (II)

9 02 2013

Les jeux de la veillée mortuaires sont rencontrés encore sporadiquement dans certains villages de notre département. Ils sont interdits si le décédé est jeune ou s’il s’agit de quelqu’un qui avait de petits enfants.

A Trâmpoiele, à l’occasion de la première soirée de veillée mortuaire, après le départ du prêtre, un groupe de jeune hommes, surnommés « copoii » (« chiens de chasse »), entrent dans la maison et commence à aboyer, à hurler et à miauler. Puis ils simulent une lutte entre les grands et les petits. Leur lutte symbolise la confrontation des diables et des saints. Puis les jeunes jouent  Râ?ni?a ou Palma Furat? et les vieux  des jeux de hasard.

A Sc?ri?oara, on apportait autrefois un masque de chèvre et le masqué dansait dans la maison en poussant les femmes de son museau (symbole de la fertilité).

Le troisième jour après la mort, il y a la cérémonie de l’enterrement dans le cadre de laquelle il y a plusieurs moments qui réunissent des pratiques traditionnelles et des rites orthodoxes.

On apporte de l’église les « praporii », type de drapeaux religieux portés dans les processions, et les chandeliers et on les décore de « colaci »  (brioches mortuaires) et de serviettes ornementales.

Le prêtre officie les différentes séquences du service religieux funéraire à l’intérieur de la maison, puis dans la cour (« prohodul »). Il y a la tradition de casser le vase qui a été utilisé pour faire la toilette du défunt au moment où le cercueil est levé de la table. Après le départ du cortège funéraire vers l’église, on balaie la  maison et on fait brûler les ordures et la literie du mort dans le jardin. On dit que la direction de la fumée montre où va la mort.

Dans la région de Sebe? il existe la coutume d’offrir comme « pomana », différents objets (serviettes, couvertures, chemises, voire animaux) et de donner aux enfants des mouchoirs.

A Gârda, on offre des « colaci » et des cierges.

A Trâmpoiele, un des membres de la famille prend une poule, d’habitude noire, et la jette dans l’air, au-dessus du cercueil. Les vieilles femmes disent que c’est le dernier diable qui essaie de voler l’âme du défunt. Il y a eu des cas où la poule est morte avant de tomber par terre.

Sur le chemin vers la cimetière, il y a 12 « îngenuncheri sau Stâlpi » . Les participants au cortège se mettent aux genoux et écoutent des fragments de l’évangile, lus par le prêtre. Dans la région d’Aiud, on appelle ces arrêts « popasuri ».

Avant de descendre le cercueil dans la tombe, le prêtre fait une croix avec la pelle et verse tout l’enceins et les cendres de l’encensoir dans la fosse tombale, puis les fosseurs commencent à la couvrir après que les villageois ont jeté eux-aussi une poignée de terre et une monnaie dans la fosse tombale. Quand le tombeau est prêt, une femme verse de l’eau aux fosseurs pour qu’ils lavent leur mains en disant « S? i se spele toate p?catele f?cute în via?? »/ « Que tous les péchés du mort soient pardonnés ».

Quand la cérémonie est finie, les participants sont invités à un repas nommé « pomana ». Toute personne venant présenter ses condoléances doit partager le repas. On compte toute la parenté, tous les voisins et villageois et surtout les étrangers du village. Pour chaque nouveau venu on fait de la place autour de la table et on n’accepte aucun refus. Alors que la veillée mortuaire avait été ponctuée de jeux et du brouhaha, maintenant, le silence est requis.

Un moment pareil est organisé 6 semaines plus tard, puis six mois plus tard, puis un 12 mois plus tard. D’ailleurs, dans le village traditionnel, toute l’année était jalonnée des coutumes liées au culte des ancêtres.


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